Les élections municipales approchent et les candidat(e)s dévoilent les feuilles de route au compte-goutte. À Strasbourg, la maire sortante, Jeanne Barseghian, a notamment choisi de dévoiler ses mesures thème après thème. Place aujourd’hui aux enjeux économiques et écologiques.
Par deux fois ces derniers jours, Jeanne Barseghian a réuni la presse pour présenter ses nouveaux engagements pour le futur de Strasbourg. Sur l’économie, l’emploi et le commerce, ce jeudi 19 février, puis sur le climat et la mobilité ce lundi 23 février. Il est donc temps de faire le point sur ces différentes annonces.
Les mesures économiques
Concernant le volet économique, la maire a symboliquement choisi le lieu de sa prise de parole dans les locaux de Synovo Groupe, installé au coeur de la Plaine des Bouchers. Une entreprise alsacienne implantée dans « le poumon économique de la ville », justifie Jeanne Barseghian.
Il a, dans un premier temps, été question pour la maire sortante de dédramatiser la situation économique de la ville. « On constate un discours très décliniste sur le climat économique local », laisse-t-elle entendre. Elle se veut plus positive au moment de tirer le bilan de son mandat.
« Le taux de vacance commerciale a baissé. Il est passé de 6,5% en 2025 à 5,3% cette année. Strasbourg est aujourd’hui la ville avec la vacance commerciale la plus basse de France [la moyenne française est à 11,6% selon le dernier rapport Codata, ndlr] », avance l’édile.
À noter : le secteur CHR (Café Hôtel Restaurant) représente 28,5% (+1 point en un an) de la totalité des commerces à Strasbourg. Les commerces de bouche semblent avoir le vent en poupe, contrastant avec la situation plus délicate du secteur du prêt-à-porter, qui perd du terrain dans la ville.
Avant d’ajouter que « 18 000 emplois privés nets ont été créés à Strasbourg » et que la ville se classe au quatrième rang des grandes métropoles attractives de France, d’après le baromètre Arthur Loyd.
Si la maire de Strasbourg avance ce bilan, c’est avant tout parce qu’en cas de deuxième mandat, le travail se fera dans la continuité de ce qui a été entrepris depuis 2020.
L’une de ses grandes idées est de continuer à faire vivre l’industrie au coeur de la ville. Avec l’objectif de développer « une économie robuste, productive, au service du territoire, de l’humain et de l’environnement ».
« L’emploi est le premier facteur d’autonomie et de dignité »
Parmi les engagements présentés par la liste « Strasbourg Juste et Vivante », le colistier principal de Jeanne Barseghian, Thierry Kuhn, veut faire de l’insertion un levier majeur de retour à l’emploi. « On a la chance d’avoir une dynamique forte à Strasbourg, qui crée de l’emploi, de la richesse, de l’activité », détaille le numéro 2 de Jeanne Barseghian.
« L’emploi est le premier facteur d’autonomie et de dignité », assure Thierry Kuhn. « Une attention particulière sera donnée aux jeunes, car il est terrifiant de commencer sa vie d’adulte par du chômage de longue durée, aux femmes et aux personnes en parcours de migration. »
Le colistier entend aussi accélérer le développement de l’économie sociale et solidaire. Une ambition qui passera par « le renforcement du soutien de la collectivité avec les structures qui réinvestissent les bénéfices dans le territoire et l’emploi local ».
La liste verte entend également « protéger l’avenir productif et la vocation industrielle du territoire », selon la colistière Chloé Bourguignon. « Nous voulons sanctuariser les zones d’activités économiques stratégiques, pour permettre aux entreprises de se développer sans subir la spéculation foncière. »
Non, l’écologie n’est pas accessoire. Non, le climat n’est pas repoussoir.
Un ancrage dans la ville qui permettra aussi aux habitant(e)s d’avoir des emplois au plus près des lieux de vie.
Pour Syamak Agha Babaei, actuel premier adjoint de Jeanne Barseghian, il sera important de « favoriser la diversité commerciale et artisanale dans les quartiers ». Cela passera notamment par une régulation des loyers commerciaux.
La municipalité sortante propose également la création d’aires de répit pour les livreurs/ses, l’aide au développement d’applications de livraison locales et la création de sites dédiés aux artisan(e)s dans la ville comme des locaux adaptés ou des ateliers.
Les mesures écologiques
Du côté écologie et mobilité, la candidate verte propose également plusieurs engagements. Un sujet qui tient forcément à coeur de l’écologiste, alors que la thématique a été moins présente depuis le début de cette campagne électorale.
« Non, l’écologie n’est pas accessoire. Non, le climat n’est pas repoussoir », assène Jeanne Barseghian. Parmi les axes de travail pour les six ans à venir, le « besoin de renforcer la souveraineté énergétique, pour garantir des prix stables et de la visibilité ».
Pour son colistier Lucas Baude-Blumstein, « l’heure est au recul climatique majeur ». Aux côtés de la maire sortante, il souhaite continuer le développement du réseau de chaleur.
C’est faux de dire que Strasbourg est inaccessible, on se déplace autrement.
Autre engagement de la liste « Strasbourg Juste et Vivante », la création d’une Maison de l’écologie populaire, pour faciliter la formation des habitant(e)s des quartiers populaires.
Cela permettrait de faire émerger des initiatives, de créer un lieu de ressource et d’émancipation et de lutter contre les inégalités climatiques, d’autant que « les quartiers populaires subissent davantage les effets des îlots de chaleur et la précarité énergétique ».
Suzanne Brolly veut continuer à créer de nouveaux parcs, en accord avec la règle du 3-30-300. Elle consiste à dire que chaque habitant(e) doit voir trois arbres depuis son domicile et vivre à moins de 300 mètres d’un parc, tandis que chaque quartier doit atteindre 30% de canopée.
Un renforcement de la mobilité douce
Parmi les nouveaux parcs en projet à Strasbourg, il y a déjà ceux prévus à Hautepierre et à la plaine Élan, au Neuhof. Le programme envisagerait ensuite l’arrivée de deux espaces verts à Cronenbourg et sur la friche industrielle Heppner au Schluthfeld.
Sur le sujet de la mobilité, la colistière Sophie Dupressoir tape du poing sur la table : « C’est faux de dire que Strasbourg est inaccessible, on se déplace autrement. Il faut mettre le piéton au coeur de l’espace public avec deux priorités absolues : sécurité et protection. »
La liste verte veut également une « tolérance zéro sur les comportements dangereux », avec un renforcement des contrôles et des sanctions contre les incivilités, quel que soit le transport utilisé.
Des mesures qui gravitent autour de la vision « zéro mort, zéro accident grave », avec un principe : « La ville à 30. » Un passage généralisé à une vitesse de 30km/h, sauf sur les grands axes structurants de la ville.
La pratique du vélo continuera aussi à être développée. La maire sortante évoque la possibilité d’un trajet simple en Vélhop, « avec une restitution libre sur tout le territoire ».
La poursuite du projet du tram nord
Strasbourg verrait également arriver « 3 000 places de vélos sécurisées sous la gare, notamment pour faire baisser le taux de vol dans la ville ».
Enfin, pour la colistière Coline Trautmann, « le tram Nord va se faire. Nous réaliserons la ligne de tram. C’est un investissement pour les générations futures ».
Le transport de nuit connaîtrait également un renforcement important. « Il faut adapter l’offre de nuit des transports. Ça doit être un droit et pas une contrainte pour les usagers de nuit », assure Coline Trautmann.


