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Moziane Fayza, infirmière coordinatrice PRECCOSS Marion Daeffler, psychologue pour PRECCOSS

Diabète et problèmes de santé : ils font de l’obésité à Strasbourg leur combat

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En France, le taux d’obésité a doublé en l’espace de 30 ans, alors que le surpoids touche désormais un(e) Français(e) sur deux. À Strasbourg, de nombreux acteurs s’efforcent de traiter ce problème de santé publique, de la prévention à la chirurgie, en passant par l’innovation de traitement. Petit tour d’horizon des différentes structures médicales qui luttent contre l’obésité dans notre ville, et des personnes qui les composent.

L’obésité présente un problème de santé publique important, à Strasbourg et ses alentours. En effet, plus d’un adulte sur 5 résidant dans le Grand Est se retrouve en situation d’obésité, selon une étude des chercheurs de l’Inserm et du CHU de Montpellier, parue ce 20 février. Pour rappel, “être gros” n’est pas une façon de parler de l’obésité. Celle-ci, comme le surpoids, est une réalité médicale, signifiant un IMC supérieur à 30, contre 25 pour le surpoids.

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Pour tenter de régler ce problème croissant de santé publique, notre ville s’efforce, depuis plusieurs années maintenant, d’être à la pointe de la recherche, notamment dans la prise en charge de l’obésité et du diabète. Dans le privé, dans le public, pour les enfants, dans la prise de médicaments ou dans la solution chirurgicale, Strasbourg a plus d’une structure dans sa manche. On vous emmène les découvrir, ainsi que les personnes qui y travaillent.

Avant toute chose : établir un diagnostic du problème

Avant de pouvoir traiter l’obésité et le diabète, il faut savoir combien de Strasbourgeois(es) et d’habitant(e)s de l’Eurométropole sont concerné(e)s. En 2021, l’Observatoire régional de santé (ORS) rédige une cartographie du diabète sur le territoire, dans le cadre d’une convention avec Novo Nordisk et du projet Territoires de santé de demain. L’objectif ? « Produire un état zéro des données sur les patients diabétiques sur l’Eurométropole pour définir des secteurs prioritaires sur le territoire » selon Émilie Gardeur, directrice de l’ORS.

Première information : en 2019, 31 500 habitants de l’Eurométropole de Strasbourg sont pris en charge pour un diabète (type 1 et 2 confondus), un taux supérieur de 23 % au taux national. Les communes les plus touchées sont Strasbourg, Schiltigheim et Bischheim, soit des communes où la pauvreté est importante.

Une composante sociale du diabète qui se retrouve également au sein des quartiers de Strasbourg, où le taux de personnes touchées par le diabète est 4 fois plus élevé dans les quartiers populaires que dans les quartiers aisés

Avec cette cartographie, on se rend donc facilement compte que le diabète est un problème de santé publique important à Strasbourg et qu’il faut le traiter en prenant en compte l’accessibilité aux éventuels traitements, au vu de sa dimension sociale. Traiter ce problème passe également par le traitement de l’obésité, puisque celle-ci reste le premier facteur de risque du diabète, avec 80% des obèses étant diabétiques.

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© ORS Grand Est

1ère étape : la prévention du surpoids et de l’obésité dès la petite enfance avec PRECCOSS

La première étape nous emmène à Hautepierre, au sein du dispositif PRECCOSS, qui permet un accompagnement gratuit pour les enfants et adolescents en surpoids âgés de 3 à 18 ans et leur famille. Un dispositif crucial dans la prévention de l’obésité dès le plus jeune âge, un phénomène très présent à Strasbourg.

En effet, sur la période 2014­-2021, plus à 24 % des enfants strasbourgeois sont en surpoids. De plus, même pour les enfants, si on vit dans les quartiers populaires, on a bien plus de probabilité d’être en surpoids.

Ce n’est pas parce qu’un enfant est gros qu’il est malade. L’important, c’est d’être en bonne santé.
Moziane Fayza, infirmière coordinatrice PRECCOSS, et Marion Daeffler psychologue PRECCOSS

Ainsi, le dispositif PRECCOSS s’applique à prévenir le surpoids et l’obésité dès le plus jeune âge. Comme pour le sport santé, c’est le médecin qui pourra prescrire une ordonnance PRECCOSS. À ce moment-là, l’enfant rentre dans un parcours d’un an, reconductible. L’équipe, composée d’un médecin, d’une infirmière, une psychologue, deux diététiciennes, deux éducateurs sportifs enseignants en APA et une secrétaire, accompagne alors l’enfant et sa famille dans un parcours de soin personnalisé. Actuellement, 300 enfants sont suivis de cette manière.

Le point commun néanmoins ? Toujours un discours positif sur l’acceptation de soi, comme l’expliquent Moziane Fayza, infirmière coordinatrice, et Marion Daeffler, psychologue : « On devient des partenaires plutôt que des soignants ».

L’enfance représente en effet un moment charnière, où l’on découvre le regard des autres concernant notre corps, et le manque de confiance en soi qui peut en découler. Ainsi, aucun objectif chiffré n’est fixé en termes de perte de poids ; le travail se portera plutôt sur le changement d’habitudes alimentaires.

En plus de cela, le dispositif permet également d’accompagner les enfants vers des activités sportives réfléchies et adaptées, soit le « sport-plaisir ». Comme l’indiquent Moziane Fayza et Marion Daeffler : « Le sport ne doit pas être une contrainte. Certains enfants ont un vécu très douloureux sur le sujet, donc, notre objectif, c’est leur redonner goût au sport ». Et si le dispositif se concentrait au départ majoritairement sur les quartiers prioritaires de la Ville à cause de la prévalence du surpoids et de l’obésité, le dispositif est désormais disponible dans tout Strasbourg.

Moziane Fayza, infirmière coordinatrice PRECCOSS  Marion Daeffler, psychologue pour PRECCOSS
© Nicolas Kaspar/Pokaa

2e étape : l’accompagnement des patient(e)s à l’Institut Prévention Santé Diabète (IPSDE)

Toujours dans le quartier d’Hautepierre, on se dirige ensuite vers l’IPSDE. Son rôle ? « Être un centre de santé, plus orienté prise en charge patients diabétiques et obèses », selon Élisabeth Leloup, sa directrice. Depuis son ouverture en novembre 2020, il suit à peu près 3 000 patients à l’année, 2/3 pour le diabète et 1/3 pour l’obésité.

Concrètement, un(e) patient(e) obèse ou diabétique arrive pour une consultation, orientée par son médecin traitant. Selon Élisabeth Leloup, le but n’est pas de se mettre de suite au régime, mais plutôt de comprendre les causes de l’obésité. Et ainsi trouver la source du problème : « Le premier objectif c’est de faire en sorte que le patient arrête de prendre du poids. Donc on va mettre en place un accompagnement spécialisé, notamment avec des conseils alimentaires et une activité physique ».

Le diabète et l'obésité, on n’en guérit pas vraiment. Donc la question, c’est comment se prendre en charge pour bien gérer sa maladie.
Élisabeth Leloup, directrice de l'IPSDE

Avec leur équipe de médecins spécialisés en obésité et en diabète, en plus d’une équipe paramédicale avec une diététicienne, deux infirmières et une infirmière en pratique avancée, l’IPSDE veut accompagner ses patient(e)s le plus rigoureusement possible. Avec un dispositif de télésurveillance, de « l’éducation thérapeutique », ou encore avec un parcours de santé pour que les patient(e)s apprennent à comprendre leur maladie pour mieux la gérer. Il y a enfin une salle de sport, afin de proposer de l’activité physique adaptée dans les locaux.

3e étape : le traitement de l’obésité sévère aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg

Parfois, l’obésité ou le diabète peuvent être plus sévères pour les patient(e)s. Et cela demande une réponse plus importante et adaptée. C’est à ce moment-là qu’entre en jeu le le CSO Alsace, localisé à Strasbourg et aux HUS. Coordonné par le Professeur Alain Pradignac, il prend en charge les obésités sévères et complexes depuis dix ans. Sa mission ? « Animer le filière de prise en charge de l’obésité en allant au niveau 1, médecine générale, au niveau 3, le niveau expert ».

Concrètement, la prise en charge concerne alors des patient(e)s avec une surcharge pondérale très importante, et des IMC > 50, ou des patient(e)s aux obésités moindres, mais avec des co-morbidités nombreuses et difficiles à gérer. Après consultation avec un médecin qualifié, ils se verront proposer un parcours de soins adapté, qui débute par des modifications thérapeutiques du mode de vie. Si la prise en charge se révèle plus complexe, il lui sera proposé un séjour en soins de suite et réadaptation, ou encore des médicaments, dont certains, comme le Wegovy, sont remboursés.

Sur le plan médical les choses bougent, notamment par la mise à disposition des médicaments de l’obésité.
Professeur Alain Pradignac

Et justement, la recherche et l’innovation ne cessent de progresser dans le domaine du traitement de l’obésité. Pour le Professeur Pradignac, c’est une bonne chose : « Cela permet de faire bénéficier aux patients de médicaments efficaces pour faire perdre du poids, en étant totalement réversible, contrairement aux opérations où ce n’est pas tout le temps possible ».

Ainsi, le COS Alsace participera à deux essais cliniques dans les mois à venir sur la prise en charge de patients obèses avec des co-morbidités. En phase 3, soit juste en amont de la commercialisation, ces essais devraient permettre aux laboratoires d’obtenir un remboursement et donc d’étendre la prise en charge des patient(e)s obèses. Une carte de plus dans la manche pour lutter contre l’obésité, sans devoir recourir à la chirurgie.

professeur alain pradignac
© Nicolas Kaspar/Pokaa

4e et dernière étape : la chirurgie baryatrique au Nouvel Hôpital Civil

On finit notre périple au NHC, en plein coeur du campus de l’Hôpital civil. En effet, comme « l’obésité est une maladie chronique » selon Michel Vix, responsable du programme de chirurgie bariatrique et métabolique aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, le dernier recours existant pour traiter l’obésité reste parfois la chirurgie bariatrique. En France, 50 000 patient(e)s sont en effet opéré(e)s chaque année.

À Strasbourg, les patient(e)s arrivent pour un bilan pré-opératoire, où est abordée la phase chirurgicale et ensuite celle de suivi. Des examens sont alors réalisés, ainsi que 6 ou 7 consultations chez le psychiatre, l’endocrinologue, le cardiologue, le gastroentérologue avec l’anesthésiste dans la boucle. Un suivi forcément très étoffé, encore complété par une réunion de consultation pré-chirurgie pour vérifier que tout est dans les clous. 

On a une belle offre de prise en charge intensive des patients, avec un dispositif où presque tout est gratuit.
Docteur Michel Vix, responsable du programme de chirurgie bariatrique et métabolique aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg

Niveau innovation, plusieurs techniques sont déjà en cours. Pour le moment, la plus connue reste la sleeve, soit « transformer l’estomac en tube », selon Michel Vix. Il y a ensuite le gastric bypass, « une intervention solide qui permet des pertes de poids intéressantes ». Et enfin, la Sadi-S, qui va plus loin que la sleeve, en rajoutant une partie de dérivation en sortie de l’estomac, intervention très difficile sur le plan technique et qui demande un suivi important.

Pour le futur, des innovations concernant le traitement endoscopique de l’obésité sont à l’étude, avec l’une des premières méthodes de ce genre développée à Strasbourg, conjointement avec d’autres centres. Pour résumer, cela permet de réduire le volume gastrique, apportant une réduction pondérale sans chirurgie véritable. Pour le moment, cette méthode est réalisée dans le cadre d’études, qui donnent d’ailleurs de très bons résultats.

Fin du tour strasbourgeois des structures prévenant et/ou traitant l’obésité et le diabète. Alors que ces maladies chroniques augmentent année après année à Strasbourg comme en France, et ne disparaîtront pas de sitôt, il est appréciable de savoir que l’on a différentes solutions pour essayer de mieux vivre.

michel vix chirurgie bariatrique
© Capture d'écran Youtube - Visible Patient

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