Décidément la Route des Romains porte bien son nom ces temps-ci. Surtout, elle nous rappelle, grâce aux récents secrets qu’elle vient de révéler, les origines de son auguste nom…

Vue aérienne de Strasbourg et de la fouille au bord de la rue de Koenigshoffen © AIRMEGAPIX (source : facebook Archéologie Alsace)

Voilà donc les travaux du tram’ qui reviennent à l’honneur dans nos articles, et ce, toujours pas pour évoquer les interminables embouteillages qu’ils entraînent au carrefour de la Porte Blanche mais bien encore une fois pour parler archéologie. Cela dit, il semble plus intéressant de parler de coups de truelle que de coups de klaxon, non?!

En novembre dernier, on vous avait donc parlé de fouilles qui avaient mis au jour un pan entier de l’ancien mur d’enceinte de la ville. Aujourd’hui c’est une nécropole qui est au centre de l’attention, une nécropole beaucoup plus ancienne puisqu’elle date de l’époque romaine. Situées au niveau du futur parking-relais de la ligne F, ces nouvelles fouilles ont révélé plusieurs tombes-bûchers témoignant de la fonction funéraire du lieu. C’est à la fois une surprise – rien ne présageait une découverte de cette importance, mais qui s’inscrit dans un contexte déjà bien étudié. En effet Koenigshoffen est déjà connu comme étant un secteur d’habitat civil qui était proche du camp romain d’Argentorate (nom latin de Strasbourg).

Tombe-bûcher. Les parois rougeoyantes indiquent l’emplacement du bûcher après lequel une fosse a été creusée pour déposer l’urne funéraire en verre recouverte d’un brûle-parfum. D. Jonville © (source : facebook Archéologie Alsace)

L’incinération étant la coutume à l’époque, ce ne sont pas des corps enterrés que l’on a découverts, mais des restes déposés dans des urnes funéraires après que les défunts ont été brûlés sur un bûcher. La particularité de ces tombes-bûchers est que les restes des défunts ont été directement enfouis au même endroit après la crémation. Ce dont témoigne le placement des urnes au fond d’un trou dont les parois de terre rougie portent encore la marque de l’antique bûcher. Comme le rappelle Archéologie Alsace, « cette pratique particulièrement rare en Alsace témoigne de la présence de populations venant de la péninsule italique. »
En outre, on y a trouvé également des offrandes que l’on plaçait avec les restes afin qu’ils accompagnent le défunt dans son voyage vers l’au-delà : cruches, assiettes, lampes à huile, brûle-parfums, fioles en verre, miroir…
Tous ces éléments ne laissent donc aucun doute sur la fonction funéraire du lieu.

Lampe à huile en forme de pied portant une sandale M. Fischer © (source : facebook Archéologie Alsace)

Cette découverte d’une nécropole de l’Empire romain datant du début de notre ère (seconde moitié du Ier-IIe siècles) s’inscrit dans la lignée de celles qui l’ont précédée durant tout le chantier (pour rappel; ont été aussi mis au jour des latrines, des caves, des fours de potiers). Elle se rattache même à un plus grand ensemble connu depuis le XIXe siècle, à savoir que Koenigshoffen fut un quartier civil romain, ce que rappelait l’exposition « Vivre à Koenigshoffen à l’époque romaine » au Musée archéologique de Strasbourg en 2017-2018.

sources : www.strasbourg.eu et la page Facebook d’Archéologie Alsace.


FLORIAN CROUVEZIER

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