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Strasbourg en direct : voici ce qui se décide au conseil municipal actuellement

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Pour ce troisième conseil municipal depuis le retour de Catherine Trautmann à la tête de Strasbourg, les débats prévus sont variés. Marjane Satrapi, élections sénatoriales, élection d’une adjointe, protection d’élus, Coupe du monde de football, foire Saint-Jean… On fait le point en direct, dès 15h. 

Plus de deux mois après l’élection de Catherine Trautmann en tant que maire de Strasbourg, notre série politique préférée fait doucement son retour avant l’été.

Pour rappel, sur les 65 sièges qui composent le conseil municipal, la liste de Catherine Trautmann a 45 sièges (dont 4 pour le groupe de Pierre Jakubowicz), celle de Jean-Philippe Vetter en a 10, tandis que Jeanne Barseghian a un groupe de 6 personnes et Florian Kobryn 4 personnes. Une idée des équilibres qui rythmeront les prochains débats.

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© Jules Scheuer / Pokaa

À 15h : Marjane Satrapi puis élections sénatoriales

Le conseil municipal de ce vendredi 5 juin commence avec un hommage à Marjane Satrapi, décédée hier à l’âge de 56 ans. L’artiste franco-iranienne, surtout connue pour son oeuvre Persepolis, avait étudié à Strasbourg, à l’actuelle Haute école des arts du Rhin. Catherine Trautmann a pris la parole : 

« Sa disparition constitue une perte immense pour la création artistique, le combat des femmes et celles et ceux qui défendent les libertés. Elle a porté un témoignage universel sur l’oppression, l’exil et l’émancipation et a soutenu le combat des femmes iraniennes pour leurs droits. Elle nous laisse l’exigence, la lucidité, le courage et l’engagement. Je propose un hommage en l’intégrant dans la programmation culturelle. Pour une artiste, un hommage vivant est ce qu’il y a de mieux. »

Les discussions se concentrent ensuite sur la désignation des délégué(e)s supplémentaires et des délégué(e)s suppléant(e)s. En effet, il faut compléter le collège des grands électeurs en vue de l’élection des sénateurs/rices en septembre 2026. Pour tout comprendre, vous pouvez cliquer ici. 

Pour cette élection, Anne-Pernelle Richardot, adjointe au commerce, à l’artisanat et au tourisme, a d’ailleurs été désignée tête de liste dans le Bas-Rhin. Si elle est élue en septembre prochain, elle devra quitter ce poste, ainsi que la vice-présidence de l’Eurométropole.

Dans le détail pour chaque parti représenté : 

  • Pour Strasbourg = 41 voix, 209 délégués et 52 suppléants
  • Centriste et progressiste = 4 voix, 20 délégués et 5 suppléants
  • Aimer Strasbourg = 10 voix, 50 délégués et 12 suppléants
  • Strasbourg Juste et Vivante = 6 voix, 30 délégués et 7 suppléants
  • Strasbourg Insoumise Fière et Solidaire = 4 voix, 20 délégués et 5 suppléants
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Anne-Pernelle Richardot. © Ville de Strasbourg / Capture d'écran

À 16h20 : élection d'une adjointe à la maire

Le conseil municipal a ensuite traité les suites de la démission de Laure Pain le 14 avril dernier pour des raisons personnelles. Elle venait d’être élue adjointe à la Ville solidaire et inclusive.

Pour la remplacer, Pascale Gérard a été élue au poste d’adjointe en charge de l’environnement et de la nature en ville en tant que numéro 6. Elle est l’ancienne chargée de communication de l’Eurométropole.

Concernant les questions autour des solidarités, elles seront reprises par Françoise Bey.

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Pascale Gérard. © Ville de Strasbourg / Capture d'écran

Dès 16h45 : audit des finances et Festival des Possibles

Les élu(e)s enchaînent ensuite avec plusieurs sujets : les désignations de représentant(e)s de la Ville dans plusieurs organismes ou encore l’élection des membres de la commission d’appels d’offres.

On apprend, suite à une interpellation de Nadia Zourgui, qu’un audit des finances de la collectivité a été lancé. Le premier rendu est attendu pour le conseil municipal du 22 juin, avec également des explications sur les trajectoires budgétaires de la Ville. 

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© Anthony Jilli / Pokaa

Place ensuite au point 5, qui concerne la communication concernant la conclusion de marchés, notamment dans le cadre du Festival des Possibles. Rendez-vous culturel strasbourgeois, il a été annulé en avril par la nouvelle municipalité de Strasbourg. Un choix qui a beaucoup fait parler ces dernières semaines, qui a offusqué une partie de l’opposition et provoqué le désarroi des associations qui devaient participer.

Une annulation qui a plusieurs conséquences. Le conseiller municipal Benjamin Kuntz (France insoumise) interpelle Catherine Trautmann sur le versement de 40 000 € au festival. Une information révélée par Rue89 Strasbourg dans sa newsletter d’hier. « Pour un événement qui n’a finalement pas eu lieu, la facture est quand même bien passée… »

Festival des possibles
© Alban Hefti - Strasbourg Eurométropole / Document remis

Ce à quoi lui répond le 1er adjoint Mathieu Cahn : « Ces 40 000 euros correspondent au montant maximal pouvant être versé, pas celui réellement dépensé. Nous avons décidé de renoncer à cette manifestation et le marché public va être résilié. Cette résiliation entraîne un certain nombre d’obligations légales, dont 5% d’indemnisation, soit environ 2000€. »

Parmi les autres obligations liées à la résiliation d’un marché public, il précise aussi que si des frais et investissements ont été engagés par le festival, ils peuvent être remboursés. Dans ce cadre, la Ville va donc procéder à un règlement total de 6 984€ HT pour le Festival des Possibles.

Festival des possibles
© Alban Hefti - Strasbourg Eurométropole / Capture d’écran

À 17h : protection de deux élus

Vient ensuite le point 6. Il concerne la protection fonctionnelle de deux élus, Syamak Agha Babaei, ancien 1er adjoint devenu conseiller municipal d’opposition, et Pierre Jakubowicz, adjoint à la culture et numéro 3 de la maire. Une protection qui est déjà en place, respectivement depuis le 24 avril et le 11 mai.

Les frais qui sont liés à leur protection et aux possibles actions judiciaires sont pris en charge par la Ville. Le premier a été victime de propos qui peuvent être « considérés comme des menaces » et relever de la diffamation envers une personne exerçant une fonction publique. Le second a fait face à « des injures et des outrages » avant de déposer plainte.

À 17h30 : peu de débats autour du jumelage avec d'autres villes

Les points 7 et 11, sur l’attribution de subventions au titre des solidarités et sur les plans d’action et les budgets prévisionnels des Réserves naturelles nationales de Strasbourg, ont vite été expédiés.

Les points 8 et 10 n’ont tout simplement pas été retenus. Ils présentaient des mesures pour la rentrée scolaire 2026 et l’adhésion à une centrale d’achat de la Région Haut-de-France.

L’attribution de bourses d’études supérieures à de jeunes Strasbourgeois(es), dans le cadre de la mobilité internationale, n’a pas vraiment fait l’objet de débats (point 9). Seules 4 abstentions au vote sont à souligner. Ces jeunes pourront par exemple aller à Stuttgart, Boston ou encore Dresde.

À 18h17 : ça va débattre sur les motions soumises au vote

  • La première motion, portée par Florian Kobryn (LFI), a été jugée irrecevable car le périmètre de délibération n’a pas d’intérêt public au local. Elle devait aborder le sujet du soutien de la Ville aux free parties, alors que deux projets de loi contre cette pratique sont défendus à l’échelle nationale. Une manifestation est prévue à Strasbourg ce samedi 6 juin.
  • La seconde, également déposée par Florian Kobryn (LFI), demande une « avenue du Rhin apaisée et sécurisée » avec une limitation à 30km/h dans tout Strasbourg, l’adoption d’une « Vision 0 » : 0 mort, 0 blessé grave à l’échelle métropolitaine et le passage de l’avenue en deux fois une voie. Elle intervient après le décès d’une cycliste fauchée par le conducteur d’une voiture sans permis. La sécurité du secteur doit aussi être abordée.

Cette demande de l’Insoumis n’a pas convaincu les élu(e)s. Delphine Bernard ne veut pas se satisfaire « d’un plan improvisé, basé sur des promesses de campagnes non-tenues de Jeanne Barseghian. Les quelques aménagements déjà réalisés sans plan d’ensemble sont restés en deçà des attendus et ont manqué de répondre à la hauteur du défi ». 

La motion est finalement rejetée avec 49 voix contre. Pour autant, Catherine Trautmann l’assure. « Le rendez-vous est pris, l’avenue du Rhin sera un de nos grands chantiers ».

Florian Kobryn
Florian Kobryn. © Titaina Perrier / Pokaa

À 18h45 : les questions orales

La Coupe du Monde de foot et les terrasses

On commence avec Irène Weiss, qui concerne l’accompagnement des commerçant(e)s pendant la Coupe du Monde 2026. Le 21 mai, dans nos colonnes, nous révélions que les écrans géants allaient être interdits sur les terrasses des bars de Strasbourg. De plus, aucune sonorisation n’était possible en extérieur. 

La conseillère municipale développe : « On doit trouver un équilibre entre tranquillité et sécurité, mais on risque de passer à côté d’un enjeu beaucoup plus large. La Coupe du Monde est un moment populaire qui rassemble bien au-delà du sport. Ce dispositif donne le sentiment d’une ville qui interdit avant de chercher des solutions… Allons-nous enfin accompagner les commerçants et restaurateurs ? Vivre cette Coupe du Monde dans un cadre plus pragmatique ? Au minimum pour les matchs de l’équipe de France ? Il ne faut pas que Strasbourg choisisse entre dynamisme et sécurité publique. »

Le 1er adjoint, Mathieu Cahn, répond : « Ne vous inquiétez pas, Strasbourg sera au rendez-vous. Ce n’est pas un évènement comme les autres. Des milliers de Strasbourgeois et de Strasbourgeoises ont envie de vivre cette compétition. Quand nous sommes arrivés, rien n’avait été anticipé pour cette Coupe du Monde. Aucun projet, aucun budget, aucune réflexion n’avait été engagé. Il faut construire un dispositif à la hauteur de l’événement. »

Plusieurs mesures ont été validées par la municipalité : 

  • Sous réserve de l’accord des autorités préfectorales, la sonorisation des terrasses pendant la compétition pour les matchs débutant à un horaire raisonnable est prévue. « C’est une approche pragmatique pour faire vivre la compétition et permettre aux riverains de ne pas subir des nuisances excessives. Nous faisons confiance aux professionnels », déclare Mathieu Cahn.
  • La mise en place d’une fan zone pour les phases finales, si l’équipe de France se qualifie.
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© Coraline Lafon / Pokaa

La foire Saint-Jean 2027

Il est ensuite question de la foire Saint-Jean. Nadia Zourgui développe : « Chaque semaine qui passe éloigne les chances de retrouver la foire Saint-Jean en 2027. » 

Ce à quoi répond Mathieu Cahn : « Il faut rétablir les vérités sur le dossier. Les difficultés que rencontre la foire sont le résultat direct de la gestion de votre majorité au coeur du précédent mandat. En 2022, vous ne prévoyez aucune année blanche, il y en aura eu trois. Les engagements pris par votre majorité ne pouvaient pas être tenus. Nous avons fait le choix de la transparence. Les forains méritent mieux que des promesses impossibles. »

Il poursuit : « Nous étudions aujourd’hui l’ensemble des solutions et sites susceptibles d’accueillir cet événement. La foire devra être de retour dès 2027 dans des conditions sérieuses. »

Catherine Trautmann prend ensuite la parole : « Nous ne pouvons pas faire une foire Saint-Jean au rabais. Ne pas dire la vérité aux forains a changé leurs vies, les a mis en difficulté, car cela représente une grande partie de leurs revenus annuels. Nous avons une responsabilité économique vis-à-vis d’eux. »

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© Pokaa

Les commerçant(e)s du Neudorf

Vient ensuite un échange autour des commerçant(e)s du Neudorf. Sur la question, Irène Weiss prend la parole : « Comment expliquer que des commerçant(e)s identifié(e)s comme des interlocuteurs/rices privilégié(e)s aient l’impression de ne plus être entendu(e)s ? ». L’élue LR fait également référence à un échange tendu quelques jours auparavant entre une adjointe et un représentant de commerçant(e)s.

La Maire de Strasbourg répond que « chaque adjoint(e) de quartier à la charge de dialoguer. Nous allons régler ce problème de quiproquo et je le ferai moi-même, j’irai sur place. Les polémiques ne sont pas de bon aloi pour dialoguer paisiblement. Les adjoint(e)s ne sont pas là pour opposer les un(e)s et les autres ». Elle rappelle aussi que son équipe a prit l’engagement « d’équilibrer centre-ville et quartiers ».

L'épineux sujet de la représentation de Médine au PMC

Pour conclure ce conseil municipal, Halima Meneceur évoque la polémique autour de la participation du chanteur Médine lors d’un meeting en faveur de la Palestine, organisé au PMC le 17 juin prochain. Strasbourg Events, gestionnaire du PMC, accuse l’organisation d’avoir caché la participation du chanteur et refuse qu’il se produise sur scène.

L’élue LFI clame que le chanteur serait en possession d’un contrat et que sa présence est connue depuis le 22 mai dernier. « Quel est le niveau d’implication de la collectivité, [actionnaire de Strasbourg Events, NDLR] dans ces décisions ? La municipalité ne serait pas favorable à sa présence ? », interroge Halima Meneceur. « Médine est venu se produire plusieurs fois à Strasbourg et n’a pas créé de débordements, ni de troubles à l’ordre public ».

Irène Weiss de son côté fustige l’inaction de l’équipe municipale. « Réaffirmez-vous votre attachement à la lutte contre toutes les formes d’antisémitismes et de communautarisme ? ». Elle appelle à « intervenir » pour que le PMC ne soit pas mis à disposition.

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© Pokaa

Mathieu Cahn tempère. « Pour les un(e)s nous sommes des censeurs, pour les autres nous sommes des lâches », soupire le premier adjoint qui invite à de la nuance. « Je n’ai pas de problèmes avec les meetings des partis politiques, que je partage leur opinion ou non. Le devis ne portait pas sur un concert, mais sur l’accueil d’un événement de débat. C’est sur cette base que l’argument commercial sera jugé ».

Après plus de six heures de débats, houleux par moments, Catherine Trautmann conclut son troisième conseil. « Merci d’être resté(e)s jusqu’au bout, bon vent à notre nouvelle adjointe ».

Rendez-vous le 22 juin à 15h, pour le prochain conseil municipal, qui devrait notamment apporter les premières conclusions de l’audit financier lancé par la nouvelle municipalité.

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