Ce 9 mars, Florian Kobryn a profité de sa dernière conférence de presse avant les élections pour lancer un appel à une « union antifasciste au soir du premier tour ». Face à la « fascisation » du débat public, le candidat LFI prône un vote insoumis dès le premier tour, mais appelle également plusieurs partis de gauche à « organiser la victoire » pour éviter de faire gagner la droite ou le PS.
Dans son QG de campagne ce 9 mars, Florian Kobryn a la voix plus grave que d’habitude. Le candidat LFI dénonce « une fascisation du débat public » et « un inversement total des valeurs qui impactent de nombreuses listes insoumises en France ». Il évoque les violences envers sa colistière Jamila Haddoum, menacée de mort au couteau le 6 mars dernier, mais également d’autres attaques contre les listes de LFI à Clermont-Ferrand ou à Faches-Thumesnil.
Face à « un contexte qui doit nous alerter », avec également une nouvelle attaque contre la permanence strasbourgeoise du Planning familial à Strasbourg, Florian Kobryn a profité de sa dernière conférence de presse pour faire passer deux messages… À la fois aux Strasbourgeois(es), mais également à ses (potentiels) futurs partenaires de gauche.
Une « union antifasciste au soir du premier tour »
Le premier message est clair [un mot souvent répété lors de cette conférence de presse, ndlr] : Florian Kobryn appelle à un vote pour la liste insoumise le 15 mars. S’il aurait été très étrange qu’il en soit autrement, le candidat LFI le justifie par le fait qu’ils sont « les seuls à vouloir faire gagner la gauche ensemble avec une approche antifasciste ».
Un premier message qui en appelle un second : cette approche demande une réponse unitaire des partis de gauche « autour de la constitution d’une union antifasciste au soir du premier tour ». Il en va de sa responsabilité de « faire en sorte que la ville ne tombe pas aux mains de la droite ou du PS », ainsi que « d’empêcher le retour de l’extrême droite au conseil municipal ».
Il faut faire en sorte que la Ville ne tombe pas aux mains de l’extrême droite, de la droite ou du PS.
Florian Kobryn enjoint alors le NPA, Génération.s, le PCF et bien évidemment les Écologistes à s’unir « pour organiser la victoire dès le soir du premier tour ». Il manque à son inventaire Place Publique, Debout ! et L’Après [tous sur la liste ou soutiens de Jeanne Barseghian, ndlr], sans doute pour cause de querelles nationales. Mais surtout, il manque le Parti socialiste.
Une organisation que n’épargne pas Florian Kobryn, l’accusant de « flirter avec l’islamophobie avec la présence d’Anne-Pernelle Richardot en 5e position sur la liste de Catherine Trautmann ». [Une référence à la polémique lancée par l’élue pour cause de la présence d’une femme voilée sur une campagne d’affichage de la Ville, ndlr.]
Dénonçant un « silence assourdissant » sur la question de la part de Catherine Trautmann et Thierry Sother, Florian Kobryn assène donc que « le PS ne peut pas être dans cette alliance antifasciste » Et boucle la boucle de son premier message : « Il faut nous placer en tête au premier tour pour préparer la victoire au second. »
Quid de cette union si Barseghian sort devant Kobryn ?
Cet appel à l’union antifasciste de Florian Kobryn est à mettre dans un contexte national où LFI utilise cet élément de langage pour appeler la gauche (et dans certains cas le PS) à s’unir au second tour. Dans le cas strasbourgeois, il est possible que Florian Kobryn sorte derrière Jeanne Barseghian. À ce moment-là, le candidat insoumis serait-il prêt à faire une alliance derrière l’actuelle maire ?
La balle est dans le camp de Jeanne Barseghian.
Dans une réponse toute politicienne, il renvoie la balle du côté de la candidate écologiste, déplorant des « discours contradictoires » et des signaux publics défavorables pour l’instant sur le sujet d’une éventuelle union. On ne saura pas non plus si des discussions sont en cours actuellement entre les forces politiques, ce qui fait craindre une potentielle composition de liste et d’un programme en urgence. Sur le sujet, Florian Kobryn se veut, une nouvelle fois, clair : pour une union, il y aura besoin d’un programme clair et d’une volonté affirmée sur la question antifasciste. Néanmoins, il est toujours plus compliqué de poser ses conditions lorsque l’on est second.
Enfin, il sera également intéressant de voir comment se transmettront localement les consignes nationales. Concernant Place Publique, au nombre de 5 sur la liste de Jeanne Barseghian, le micro-parti de Raphaël Glucksmann a déjà annoncé purger toutes celles et ceux qui feront des alliances avec LFI. Concernant les socialistes avec Jeanne Barseghian, au nombre de 4, s’ils ne sont plus dans la lignée du PS, ils restent frileux à l’idée d’une union. Beaucoup de questions restent encore en suspens, mais en tous les cas, l’appel est lancé, une semaine avant le premier tour. Reste à savoir s’il sera entendu.



