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Ville pauvre, ville inégalitaire et ville jeune : Strasbourg sous l’œil des statistiques

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Le 3 novembre dernier, la Ville rendait publique son analyse des Besoins Sociaux, une grosse enquête statistique visant à adapter au mieux sa politique sociale. L’occasion pour nous de comparer ces nouvelles données à celles d’il y a trois ans, pour comprendre l’évolution de la vie à Strasbourg.

Pour comprendre notre ville, parfois, les statistiques ont du bon. Elles permettent de poser des chiffres crus sur une réalité qui l’est tout autant. Il y a trois ans maintenant, loin des clichés de carte postale ou du ressenti personnel, on vous partageait un article qui examinait Strasbourg sous toutes ses coutures, dans la beauté froide des statistiques.

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On s’était alors rendu compte que notre ville avait un taux de pauvreté très élevé, qu’elle était inégalitaire ainsi que profondément jeune. La publication récente de nouvelles statistiques par la Ville est donc une bonne occasion d’examiner de nouveau Strasbourg, à travers le prisme des chiffres, pour voir si, trois ans après, les choses ont changé.

Strasbourg, une ville avec une population qui augmente

Premier enseignement : Strasbourg continue d’étoffer sa population, année après année. Selon les dernières statistiques de l’INSEE, plus récentes que celles de la Ville, il y a désormais 287 228 Strasbourgeoises et Strasbourgeois. En 6 ans, la population strasbourgeoise a donc augmenté de 4,17 %. La dynamique démographique est telle que, dans à peine 4 ans, la population de Strasbourg pourrait dépasser les 300.000 habitants.

Par ailleurs, Strasbourg reste une ville particulièrement jeune, avec 45,1 % de ses habitant(e)s ayant moins de 30 ans, parmi lesquels 57 000 étudiant(e)s. À noter tout de même que la part de Strasbourgeois(es) des moins de 20 ans diminue par rapport à celle des plus de 60 ans.

Si vous souhaitez vous installer à Strasbourg et que vous recherchez un quartier jeune, il faudra plutôt vous diriger vers Bourse-Krutenau ou le Centre-Ville, des quartiers proches du campus, qui comptabilisent chacun plus de 40% de personnes entre 18-29 ans. À l’inverse, si vous recherchez plus de tranquillité, les quartiers Neuhof-Village, Meinau-Villas, Cité de l’Ill et Robertsau pourront vous satisfaire, avec leur taux de personnes âgées de 60 ans supérieur à 25%.

fête de la musique
© Hugo Favre - Napoli / Pokaa

Strasbourg, ville de plus en plus pauvre

Le problème c’est que, en même temps qu’elle augmente, la population s’appauvrit. C’était d’ailleurs la plus grande « surprise » de notre article il y a trois ans : Strasbourg est une ville (très) pauvre. Lot de toutes les grandes villes, la pauvreté est néanmoins plus présente dans notre capitale de Noël qu’ailleurs.

En effet, le taux de pauvreté s’élève à 26 % (contre 22,1 % il y a trois ans), supérieur de 4 points à celui de la moyenne des grandes villes et de plus de 10 points à la moyenne française (14,6%).

Ainsi, près de 35 000 ménages strasbourgeois vivent sous le seuil de pauvreté, soit moins de 1 063 euros par mois pour une personne seule, avant prestations sociales. Là-dedans, la jeunesse trinque : 40 % des moins de 30 ans sont concernés. Pour les familles mono-parentales strasbourgeoises, c’est encore pire, puisqu’un ménage sur deux se trouve dans cette situation.

Plus de deux tiers des ménages strasbourgeois sont dépendants d'une allocation pour compléter leur revenu. Une précarité qui touche tous les quartiers.

Et forcément, si la pauvreté augmente, le recours aux prestations sociales pour (sur)vivre s’accroît également. Résultat des courses : 90 518 personnes se retrouvent bénéficiaires d’au moins une allocation à Strasbourg, un nombre en augmentation de 18,7 % depuis 2013. 

Par ailleurs, pauvreté et précarité frappent indistinctement tous les quartiers strasbourgeois. En effet, le nombre d’allocataires totalement dépendants des prestations a augmenté de plus de 30 % un peu partout. Les seuls quartiers où ce taux n’augmente pas ? Les quartiers les plus populaires, où la situation est déjà alarmante.

Strasbourg solidaire grande précarité
© Adrien Labit / Pokaa

Strasbourg, ville de plus en plus inégalitaire

Forcément, quand Strasbourg s’appauvrit, les inégalités augmentent aussi. Strasbourg possède un revenu annuel médian plus faible que celui de la France, du Grand Est et du Bas-Rhin. En effet, selon l’INSEE, en 2019, le revenu annuel médian strasbourgeois s’élève à 19 220 €. Une donnée qui en cache une autre : le revenu médian des 10 % les moins riches tourne autour de 9 450 € tandis que celui des 10 % les plus riches s’établit à 40 000 €.

Un(e) Strasbourgeois(e) dans les 10 % les plus riches gagne 4,2 fois plus qu’un(e) Strasbourgeois(e) dans les 10 % les plus pauvres.

La situation n’est pas la même selon les quartiers : 7 se trouvent à moins de 20 % de taux de pauvreté contre 8 à plus de 30 %. De manière plus marquante, un ménage sur deux de Neuhof-Cités vit sous le seuil de pauvreté, contre un habitant sur treize dans celui de l’Orangerie-Conseil des XV.

On peut même déceler de fortes inégalités au sein d’un même quartier. Pour Cronenbourg, le taux de pauvreté varie en effet entre 16 % si l’on habite au Vieux-Cronenbourg, contre 41 % à Cronenbourg-Cité Nucléaire

Strasbourg, ville précaire

Logiquement, Strasbourg est également une ville où la précarité augmente. En premier lieu, le chômage. Strasbourg se trouve sur le podium des taux de chômage les plus élevés de France. Avec 12,1 %, elle prend en effet la 3ème place des grandes métropoles françaises.

Ce taux de chômage se révèle particulièrement volatile selon le lieu de résidence. Il varie en effet entre 6 % à Meinau-Villas et 21,8 % à la Cité de l’Ill. De manière plus globale, 16 quartiers strasbourgeois ont un taux de chômage supérieur à 11,2 %, soit le taux de chômage de l’Eurométropole.

En 2019, un(e) Strasbourgeois(e) sur trois qui travaille occupe un emploi précaire ou fragile.

Si le chômage reste élevé à Strasbourg, la situation de l’emploi n’est pas non plus reluisante, avec une précarisation toujours plus forte. En 2019, 22 176 Strasbourgeois(e) occupait un emploi dit « précaire », soit un CDD, de l’intérim, un contrat aidé ou de l’apprentissage.

Dans le même temps, plus de 10 000 Strasbourgeois(es) occupent un emploi dit « fragile », soit un temps partiel, une micro-entreprise ou un contrat d’aide familiale. Ainsi, avec un chômage qui augmente en même temps que la précarité de l’emploi, la situation n’est définitivement pas rose dans l’ancienne capitale de l’amour.

En trois ans, la situation n’a pas vraiment évolué pour le mieux à Strasbourg. Les inégalités se sont creusées, la pauvreté a encore augmenté et la précarité de l’emploi s’est développée. Et s’il est bon de rappeler que Strasbourg n’est pas la seule ville française dont la situation se dégrade, notre ville a tout de même besoin « d’équité territoriale », mantra répété à foison par la municipalité. Et qui n’a jamais autant été d’actualité.

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© Hugo Favre Napoli/Pokaa

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