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« La culture se meurt » : des artistes strasbourgeois(es) luttent face aux coupes budgétaires

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Depuis plusieurs semaines, les acteurs/rices du monde de la culture donnent de la voix à Strasbourg, en Alsace et dans les départements voisins. Entre les coupes budgétaires et le démantèlement de l’Agence culturelle Grand Est, le monde du spectacle vivant s’inquiète pour son avenir.

L’incertitude plane dans toutes les têtes du côté du spectacle vivant dans le Grand Est. Depuis plusieurs semaines, les acteurs/rices de la scène culturelle régionale s’inquiètent à mesure que leur avenir s’assombrit.

La cause principale de cette inquiétude ? Les subventions en berne. Pour l’exercice 2026, la Région Grand Est a acté une baisse de près de 10% de la part de fonctionnement du budget alloué à la culture, impactant directement les acteurs/rices de la culture.

Dans le même temps, la scène culturelle a assisté, impuissante, à la coupe de 63% du budget de fonctionnement de l’Agence culturelle Grand Est. Une décision entraînant la suppression de son pôle spectacle vivant et le licenciement d’une douzaine de salarié(e)s.

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Agence Culturelle Grand Est
Agence culturelle Grand Est. © Google Maps / Capture d'écran

Des annonces faites à quelques mois d’intervalle, qui ont obligé les acteurs/rices du monde culturel à s’emparer du sujet pour alerter sur cette situation. Le 19 février dernier, l’ensemble de la profession était convié devant l’Agence culturelle Grand Est. Un rassemblement assorti de la publication d’une pétition en ligne.

Une pétition largement relayée à l'échelle régionale

Aujourd’hui gratifiée de près de 3500 signatures, cette pétition met en garde contre « un basculement historique » de la politique culturelle dans la région.

« Nous voyons se mettre en place une culture réduite à ce qui est utile politiquement, au détriment de ce qui est nécessaire artistiquement et localement : la création, l’accompagnement, le maillage, la prise de risque, l’émergence, la présence dans les territoires ruraux comme dans les quartiers. »

farse arts de rue spectacle culture
© Mathilde Cybulski / Pokaa

La maigre place accordée à la culture dans cette campagne électorale est également pointée du doigt dans le communiqué. « À l’approche des élections municipales, trop de programmes restent muets sur la culture. Le silence actuel prépare le terrain aux reculs de demain. »

Malgré les propositions formulées par les différent(e)s candidat(e)s des communes du Grand Est, le monde de la culture lance un véritable cri du coeur, alors que le doute entourant leur avenir s’épaissit.

Parmi les 402 premiers signataires et instigateurs/rices de cette pétition, on retrouve notamment les comédien(ne)s et metteurs/ses en scène strasbourgeois(es) Débora Cherrière de la compagnie Bleu et Paul Schirck de la compagnie L’Armoise Commune.

On est vraiment à la limite de pouvoir encore vivre de notre métier.
Paul Schirck, comédien et metteur en scène de la compagnie L’Armoise Commune

Les deux artistes alsacien(ne)s étaient sur place lors du rassemblement de leur profession le 19 février dernier. Pour Débora Cherrière, la future disparition de l’Agence culturelle Grand Est va coûter cher à la profession. 

farse spectacle fanfare la grand tabazu cie imperial
© Mathilde Cybulski / Pokaa

« Sa disparition mettrait à mal nos capacités de travailler, parce qu’on absorbe déjà depuis très longtemps des coupes budgétaires et des amoindrissements de moyens. Ce sont les compagnies qui absorbent directement ces chocs », explique-t-elle.

Au total, ce sont pas moins de 350 000 euros d’aides annuelles aux compagnies qui seront supprimées, tout comme « l’arrêt du soutien à 450 dates de tournées de coopération » ou encore de plusieurs résidences. « On est vraiment à la limite de pouvoir encore vivre de notre métier », alerte Paul Schirck.

Des différences dans les politiques culturelles selon les régions

« L’Agence était aussi un relais pour faire du maillage, un outil extrêmement précieux parce qu’elle mettait en relation les communautés de communes, les artistes, les compagnies… Un vrai relais. Donc, ça va de facto tuer tout un maillage territorial », complète le comédien. 

Au-delà de décisions justifiées par un aspect économique, les deux acteurs culturels y voient des raisons différentes.

cinéma théâtre
© Pxhere / Photo d'illustration

« Il faut quand même rappeler que la culture est le plus petit budget ministériel de l’État. Mais c’est facile d’aller chercher là où il n’y aura pas forcément de réactions très fortes », explique le comédien, qui n’hésite pas à pointer du doigt la réduction de budget de la Région.

« Il y a des Régions comme la Bretagne qui n’ont pas baissé le budget de la culture cette année. La Région Grand Est a donc fait un choix. »

« Il y a un autre modèle de société qui est en train d'être prôné derrière tout ça »

« Il ne s’agit pas de choix contraints, sans autres possibilités, mais bel et bien de choix idéologiques », affirme la comédienne Débora Cherrière. « Si on s’attaque en priorité à la culture alors que la culture fonctionne, c’est bien qu’il y a un autre modèle de société qui est en train d’être prôné derrière tout ça », conclut son confrère Paul Schirck.

farse arts de rue spectacle culture
© Mathilde Cybulski / Pokaa

En parallèle, le festival strasbourgeois Démostratif, dédié à l’émergence dans le spectacle vivant, a annoncé mettre un terme à son aventure sur son compte Facebook ce lundi 9 mars.

« Suite à une réorientation politique de l’Université de Strasbourg, notre festival est contraint d’arrêter son activité avec effet immédiat, perdant ainsi son principal soutien et financeur », communique le festival. Pour finir, le document pose aussi une « question plus large : celle des moyens accordés à l’émergence artistique et à la continuité des politiques publiques en faveur du spectacle vivant. » 

Reste à savoir quelle sera la ou les réponses à cette question !

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