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Départ de Gary O’Neil : sous BlueCo, le Racing Club de Strasbourg à l’ère de l’instabilité

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À peine six mois après son arrivée pour remplacer en urgence Liam Rosenior, Gary O’Neil file lui aussi à l’anglaise, en rejoignant Ipswich, promu en Premier League. Laissant le Racing Club de Strasbourg sans entraîneur à deux semaines de la reprise. Signe de l’instabilité permanente qui s’est installée sur le terrain, depuis l’arrivée de BlueCo.

Avec l’arrivée de BlueCo et de son modèle de trading et de valorisation d’actifs poussé à l’extrême, on pouvait d’abord penser que c’était sur les joueurs que le Racing allait faire ses meilleurs bénéfices. Trois ans après l’arrivée du propriétaire du club, il faut croire que c’est sur ses coachs que BlueCo a décidé de faire ses plus-values.

Toujours prêt à incarner ce « club différent » encore cher à quelques un(e)s, le Racing a décidé d’inventer les plus-values sur ses entraîneurs : six mois après le départ controversé de Liam Rosenior vers Chelsea, c’est Gary O’Neil qui s’en va au-delà de la Manche, pour environ 5 millions d’euros. Pour quelqu’un qui était arrivé libre, c’est une belle valorisation.

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De manière moins ironique, le départ du coach strasbourgeois vers Ipswich, promu en Premier League, six mois après son arrivée alors qu’il était sous contrat jusqu’en 2028, dérange. Car il marque définitivement l’instabilité permanente dans laquelle s’est jeté le club strasbourgeois, qui ne connaît plus seulement une rotation importante de joueurs [42 arrivées depuis 2023/2024, ndlr], mais bien d’entraîneurs, le prochain coach du Racing étant le 4e déjà sous BlueCo.

« Paroles et paroles et paroles »

Si les promesses n’engagent que ceux qui les tiennent, Gary O’Neil était pourtant bien parti pour rester une nouvelle saison au Racing, après avoir repris le club post-départ de Rosenior. S’il a cruellement manqué de justesse tactique dans les matchs les plus importants de la saison, notamment dans son utilisation de Nanasi ou sa gestion du championnat, il avait tout de même réussi à revitaliser le Racing, exsangue à la fin de la période Rosenior.

Après le dernier match face à Monaco, il a déclaré tout son amour pour le club, déclarant même que si on lui proposait de rester 10 ans il accepterait. Interrogé par les DNA, Marc Keller était résolument convaincu que son entraîneur allait rester. Sauf que patatras, les sirènes de la Premier League étaient impossibles à refuser pour un Gary O’Neil dont la cote était remontée en flèche grâce à son passage au Racing. Après des jours de flottement, où il aurait caché ses liens avec Ipswich selon l’Équipe, son départ s’est officialisé le 23 juin dernier.

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© Page Facebook web du Racing Club de Strasbourg / Capture d'écran

Un départ logique

Un départ qui n’a pas vraiment attristé les supporters/rices strasbourgeois(es) : il n’y a pas de lien avec Chelsea, Gary O’Neil n’est pas resté assez longtemps et n’a pas eu les résultats pour imprimer un souvenir durable à la Meinau. Les joueurs/entraîneurs partent, les supporters/rices restent. On le sait aussi, la Premier League ne se refuse pas, a fortiori pour un Anglais, et ce même si le futur de Gary O’Neil à Ipswich pourrait être de courte durée, lui qui n’a jamais réussi à s’imposer en Angleterre. Rien de choquant à ce qu’un entraîneur cherche mieux ailleurs.

On peut le regretter [c’est le cas du journaliste derrière cet article, ndlr], mais l’ère de la fidélité dans le football moderne est terminée, sauf rares exceptions. Les joueurs, et les entraîneurs, vont et viennent, particulièrement en France, considérée dans sa globalité comme un championnat tremplin vers de meilleurs horizons. C’est typiquement le cas avec Gary O’Neil. Strasbourg n’est pas, n’est plus, différent, et n’est pas à contre-courant de l’évolution du football.

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© Nicolas Kaspar / Pokaa

Le Racing peut-il vraiment progresser avec une telle instabilité ?

Ce qui dérange davantage, c’est la réalité du terrain. Le Racing se retrouve une nouvelle fois sans entraîneur au beau milieu de l’été, alors que nombreux cadres comme Doué ou Moreira risquent de partir, tandis que Barco, Emegha et Penders garnissent déjà les rangs de Chelsea. Pas de coach, même si le club déclare vouloir en trouver un avant la reprise fixée au 8 juillet, et un effectif à renouveler fortement, les ingrédients d’une saison piège sont déjà là, qui plus est avec un calendrier difficile.

En attendant, BlueCo semble être encore à la recherche d’un entraîneur anglais pour diriger le Racing. Si la piste Rosenior s’avère aussi potentiellement divertissante qu’improbable, le risque que le futur coach parte à la première offre d’un club de Premier League, voire de Championship, est elle bien réelle.

meinau racing
© Nicolas Kaspar / Pokaa

Et c’est ça qui dérange finalement, une question presque philosophique : le Racing peut-il vraiment progresser avec une telle instabilité dans son effectif, joueurs et entraîneurs inclus ? Pour l’instant, l’affaiblissement de la Ligue 1 à cause du désastre des droits télé et les reins théoriquement solides du Racing sous BlueCo lui donnent plus de chances d’aller chercher les places européennes, qu’il n’a néanmoins jamais réussi à atteindre directement depuis 3 ans.

Depuis le début du « projet », la direction rabâche cette volonté de progression et d’apprentissage du haut niveau. Est-ce vraiment possible d’apprendre et de progresser alors que l’instabilité est plus grande chaque saison qui passe et que la continuité est absente ? Seul l’avenir le dira. Mais sans entraîneur pour s’inscrire dans la durée, le Racing risque souvent de se retrouver fort dépourvu, la fin de saison venue. Et la lutte pour les places européennes risque de devenir plus des épiphénomènes que le dépassement du sacrosaint plafond de verre, vanté par Marc Keller.

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