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Jérémy Reynaud, l’artiste strasbourgeois qui veut faire « ressentir la musique »

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Créer en se jouant des frontières entre l’art visuel, l’art sonore et l’art immersif. Voilà l’une des propositions de Jérémy Reynaud, un jeune artiste installé à Strasbourg, attiré autant par le travail de la matière, notamment le métal, que par celui du son. À travers ses installations immersives, il invite le spectateur à vivre l’expérience de ressentir la musique. 

Il est des artistes qui façonnent la matière, ceux qui partagent des émotions grâce au son. Puis il y a ceux qui floutent les frontières et mélangent les arts. Jérémy Reynaud est de ceux-là. Au travers de ses créations, l’artiste de 25 ans explore l’art sous différentes coutures : l’art que l’on voit, celui que l’on écoute mais surtout, celui que l’on ressent. 

L’univers de Jérémy Reynaud, installé à Strasbourg, c’est la rencontre entre le travail de la matière, le métal notamment, et le monde du sound system. 

 

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Plus jeune, suite à un stage où il découvre le travail du métal, Jérémy s’oriente vers un CAP ferronnerie puis s’inscrit à l’école d’art ENSAAMA Olivier de Serre à Paris, en sculpture sur métal. Parallèlement à cet intérêt pour le travail du métal, Jérémy, depuis son adolescence passée dans le sud de la France, est bercé par la culture du sound system.J’avais un sound system, avec des amis, dans le sud de la France. On organisait des soirées, le côté sonore je l’ai appris comme ça”, se souvient le Strasbourgeois d’adoption.

Les deux univers s’entremêlent alors peu à peu dans l’esprit de Jérémy et dans ses créations. C’est toutefois en section art objet, en atelier métal qu’il intègre finalement la HEAR, à Strasbourg, tout en continuant d’écouter les sirènes de l’art sonore qui l’appelaient.

JEREMY REYNAUD 5
© Document remis

Le son donne vie à la matière

C’est aussi pour prendre le temps d’explorer la création sonore que Jérémy part, lors de sa quatrième année à la HEAR, pour cinq mois de découverte au Mexique. Un voyage initiatique à la rencontre de facteurs d’instruments. “À l’origine, je suis parti me balader avec mon sac, pour enregistrer des sons dans la nature et travailler avec des gens sur place”.

Là-bas, il débute son voyage dans une communauté autonome où il pratique la permaculture et participe à l’enregistrement sonore d’un festival. Il poursuit son aventure chez un facteur d’instruments traditionnels maya, avec lequel il apprend à fabriquer un tambour maya. Enfin, il rencontre Hernan Vargas, qui crée des instruments de musique en céramique. Ensemble, les deux hommes expérimentent et créent un prototype d’instrument où l’air d’un haut-parleur, vient souffler dans des flûtes en céramique. 

 

jeremy reynaud 4
© Document remis

Fort de ces expérimentations et de ses enregistrements dans la nature mexicaine, l’étudiant strasbourgeois, revient plein d’idées et d’inspirations en terres alsaciennes. Peu à peu Jérémy décide alors d’allier le travail de la matière, au travail du son. Progressivement, ses œuvres ne font pas que se regarder, que s’écouter : elles expérimentent.

Le son donne vie à la matière et fait vivre au public un moment, plus qu’une observation. Parmi ses expérimentations, “Destruction” est une œuvre s’autodétruisant par la son. “J’avais trouvé un tronc dans la cour de l’école, en train de pourrir. J’ai pensé à mettre un haut-parleur à l’intérieur pour faire vibrer sa structure et le décomposer avec le son. Il y avait des fréquences de 20 à 1000 hertz et on voyait les morceaux tomber petit à petit, jusqu’à ce qu’il soit sec”, décrit-il.

De la HEAR au conservatoire

Peu à peu, les œuvres de l’artiste prennent vie et impliquent le spectateur, invité à vivre une véritable expérience. En mélangeant sculpture et musiques en basses fréquences, Jérémy crée des œuvres immersives, qui se ressentent physiquement.Ce sont des créations orientées sur le ressenti du son”, explique l’artiste, avant de détailler : “Je viens de la culture sound system. Dans ce genre de session, tu sens la pression acoustique, ça te remue, j’adore ça.

C’est donc cette sensation que Jérémy tente de reproduire dans certaines de ses œuvres. “J’appelle ça du bassage, c’est comme un massage par les basses.” Pour ça, Jérémy a commencé par brancher des haut-parleurs à une chaise et un lit transformés pour l’occasion. “C’est hyper agréable”, témoigne-t-il. 

 

JEREMY REYNAUD 2
© Document remis

Dernièrement, c’est un cercueil en bois qu’il a conçu. Le spectateur se glisse alors à l’intérieur, porte un casque anti-bruit l’isolant notamment des hautes fréquences puis se laisse masser par le mouvement provoqué par les basses fréquences. Parallèlement à ces créations, Jérémy étudie alors l’effet des basses fréquences et plus généralement du ressenti de la musique sur le corps humain.Dans mon mémoire de fin d’étude j’ai essayé d’approfondir le sujet de la musicothérapie et de ce que le son et les basses fréquences peuvent faire au corps et au vivant. Je continue d’explorer ces thématiques”, résume-t-il.

Désormais diplômé de la HEAR mais attaché à poursuivre ses explorations, Jérémy a intégré à la rentrée le conservatoire de Strasbourg, en formation “Création électroacoustique”. Parallèlement, l’artiste strasbourgeois continue de présenter ses œuvres au cours de diverses expositions. “ Ce que j’aimerais dans l’idéal, c’est pouvoir continuer à faire des créations, des installations, du son, des sculptures… et de pouvoir en vivre”, conclut Jérémy. En attendant,  il devrait être possible de tester son Cercueil de Bassage lors de la prochaine édition du festival Exhibitronic, à Strasbourg.


Le travail de Jérémy Reynaud est à retrouver sur jeremyreynaud.com
Instagram : jeremy__reynaud

JEREMY REYNAUD
© Document remis

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