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Municipales 2026 : Jean-Philippe Vetter veut mobiliser les commerçant(e)s strasbourgeois(es)

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Le 27 mars dernier, Jean-Philippe Vetter présentait une initiative originale dans le cadre de la campagne des municipales : proposer aux artisan(e)s et aux propriétaires de cafés, d’hôtels ou de commerces, exerçant à Strasbourg mais domicilié(e)s ailleurs, de s’inscrire sur les listes électorales. Avec, comme objectif, d’élargir sa base électorale.

« Vous êtes le coeur battant de notre ville. » Jean-Philippe Vetter a la prose lyrique en ce 27 mars ; sous le soleil inondant la place du Corbeau, le seul candidat déclaré pour la course des municipales 2026 présente une nouvelle initiative, dirigée cette fois-ci vers les artisan(e)s et les propriétaires de cafés, d’hôtels ou de commerces.

Un monde dont il maîtrise les codes, étant lui-même fils d’un boulanger et d’une infirmière. Mais surtout, une base électorale qu’il compte bien mettre à son actif pour cette campagne des municipales bien indécise, au vu des potentielles diverses alliances entre la droite, le centre et une partie des socialistes strasbourgeois.

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jean philippe vetter commerçant
© Nicolas Kaspar / Pokaa

Une opération de civisme, pour « que ceux qui font vivre la ville ait leur mot à dire »

La nouvelle initiative de Jean-Philippe Vetter est pour le moins originale : rappeler aux artisan(e)s, mais aussi aux propriétaires de cafés, d’hôtels ou de commerces installés à Strasbourg, qu’ils et elles peuvent voter pour les municipales strasbourgeoises… même lorsqu’ils et elles n’habitent pas la capitale alsacienne.

Cette initiative existe pour que ceux qui font vivre la ville aient leur mot à dire.
Jean-Philippe Vetter

Cette apparente contradiction est permise par l’article L11 du Code électoral, qui explique qu’il est possible de s’inscrire pour voter à Strasbourg dans deux cas :

  • Si on est propriétaire d’un appartement ou d’un garage à Strasbourg depuis au moins 2 ans. Pour s’inscrire, il suffit alors de se munir de son avis de taxe foncière.
  • Si on est dirigeant(e) ou actionnaire majoritaire ou unique depuis au moins 2 ans et qu’on paye des impôts à Strasbourg, comme notamment la CFE. Il suffit alors de se munir d’une attestation sur l’honneur, d’une inscription au rôle des contributions de la commune et d’apporter la preuve de son statut, qu’on soit dirigeant(e) ou actionnaire.
Si les gens pensent que c’est très important de voter dans leur commune, c’est tout à fait leur droit. Mais pour ceux qui considèrent que leur gagne-pain est plus important, ils peuvent s’inscrire sur les listes strasbourgeoises.
Jean-Philippe Vetter

Par cette originale initiative citoyenne, Jean-Philippe Vetter espère ainsi motiver près de 11 000 professionnel(le)s concerné(e)s. Le flyer explicatif sera édité à 2 000 exemplaires et sera ensuite distribué. Avec une logique : « Est-ce que ce n’est pas censé que des personnes qui vivent à Strasbourg au quotidien puissent s’exprimer ? » Pour Jean-Philippe Vetter, évidemment que oui. 

La place de la Cathédrale, presque un zone de non-droit

Ce 27 mars, le candidat aux prochaines municipales s’est d’ailleurs bien gardé d’attaquer frontalement l’action de la municipalité, restant focalisé sur son initiative. Tout juste souhaitait-il faire entendre un autre son de cloche après une « conférence de presse de Joël Steffen un peu trop positive », sur la dynamique du centre-ville strasbourgeois, le 21 mars dernier.

Si on mécontent, on peut prendre 5/10 minutes pour s’inscrire sur les listes électorales pour affirmer sa conviction.
Jean-Philippe Vetter

S’il a également parlé de sa proposition de remettre l’arrêté anti-mendicité agressive retiré par Jeanne Barseghian à sa prise de fonction, il s’est surtout contenté de laisser la parole à quelques commerçant(e)s du centre-ville. Qui, eux, avaient des doléances.

Celles-ci se sont particulièrement concentrées sur le secteur de la cathédrale qui, à les entendre, pourrait presque osciller entre un coupe-gorge et une zone de non-droit, où même les bichons ne se sentiraient plus en sécurité. Pour Jean-Marc Mura, gérant de l’Hôtel Cathédrale, « la place est devenue une zone de racket avec des pickpockets de plus en plus nombreux », tandis que « l’enthousiasme des clients s’est tari avec les années covid et le changement de municipalité ».

Des choses sont faites contre nous, et les règles ce n’est pas pour tout le monde.
Antoine Ghiles, gérant de La Grande Dame

Antoine Ghiles, gérant de La Grande Dame rue Mercière, regrette quant à lui de devoir « faire la police parce qu’on a des personnes qui font de la mendicité toutes les 5 minutes ». Hugo Bertani déplore que « des gens ne peuvent pas admirer la cathédrale tranquillement ».

Après tous ces constats, c’est finalement Isabelle Meyer qui aura le dernier mot. Anciennement de la famille propriétaire de la pâtisserie Christian avant son changement de main, l’élue d’opposition au conseil municipal n’aura pas eu la langue dans sa poche ce 27 mars, déclarant : « Si on veut ouvrir sa gueule pour Strasbourg, on vote à Strasbourg. » L’invitation est lancée.

cathédrale rue mercière
© Nicolas Kaspar / Pokaa

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