Depuis janvier, plusieurs incendies de bâtiments ont beaucoup fait parler d’eux sur les réseaux sociaux, à Strasbourg, en Alsace et ses alentours. Et dans les commentaires, on retrouve souvent ce genre de questionnements : « Il y a de plus en plus d’incendies ces dernières années, non ? C’est bizarre. » Pour mieux comprendre la situation, on s’est rendu au Service d’incendie et de secours 67.
La Maison citoyenne au Neudorf, la gare, des appartements à la Meinau, une pizzeria… Ces derniers mois, plusieurs incendies à Strasbourg ont beaucoup été commentés sur les réseaux sociaux, souvent sous des publications de médias locaux, comme Pokaa.
À plusieurs reprises, sur Facebook, Instagram ou TikTok, des commentaires interpellaient sur le « nombre croissant » d’incendies touchant des bâtiments. On s’est donc demandé si cette impression était un simple ressenti lié à la forte médiatisation de ces événements, ou un fait avéré.
Pour y répondre, direction Wolfisheim, à côté de Strasbourg, au Service d’incendie et de secours du département (SIS 67). Spoiler : oui, il y a plus d’incendies, mais pas forcément ceux que vous croyez.
Avant toute chose : c’est quoi le SIS 67 ?
Comme son site web l’indique, il a pour mission « la défense incendie, les secours et les soins d’urgence aux personnes et la protection des animaux, des biens et de l’environnement ».
Pour ce faire, et selon les chiffres 2025, il peut compter dans le Bas-Rhin sur :
- 700 sapeurs-pompiers professionnel(le)s.
- 4223 sapeurs-pompiers volontaires.
- 172 personnels administratifs et techniques.
- 959 véhicules et engins.
- 1 CTA-CODIS, le centre opérationnel ouvert 24h/24 et 7 j/7, qui a réceptionné en 2025 environ 217 200 appels au 18, soit un toutes les 2 minutes et 25 secondes.
- 46 unités territoriales et 7 compagnies (Haguenau, Saverne, Molsheim, Sélestat et trois dans l’Eurométropole).
- 208 centres d’incendie et de secours.
« On ne remarque pas une hausse des incendies, sauf dans un domaine »
À Wolfisheim, on rencontre tout d’abord Nathalie Fournaise, cheffe du service des affaires réservées et des relations extérieures, notamment la communication. Puis le lieutenant-colonel Patrice Petit et René Cellier, contrôleur général, directeur départemental et chef du corps départemental des sapeurs-pompiers du Bas-Rhin. Il dirige le SIS 67.
Ce dernier développe : « Les incendies ne sont pas du tout notre activité principale, ils représentent environ 7% de nos interventions, contre 80% pour les secours et les soins à la personne. Néanmoins, les feux représentent 20 à 25% de notre temps de travail, car les interventions sont plus longues. »
Il poursuit : « De façon générale, on ne remarque pas une hausse particulière des incendies. D’une année sur l’autre, le nombre d’interventions sur des feux peut augmenter ou diminuer, mais il y a un équilibre, sauf dans un domaine. On voit une augmentation des incendies en forêt et dans les espaces naturels, surtout ces dernières années. » Des propos confirmés par le lieutenant-colonel Patrice Petit.
La raison ? Les sécheresses plus longues et plus nombreuses, par exemple. Comme l’explique leur site web, « les sapeurs-pompiers du Bas-Rhin interviennent en moyenne sur 700 feux de broussailles, de forêts ou d’espaces naturels par an. Le Bas-Rhin est de plus en plus soumis au risque de feux de forêts, avec les effets liés au changement climatique, aux importants dégâts dans le milieu forestier provoqués par la tempête de 1999, aux activités humaines. »
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Le problème, c’est la visibilité accrue des incendies de bâtiments sur Internet
Comme l’expliquent René Cellier et Nathalie Fournaise, l’impression de voir « de plus en plus d’incendies de bâtiments » est surtout liée à Internet et aux réseaux sociaux. « Aujourd’hui, les photos, les vidéos, la médiatisation et la visibilité sont plus présentes qu’à une autre époque. Ça donne ce sentiment. »
Pour renforcer ces propos, il suffit de regarder les chiffres des 10 dernières années disponibles sur le site web du SIS 67. Sur l’ensemble du Bas-Rhin, le nombre d’interventions pour des incendies a fluctué, mais aucune hausse ne se démarque vraiment sur le long terme. Au contraire, une baisse est même visible entre 2018 et 2025.
Si on se concentre sur les chiffres des trois compagnies de l’Eurométropole de Strasbourg, le constat n’est pas très différent.
Si certaines années se démarquent par une baisse du nombre de sorties de secours pour incendie (2973 sorties en 2017, 2696 en 2021, 2926 en 2024), d’autres années se ressemblent beaucoup dans les hausses. Par exemple, il y a eu 3840 interventions de ce type en 2016, 3765 en 2020 et 3656 en 2025.
René Cellier précise : « Ce qui augmente vraiment, ce sont les secours et soins d’urgence aux personnes. Il y a une population qui vieillit, un manque de médecins sur le territoire, des urgences parfois saturées, même si on a fait un gros travail avec la préfecture et les hôpitaux pour répondre à cette dernière problématique. »
Avant de quitter le SIS 67, il conclut : « Sans les sapeurs-pompiers et les personnels administratifs et techniques, notre système de santé ne fonctionne pas. C’est non seulement grâce aux sapeurs-pompiers professionnels, mais aussi grâce aux volontaires. C’est une véritable richesse et on a toujours besoin de plus d’hommes et de femmes. »
Quelques conseils face aux fortes chaleurs et aux noyades
Face aux fortes températures, le site web du SIS 67 partage de nombreux conseils :
- Pendant la journée : fermez volets, rideaux et fenêtres, surtout s’ils sont situés sur des façades exposées au soleil.
- Maintenez les fenêtres fermées tant que la température extérieure est supérieure à la température intérieure.
- Aérez la nuit.
- Mouillez-vous le corps plusieurs fois par jour à l’aide d’un brumisateur, d’un gant de toilette ou en prenant des douches ou des bains.
- Buvez au moins 1,5 litre d’eau par jour, même sans soif. Ne consommez pas d’alcool ni de boisson caféinée.
- Continuez à manger normalement même en absence de faim.
- Évitez les sorties et plus encore les activités physiques aux heures les plus chaudes.
- Si vous devez sortir, restez à l’ombre. Portez un chapeau, des vêtements légers, amples et de couleur claire. Emportez avec vous une bouteille d’eau.
- Donner et prendre des nouvelles de vos proches. Demandez de l’aide à un parent ou à un(e) voisin(e) si la chaleur vous met mal à l’aise. Informez-vous de l’état de santé des personnes isolées, fragiles ou dépendantes de votre entourage et aidez-les à manger et à boire.
Mais aussi sur les risques de noyade :
- Ne jamais laisser des enfants seul(e)s à proximité de plans d’eau ou de piscines. Même surveillé(e)s, les enfants doivent toujours être équipé(e)s de brassards.
- Apprendre à nager le plus tôt possible.
- Ne pas se baigner en dehors des zones de baignade autorisées.
- Privilégier les baignades surveillées en respectant les consignes de sécurité.
- S’immerger progressivement, surtout après une exposition au soleil ou en cas de fortes chaleurs.
- Tenir compte de sa condition physique et de son état de santé pouvant induire un risque au cours d’une baignade.
- Pour d’autres activités aquatiques telles que la plongée, respecter strictement les consignes des encadrant(e)s et se renseigner quant au sérieux du club choisi.
- Apprendre les gestes qui sauvent et, devant toute personne qui, suite à une immersion, présente une difficulté respiratoire, appeler les secours.
Sans oublier que si les numéros d’urgence sont gratuits, le 18, ce n’est pas automatique ! Ne détournez pas les sapeurs-pompiers de leur mission : l’urgence uniquement.



