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Après 100 jours à la tête de Strasbourg, quel bilan pour Catherine Trautmann ?

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Lors d’une rencontre organisée par le Club de la Presse ce 30 juin, Catherine Trautmann a pu revenir sur ses 100 premiers jours à la tête de Strasbourg. La maire a ainsi eu l’occasion de développer plusieurs sujets qui ont animé son début de mandat, entre alliances avec la droite et le centre, premières mesures, situation financière et perspectives d’avenir.

Ce 30 juin, c’était le Trautmann show au Club de la Presse. La maire de Strasbourg a évoqué ses 100 premiers jours à la tête de la Ville après sa victoire en mars dernier. Les plus superstitieux/ses y verront un signe de malheur, cet entretien ayant été réalisé après seulement 95 jours de mandat.

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J’ai été élue pour réparer, redresser et apaiser.
Catherine Trautmann, maire de Strasbourg

Avant d’entrer dans le vif du sujet, elle a rappelé son soutien à BFM Alsace, menacée de disparition, et les DNA/L’Alsace, qui devront supprimer respectivement 49 et 12 postes, sous fond de remplacement par l’IA. Elle a ensuite évoqué la récente canicule, qui demandera de tirer des leçons pour réagir plus vite lors du prochain épisode.

Dans un exercice face aux questions des journalistes où elle s’est montrée en verve, et où on n’aura pas appris que des choses vitales pour la vie de la cité, la maire de Strasbourg a pu développer plusieurs thématiques qui ont rythmé son début de mandature. Mais également quelques projets futurs, et sa vision de la politique.

catherine trautmann
© Nicolas Kaspar / Pokaa

Les grands projets

Car si le début de la mandature de Catherine Trautmann a été beaucoup couvert, les grands projets phares de la maire ont plutôt été un angle mort pour l’instant. Cet entretien croisé a été l’occasion d’en évoquer quelques-uns, bien que l’audit, ses tableaux croisés et ses ratios financiers auront pouvoir de vie ou de mort sur le périmètre de leur réalisation. Dans le détail :

  • Un nouvel incinérateur.
  • Le tram Nord. Évoquant devoir « refaire tout un projet », Catherine Trautmann affirme qu’ils repartiront de son tracé par Heineken. Elle s’engage à ce qu’il soit réalisé durant le mandat, bien qu’il faille des financements et une enquête publique.
  • La M35 et l’avenue du Rhin, qui sont deux points noirs de la circulation automobile. Elle juge par ailleurs que la précédente municipalité « n’a pas eu le courage d’aller assez loin sur le sujet de la M35 ».
  • Le projet d’une « gare double face ». Sans doute l’un des projets les plus importants pour la maire, la réalisation d’une gare suspendue en hauteur, connectée à la M35 et structurée autour de mezzanines de services et d’accès aux quais, créant un tout nouveau secteur, entre le Marché Gare et le quartier de l’Elsau. Sa réalisation est inscrite dans le contrat triennal, ce qui est primordial pour bénéficier de financements importants.
Il n’y a pas une mesure qui restera sans réponse.
Catherine Trautmann

Au fil des questions, Catherine Trautmann évoque également ses promesses de campagne. La baisse du stationnement bien entendu, mais également celles à venir, comme les transports gratuits pour les + de 65 ans, et les 15 premiers m3 d’eau gratuits. La première viendra, une fois que la question de l’impact financier sur la CTS, de l’ordre de 6 millions d’euros, sera résolue.

En revanche, Catherine Trautmann avoue que la seconde mesure est plus compliquée à mettre en place telle quelle. Elle réfléchit néanmoins à des solutions pour respecter son programme, peut-être par un système semblable au chèque énergie.

Catherine Trautmann
© Manon Jensen / Pokaa

Revenir sur l’action de la précédente mandature

Interrogée sur sa propension à remettre en cause les politiques mises en place par sa prédécesseur, Catherine Trautmann insiste d’abord sur la « situation financière très difficile » dans laquelle se trouve la ville après six ans de mandature écologiste. Elle affirme : « Mon problème c’est l’argent. On a le mur devant nous et on n’a plus assez d’indépendance vis-à-vis de l’État pour organiser nos finances et nos compétences. »

Insistant sur la pertinence de l’audit, elle réfléchit surtout à comment et sur quel rythme désendetter la Ville. Pour le moment, aucune augmentation d’impôts n’est prévue… bien que, pressée sur le sujet, elle ne s’est pas engagée à ce qu’il n’y en ait aucune dans le futur.

Mon problème c’est l’argent. On a un mur devant nous.
Catherine Trautmann

Sur la remise en cause globale de la politique écologiste, Catherine Trautmann préfère mettre en avant sa « mesure sociale » de baisse de tarif du stationnement résident [à nuancer du fait que c’est celles et ceux qui payaient le plus cher qui ont eu la plus grosse réduction de tarif, ndlr]. Elle ne voit pas de risque de retour massif de la voiture en ville, assurant travailler à la multiplication des places violettes, à la baisse du tarif horaire [elle ne reviendra pas à la gratuité entre midi et deux, ndlr].

Surtout, elle souhaite rendre le transport public moins cher, avec notamment une simplification du tarif [une promesse de campagne, ndlr] et plus attractif avec une meilleure cadence des trams. Quant à la politique vélo, elle affirme « qu’on ne peut pas [la] soupçonner de vouloir l’arrêter », mais annonce devoir reprendre des points comme la sécurité aux carrefours ou dans les conflits piétons-cyclistes. Aucun projet cyclable n’a en revanche été évoqué.

catherine trautmann
© Célia Van Haaren / Pokaa

« Proposer une vision de la société » : la politique façon Trautmann

Enfin, le dernier grand sujet évoqué a été plus « politique politicienne », à savoir les alliances menées avec la droite et le centre, à la Ville comme à l’Eurométropole… Ce qui avait créé quelques remous, notamment au sein du PS national. Loin de s’en soucier, Catherine Trautmann s’en félicite et vante le travail d’équipe : « Je suis contente d’avoir des combinaisons de responsabilités qui permettent d’avoir des fonctionnements d’équipe. »

Elle évoque alors quelques sujets où c’est le cas, comme sur le futur d’Heineken ou celui de l’équipement sportif de la SIG, deux projets où elle est pleinement intégrée. Surtout, elle rappelle les convergences qui existaient entre son projet et celui de Pierre Jakubowicz, nées de nombreuses discussions dans les bureaux de l’opposition, qu’elle surnomme « le couloir des damnés ».

Je voulais montrer la possibilité de rassembler sur un projet.
Catherine Trautmann
Catherine Trautmann Thibaud Philipps  et Catherine Graef-Eckert
Thibaud Philipps, Catherine Trautmann et Catherine Graef-Eckert. © Nicolas Kaspar / Pokaa

Affirmant être « déçue de [son] propre parti » [le PS, ndlr], elle avoue, non sans malice ni plaisir ,que son soutien pour la présidentielle au sein de son parti, qui l’a momentanément reniée, est désormais bien demandé. « J’ai un carnet de bal qui est bien rempli. J’investis pour l’avenir. » Rires dans dans une partie de l’assemblée.

En réalité, Catherine Trautmann voit plus loin qu’une « simple » alliance avec la droite et le centre [qui se retrouvera d’ailleurs aux sénatoriales, ndlr] ; elle cherche à développer un véritable projet politique : « Toutes les lignes bougent mais on a besoin d’avoir des familles politiques qui permettent de former et de proposer une vision de la société. » Fin du Trautmann show. Un entretien long de près d’1h30 où l’on a sans doute entendu plus de rires et de bons mots, que de projets concrets à long terme.

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