Ce 24 octobre, l’Acte 2 de la mobilisation pour la jeunesse et contre la vie chère va animer les rues de Strasbourg. Le dĂ©part de la manifestation est prĂ©vu Ă 14h, depuis la place de la Bourse. Une journĂ©e placĂ©e dans un contexte politique local et national tendu. Nos journalistes seront sur place toute l’après-midi, et on vous tient informĂ© en temps rĂ©el des Ă©volutions.Â
14h33 : le cortège démarre
Ça y est : un peu après 14h30, le cortège dĂ©marre de la place de la Bourse. Il passera ensuite par les rues de la brigade Alsace Lorraine, des orphelins et de Zurich, avant d’emprunter les quai des pĂŞcheurs et Dietrich. Avant de terminer le parcours via l’avenue de la LibertĂ© jusqu’Ă la place de la RĂ©publique.
Selon notre journaliste sur place, le cortège est très long, signe d’une nouvelle forte mobilisation après les 25 000 personnes du 17 octobre.
14h24 : les manifestant(e)s en ont « ras le bol de ce gouvernement qui nous méprise »
Sur la place de la Bourse, le cortège n’a pas encore dĂ©marrĂ©, mais la foule commence Ă ĂŞtre dense. On rencontre Justine (32 ans), Marguerite (30 ans) et Antoine (32 ans), de retour en manifestation ce samedi après avoir dĂ©filĂ© le 17 octobre. Il et elles sont lĂ en soutien au mouvement lycĂ©en, mais pas seulement : « C’est un ras le bol gĂ©nĂ©ral. Il y a une rĂ©elle convergence des luttes », estime Marguerite, qui Ă©voque aussi la mobilisation du collectif Cancer Colère contre Octobre rose, quelques mois après le vote de la loi Duplomb.
Ce samedi, il et elles expriment « un ras-le-bol contre ce gouvernement qui nous mĂ©prise, qui ne nous Ă©coute pas et qui blesse des gens ». Manifester, se retrouver ensemble « ça fait du bien ». Ils espèrent que la mobilisation pèsera dans les programmes des candidats Ă l’Ă©lection prĂ©sidentielle.
13h51 : cela se rassemble doucement place de la Bourse
Alors que la manifestation doit dĂ©buter Ă 14h place de la Bourse, la foule commence tout doucement Ă rejoindre le lieu de rendez-vous. Un contrĂ´le des sacs est effectuĂ© Ă l’entrĂ©e selon une de nos journalistes sur place, Ă la suite de l’arrĂŞtĂ© prĂ©fectoral interdisant « les armes, armes factices et armes par destination ainsi que les Ă©quipements de protection individuels sans motif lĂ©gitime ».
Pour rappel, le parcours autorisĂ© doit passer par la Krutenau, les quais et revenir vers l’avenue de la LibertĂ© et la place de la RĂ©publique.
CĂ´tĂ© Parlement europĂ©en, c’est très calme. Si un rassemblement Ă©tait annoncĂ© sur la carte du site 17octobregiletjaune, sur place il n’y a pour l’instant que les centaures de la gendarmerie. Selon un autre de nos journalistes sur place, ces dernières lui ont signalĂ© qu’aucun cortège n’Ă©tait prĂ©vu dans le secteur.
13h25 : déjà de grosses perturbations sur les lignes de trams
La CTS avait prĂ©venu le 23 octobre : de grosses perturbations Ă©taient Ă prĂ©voir sur ses lignes. Elle invitait alors ses client(e)s Ă se rĂ©fĂ©rer Ă son application. Problème : on commence Ă nous faire remonter une absence totale d’informations. Sur le site comme sur l’application, aucune indication prĂ©cise de quand et oĂą les trams circulent.
Selon des remontĂ©es, les lignes A et D s’arrĂŞtent Ă Rotonde, donc avant mĂŞme le centre-ville, tandis que plus aucun tram de la ligne E ne semble ĂŞtre annoncĂ©.
13h10 : un centre-ville de Strasbourg verrouillé
Le contexte gĂ©nĂ©ral de tension s’est aussi ressenti Ă Strasbourg. S’il n’y a pas eu de couvre-feux, les trams et bus ont temporairement Ă©tĂ© interrompus dans de nombreux quartiers populaires pendant 48h, crĂ©ant un imbroglio politique d’ampleur. Par ailleurs, après les dĂ©gradations sur les commerces le 17 octobre, l’hypercentre de Strasbourg s’est entièrement barricadĂ© en prĂ©vision de la mobilisation d’aujourd’hui : la Ville a fermĂ© la quasi-totalitĂ© de ses musĂ©es et les marchĂ©s du centre-ville, tandis que la prĂ©fecture a interdit toute manifestation en dehors du cortège.
Celui-ci doit débuter vers 14h place de la Bourse, avant de passer par la Krutenau, les quais, puis revenir avenue de la Liberté avant de finir place de la République.
Dans la nuit du 23 octobre, de nombreux commerces se sont protĂ©gĂ©s en posant de l’OSB sur leur vitrine, de façon Ă Ă©viter les mĂŞmes dĂ©gradations qui avaient Ă©maillĂ©s la journĂ©e de manifestation du 17 octobre, dans l’ensemble largement festive et pacifique.
13h : Une nouvelle journée de manifestation dans un contexte tendu
Cette nouvelle journĂ©e de mobilisation s’annonce sous haute tension, dans un contexte global lourd. Depuis la manifestation du 17 octobre, le gouvernement a très largement durci le ton en prenant un important nombre de mesures sĂ©curitaires. Des couvre-feux ont Ă©tĂ© instaurĂ©s dans certaines grandes villes, le ministre de la Justice a demandĂ© aux procureurs de prĂ©venir leurs employeurs si un salariĂ© ou un agent public est impliquĂ© dans un pillage ou une Ă©meute, tout en Ă©voquant sans dĂ©tour la suspension du droit de vote pour les personnes condamnĂ©es.
CĂ´tĂ© manifestation, l’armĂ©e est mobilisĂ©e pour cette journĂ©e du 24 octobre, et Emmanuel Macron a dĂ©cidĂ© d’interdire les manifestations non organisĂ©es par les syndicats. Une sortie « complètement hors de son rĂ´le constitutionnel » selon Paul Cassia, professeur de droit Ă l’universitĂ© Paris 1 PanthĂ©on-Sorbonne, interrogĂ© par franceinfo. Celui-ci rajoute mĂŞme que cette interdiction est vue comme « une atteinte grave et manifestement illĂ©gale Ă la libertĂ© de manifester en posant une interdiction gĂ©nĂ©rale de principe. »
Se rajoute Ă Â ce contexte particulièrement lourd l’attentat Ă caractère raciste commis hier Ă Trappes, lorsqu’un homme a ouvert le feu en rafale depuis sa voiture, faisant un mort et cinq blessĂ©s, dont une jeune fille de 12 ans hospitalisĂ©e en urgence absolue. Selon Le Monde, le tireur a dit avoir voulu cibler des personnes en raison de leur couleur de peau ou de leur appartenance rĂ©elle ou supposĂ©e Ă l’immigration et affirme avoir agi pour « venger les commerçants pillĂ©s » lors du 17 octobre.


