On a rarement autant parlé d’écologie et de pollution qu’en ce moment : le projet du GCO qui s’étire en longueur et en ridicule, les déchets radioactifs dans le petit village meusien de Bure ou encore l’affaire StoCamine. On en bouffe à toutes les sauces des infos sur les génies du mal qui mettent notre écosystème en danger et tout cela aux alentours ou en plein coeur de notre belle Alsace.  Niveau pollution, on pourrait penser que notre belle ville strasbourgeoise occupe une position satisfaisante : après tout, elle est considérée par Greenpeace comme la première ville pour ses transports, une mobilité alternative pour ne plus utiliser la voiture à outrance. Cependant, ces mêmes Greenpeace viennent alerter les strasbourgeois avec des graffitis mettant en cause la pollution de l’air…

L’art pour interpeller et faire réagir

L’art à Strasbourg a une place toute particulière, et cela a toujours été un moyen d’alerter les populations sur les différents combats de nos siècles. Une fois encore, l’art se retrouve à jouer ce rôle, et ce sur une place toute symbolique pour le peuple strasbourgeois : en effet, sur la place Hans Jean Arp, des militants Greenpeace ont réalisé des graffs visant à alerter la population sur les réalités environnementales en termes de qualité de l’air.

Ceux-ci sont donc situés près du Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (notre cher et tendre MAMCS). On peut donc voir une cigogne le bec dans de la fumée que l’on imagine peu bénéfique pour la santé, un « Strasbourg suffoque, de l’air ! » ou encore un « on veut respirer ».  Autant d’images et de mots pour nous sensibiliser à une cause importante, pour nos poumons et ceux des générations futures.

Une pollution strasbourgeoise qui est (trop) importante

Il faut en effet constater Strasbourg n’est pas irréprochable, surtout en ce qui concerne la pollution de l’air. Si l’on se réfère aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Strasbourg est au-dessus du seuil recommandé au niveau des particules en suspension – en anglais PM. En effet, selon le dernier rapport publié en 2016, Strasbourg était à 25µg/m3 de taux annuel en PM10, les particules les moins fines, de diamètre inférieur à 10 micromètres, alors que le taux recommandé était de 20 µg/m3.

Rebelote pour les particules en suspension dites fines, les PM2.5 – où le diamètre des particules est inférieur à 2.5 micromètres : Strasbourg se trouve à 16µg/m3 alors que le taux recommandé est de 10µg/m3. Autant te dire que si l’on pèse au foot, niveau pollution, on serait plutôt dans la zone de relégation écologique.

Pourquoi tout cela est important ? Eh bien, mon cher Bixente, cette diablesse de pollution atmosphérique est tout simplement l’une des causes de mortalité les plus importantes en France, en bonne place dans le trio de tête avec l’alcoolisme et le tabagisme ! De plus, la France ne respecte pas les normes européennes en termes de pollution, ce qui commence à se ressentir, même si notre cher Ministre du Paillasson de la Transition Ecologique ne fait pas grand-chose.

La Ville et l’Eurométropole ne restent pas les bras croisés, suivant par exemple les recommandations de l’OMS sur les créations de Zones à faible émission (ZFE) : ces zones fonctionnent sur le système des vignettes Crit’Air et vise à interdire la circulation des véhicules les plus polluants. L’Eurométropole s’est engagée en octobre dernier pour la création d’ici 2020 d’une ZFE. Un bon premier pas.

Note de l’auteur : Pour ceux qui seraient curieux d’aller au-delà des chiffres de Strasbourg, voici le lien pour aller jeter un œil sur le document Excel répertoriant la pollution de l’air par ville et par pays.  Il faut cliquer sur le lien « Ambient (outdoor) air pollution database, by country and city. » C’est super intéressant !

Strasbourg connaît donc une position plutôt ambiguë par rapport à la pollution. Ville faisant des efforts, elle est néanmoins encore mal placée en termes de villes les plus polluantes, à tel point que strasbourgeois et médecins ont déjà saisi la justice. Dans tout cela, la pollution atmosphérique ne faiblit pas et tend même à s’aggraver avec les années. Il est donc urgent de continuer le combat ; et si certains pans de ce dernier ont besoin de l’art pour toucher les gens, allons-y !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here