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Polémique strasbourgeoise : que se passe-t-il avec le « Café des Anges » depuis 4 jours ?

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Boîte de nuit bien connue des Strasbourgeois(es), le Café des Anges a son sous-sol qui est fermé depuis le 9 janvier, sur arrêté municipal de la Ville et décision des gérants par mesure de précaution. Le 3 février, les DNA ont sorti un article mettant en avant des « risques d’incendie » dans l’établissement, ce que réfute fortement la direction. Elle met en avant un problème administratif et non technique, accusant le « caractère alarmiste » de l’article du média local. Retour sur l’affaire.

« Ça parle de risques d’incendie, mais c’est eux qui ont mis le feu. » Depuis le 3 février, et la date de publication d’un article des DNA titré Risque d’incendie, « graves carences » : le Café des Anges partiellement fermé par un arrêté de la Ville, Antoine Ghiles, un des gérants du Café des Anges, ne cesse de voir son téléphone sonner, pour avoir des réactions.

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café des anges
© Nicolas Kaspar / Pokaa

Une surprise pour le gérant de devoir gérer cette affaire un mois plus tard, sachant que le sous-sol de son établissement est fermé depuis le 9 janvier, date de la publication d’un arrêté municipal ordonnant sa fermeture partielle. Dans un communiqué publié le 5 février, le Café des Anges déplore « le caractère alarmiste de l’article » qui « donne une image injustement négative » de l’établissement.

Retour sur les derniers jours de la polémique, avec également une réaction d’Antoine Ghiles, qui a accepté de nous rencontrer [Pokaa a été le seul média dans ce cas, ndlr].

6 janvier : passage de la Sous-commission départementale de sécurité

Déjà, revenons aux bases. Le 6 janvier, la Sous-commission départementale de sécurité organise une visite du Café des Anges. Une « visite comme un contrôle technique prévue depuis mi-décembre », selon Antoine Ghiles mais également d’après la Ville de Strasbourg, contactée. Aucun rapport donc avec Crans-Montana, alors que les DNA font le lien entre le drame suisse et la situation du Café des Anges.

La sécurité est hyper importante chez nous, tout fonctionne.
Antoine Ghiles, un des gérants du Café des Anges
café des anges (1)
Les jumeaux Ghiles en 2021, gérants du Café des Anges. © Mathilde Piaud / Pokaa

Lors de cette visite, des « points bloquants » ont été mentionnés. Le gérant évoque un oubli de mettre « sans issue » sur une porte, des sorties de secours à graisser, des cartons qui traînaient sous l’escalier de secours venant du sous-sol… Pour le gérant, ce sont principalement des « problèmes administratifs » alors qu’il leur manquait des documents.

Des « petits détails » qui, « quand on les voit listés dans un rapport, ça peut paraître comme quelque chose d’incroyable », mais qui ne remettent pas en cause le fonctionnement de l’établissement. Et notamment le système d’incendie : « En cas d’incendie, la musique s’arrête, la lumière de sécurité s’enclenche et un message à 120 décibels invite les gens à se diriger vers les sorties les plus proches et ça pendant 5 minutes. Tout ça fonctionne. »

café des anges (2)
© Mathilde Piaud / Pokaa

9 janvier : un arrêté municipal ordonne la fermeture partielle du Café des Anges… qui règle la quasi totalité des problèmes

Le 9 janvier, un arrêté municipal ordonne néanmoins la fermeture partielle du Café des Anges, une fermeture concernant le sous-sol de l’établissement. Selon l’arrêté, auquel Pokaa a eu accès, « la visite a relevé de graves carences et anomalies au regard des règles de sécurité contre les risques d’incendie et de panique ».

Elle liste certains « manquements et non-conformités », dont certaines « absences de vérifications annuelles depuis plusieurs années » comme les installations électriques, le système de sécurité incendie, les extincteurs et le désenfumage mécanique. Elle met également en avant la « difficulté d’accès de la commande de désenfumage actuelle », le « stockage de cartons sous l’escalier de secours venant du sous-sol » et l’absence de formation « du personnel sur la conduite à tenir en cas d’incendie ».

En toute intelligence avec la Ville, avec qui on collabore très bien, on a décidé de fermer le sous-sol.
Antoine Ghiles, un des gérants du Café des Anges

Des constatations qui démontrent, selon la Sous-commission départementale de sécurité, que « le risque d’éclosion d’un incendie ne peut pas être écarté », que « l’établissement présente des risques de propagation d’incendie » et qu’il « présente de graves anomalies de nature à compromettre l’évacuation rapide et en bon ordre des occupants. » En responsabilité, la direction du Café des Anges procède à la fermeture du sous-sol, en parfaite collaboration avec la Ville, selon les mots d’Antoine Ghiles et de la Ville de Strasbourg.

La Ville précise également que « fin janvier, l’exploitant a achevé la mise en œuvre de la totalité des prescriptions mentionnées dans l’arrêté municipal du 9 janvier 2026. Le seul problème subsistant à ce jour et devant être réglé prochainement est l’insuffisance du débit de l’installation de désenfumage mécanique de la salle située au sous-sol ». Un problème de volume d’air selon Antoine Ghiles, qui sera mis en conformité le 12 février.

café des anges
© Nicolas Kaspar / Pokaa

3 février : article et polémique

Fin janvier, la grande majorité des points a donc été réglée, excepté le désenfumage qui doit attendre quelques semaines de plus. Comme le précise Antoine Ghiles : « On a réagi. La sécurité est hyper importante chez nous. » Pourtant, le 3 février, un article des DNA est publié, reprenant dans son titre et dans son corps d’article les constatations de l’arrêté municipal et axant sur le risque d’incendie. Le tout, sans un droit de réponse des gérants, qui a finalement été rajouté deux heures après publication.

Lorsqu’on lui pose la question de pourquoi l’arrêté évoque plusieurs fois des risques d’incendie, le gérant avoue ne pas savoir pourquoi : « Je ne sais pas trop pourquoi ils ont écrit ça. Tout est M1 chez nous [non inflammable, ndlr], c’est du béton armé, chez nous c’est impossible [que ça prenne feu, ndlr]. Peut-être à cause des cartons qui traînaient. »

S’il y avait un risque d’incendie important, est-ce que vous pensez que la Ville nous aurait autorisés à ouvrir, même partiellement ?
Antoine Ghiles, un des gérants du Café des Anges

La publication de l’article lance alors une lessiveuse, surtout dans le contexte de Crans-Montana bien que ce ne soit absolument pas comparable, avec un téléphone qui ne cesse de sonner. Côté médias, seul Ici Alsace fait une reprise de l’information, Antoine Ghiles expliquant avoir été beaucoup sollicité, mais refusant de répondre.

Deux jours après la publication, le Café des Anges réagit sur ses réseaux par communiqué en expliquant « qu’il s’agissait uniquement à 99% d’un problème administratif et non technique ». Avant de conclure : « Avec nos 18 ans d’expérience, sans aucun antécédent de ce type, nous avons toujours veillé à préserver notre réputation et à agir de manière responsable pour nos clients. »

Désormais, il attend la réouverture totale de son établissement une fois le problème de désenfumage levé, et surtout, que l’on passe à autre chose.

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Commentaires (6)

  1. Magnifique article.
    Les jumeaux sont dans un déni effrayant .

    Pourquoi ne pas faire profil bas et accepter les manquements nommés.

    Il n’y a aucune honte à ne pas être au top, mais il faut accepter ses errreurs et se remettre en question.

    Des années sans contrôle et ces gérants pensent que tout bien !…

    Les gérants prétendent qu’il s’agit principalement de problèmes administratifs, mais aux vues de la liste des manquements techniques , les problèmes administratifs doivent être pharaoniques.

    Lorsque l’on aime ses clients, on s’attache à leur bien-être et leur sécurité avant tout, bien avant l’ambiance musicale et autres, et bien après les bénéfices.

    Encore félicitations à votre article objectif et sans concession.

    Je n’ai plus confiance en ces 2 personnes et n’ira plus dans leur établissement, et je ne suis pas le seul.

    • Qui veut faire chier les jumeaux ?? Des connards mais bien une mise â jour – que ceux qui aiment pas les jumeaux qu ils aillent se faire foutre – EUX DES CRAQUES s en sortiront tranquille

  2. Il suffit de lire les commentaires des clients sur Google, pour comprendre les problemes de cette boîte de nuit, qui vont bien au delà des risques d incendie.

  3. Eh bien Charles ! Félicitations. C’est certain qu’avec un tel commentaire riche en analyses objectives, les gérants et le café des anges est bien défendu….
    Il paraît que les gens vulgaires et agressifs sont des personnes limitées, à court d’arguments et de vocabulaire, donc ne sachant s’exprimer calmement et intelligemment, ils éructent des mots fleuris et sont disposés à jouer des poings.

    Pour info, j’ai frequenté et aime le café des anges depuis des lustres ….

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