Deux rassemblements ont eu lieu vendredi et dimanche place Kléber pour demander la fin du blocus imposé par le gouvernement israélien sur Gaza mais aussi l’entrée de l’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne. Un appel à un nouveau rassemblement est lancé pour ce lundi 28 juillet à 18h.
« Free Palestine ! » « Stop the genocide ! » « Israël assassine les enfants de Palestine ! »
Dans un concert de casseroles, les slogans fusent place Kléber. Dimanche 27 juillet, 350 personnes se sont rassemblées dans le centre de Strasbourg. Elles réclament la fin du blocus de l’aide humanitaire imposé par le gouvernement israélien sur le territoire palestinien, la mise en place d’un cessez-le-feu et des sanctions contre Israël.
Depuis mars dernier, l’armée israélienne impose un blocus total de l’enclave palestinienne et contrôle l’entrée de l’aide humanitaire à destination des deux millions d’habitant(e)s de la bande de Gaza. L’ONU alerte sur la famine qui touche le territoire.
« Les habitants de Gaza ne sont ni morts ni vivants, ce sont des cadavres ambulants », déclare ainsi Philippe Lazzarini, chef de l’Agence des Nations Unies pour les réfugié(e)s (UNRWA). L’organisation internationale recense également un millier de personnes tuées par l’armée israélienne à proximité des centres de distribution alors qu’elles cherchaient à se procurer de la nourriture.
Suite à plusieurs semaines de pressions internationales, l’armée israélienne a procédé ce week-end à des largages d’aide humanitaire sur la bande de Gaza. Les militaires indiquent par ailleurs autoriser les parachutages par d’autres États. Une méthode jugée dangereuse et inefficace par l’ONU qui demande l’ouverture des points de passages terrestres.
« On ne peut pas voir tout ça et ne pas réagir »
« On voit des photos d’enfants affamés dans tous les médias, explique Claude, une manifestante. Des journalistes sur place rapportent que les gens tombent en pleine rue à cause de la faim. Eux-mêmes arrivent à peine à tenir leur caméra. »
Bouchra, présente à toutes les manifestations, abonde : « On ne peut pas voir tout ça et ne pas réagir. Il faut faire quelque chose. » Claude reprend : « J’ai participé au rassemblement de vendredi et je ne pensais pas venir aujourd’hui. Mais face à la situation, je n’arrivais pas à rester chez moi. »
« On doit continuer à se mobiliser, notre gouvernement peut faire pression sur Israël », explique Nina. Plus tôt dans la semaine, Emmanuel Macron annonçait publiquement son intention de reconnaitre l’État de Palestine au mois de septembre.
La jeune femme s’interroge, « pourquoi attendre ? C’est un crime contre l’humanité et on devra expliquer pourquoi on n’a pas agi ». Après 20 mois de mobilisation, la militante témoigne d’une certaine usure. « Mais quand on voit que les Palestiniens continuent de résister dans des conditions horribles, ce serait trop facile pour nous de baisser les bras. On doit continuer. »
« Nous refusons que nos États soient complices »
Le matin même, le Handala, un bateau chargé d’aide humanitaire qui tentait de rejoindre Gaza, était arraisonné dans les eaux internationales par la marine israélienne et son équipage emmené en détention en Israël.
Quelques semaines avant, un autre navire, le Madleen avait été intercepté dans les mêmes conditions et son équipage arrêté avant d’être expulsé. « Israël n’a aucune légitimité pour capturer ces bateaux, ni même pour bloquer l’aide humanitaire », explique Mina du collectif Urgence Palestine.
La militante poursuit : « L’ONU parle de famine généralisée. On voit bien que ce n’est pas une guerre, mais un génocide. Nous refusons que nos États soient complices. »
Pour le collectif, il s’agit aussi de soutenir des militant(e)s strasbourgeois(es) victimes d’intimidations à leur domicile. « On a installé un drapeau palestinien et une banderole à notre balcon, explique Vic. Cela fait plusieurs mois que nous subissons des tentatives d’intimidations, mais un cap a été franchi. La porte de notre immeuble a été taguée et ce week-end quelqu’un a tenté de s’introduire dans l’appartement. »
Pour le militant, il s’agit d’actes venus d’une minorité bruyante, « mais qui reste une minorité d’habitants du quartier. Plus ils essaieront de nous faire taire, plus on parlera fort ».
« Faites du bruit »
Une militante annonce au micro : « Nous sommes en ligne avec une personne qui est à Gaza, faites du bruit pour lui faire entendre que nous soutenons la Palestine ! »
Sur la place Kléber, c’est une explosion de cris et de percussions. Le rassemblement se termine, quelqu’un propose de poursuivre le concert de casseroles dans les rues et une petite foule descend la rue des Grandes-Arcades vers les quais.
« Il ne faut pas rester silencieux face à un génocide », explique Bouchra en frappant sur sa casserole. Place du Corbeau, l’éphémère manifestation se disperse, Vic prend la parole : « On ne peut pas s’arrêter là, nouveau rassemblement lundi à 18h place Kléber. Venez tous avec un ami et on sera deux fois plus nombreux. »



