Travailler dans une fraise, c’est possible. A condition d’aimer le soleil de juin et l’odeur de ce fruit juteux. En Alsace le mois de juin est dédié à la récolte et à la cueillette de ce délicieux fruit rouge, juste après la saison des asperges. Immersion au Jardin des fraises à Nordhouse.


A 21 km au sud de Strasbourg en passant par la RN83 direction Erstein, vous avez surement déjà croisé une fraise géante s’agiter au vent depuis la route. Planté au milieu des champs à Nordhouse, le Jardin des fraises s’étend sur 9 hectares où sont alignés méticuleusement 300 000 plants de fraises.

Installée dans ma fraise, entourée de nectar et de barquettes, je pèse et j’encaisse. Je deviens une experte de la tare. En un coup d’oeil, j’arrive à deviner le poids de n’importe quel contenant. Le sceau à choucroute, c’est 150 grammes ! (une bonne info à placer en date). Pour la cueillette, les gens débarquent avec ce qu’ils leurs passent sous la main : brouette, panier à vélo, filet de pêche, bouteille en plastique découpée, sceau à pop corn… Toutes les tailles et toutes les formes. Comme les fraises. Il y en a des minuscules, des plus grosses, des feuillus, des toutes nues, des mignonnes, des moins belles (mais tout aussi bonnes).



Les mamies, stars de la cueillette

7h45. Les premiers clients attendent l’ouverture. L’odeur des fraises embaument déjà les narines des plus matinaux. Des mamies déterminées à dépouiller les parcelles pour faire des confitures. Le stock pour l’année. Elles viennent, chapeaux vissés sur la tête, avec leur panier (le même depuis 15 ans) choisissent une ligne et s’accroupissent. Les gestes sont rapides et répétitifs, les fraises s’entassent et leurs mains deviennent toutes rouges. Avant de passer à la caisse, elles ratchent et détaillent en long et en large leurs recettes. « Le secret pour une confiture bien épaisse, c’est de laisser macérer les fraises toute la nuit », « Pâte sablée, une bonne crème pâtissière, des fraises coupées et hopla ».

Côté client il y en a pour tous les goûts : certains viennent avec le melon, d’autres avec la banane et moi je garde la pêche. Entre deux pesées, j’en profite pour goûter (je valide) et je ne suis pas la seule. Les enfants reviennent du champ, rouges de la tête au pied, ambiance massacre à la tronçonneuse. A chaque fois, la même question revient dans toutes les bouches : « Où sont les plus sucrées ? » Ça, c’est une affaire de goût mais pour qu’une fraise soit bonne, il faut que le soleil la bichonne.



Des fraises gorgées de sucre grâce au soleil

Cette année, la saison a commencé avec deux semaines d’avance. Ici, les fraises ne sont pas traitées. Elles sont parfumées et bien juteuses. L’accent est mis sur l’agriculture raisonnée et le circuit-court. Plusieurs variétés sont cultivés par Olivier Grinner, maître des lieux. Des Téa, Faith, Deluxe, Lambada, Malwina. Et non, ce n’est pas une liste d’appel de l’école maternelle du village !

Toute la journée ça défile. Entre potes ou en famille, en cueillette, on se fend la poire. A genoux, au milieu des champs, d’autres sont là pour la compét. En 15 minutes chrono, ils ramènent 12 kilos. Moins aguerris, les citadins, eux, sont vite repérés : chemise blanche, mocassin, éprouvés (et fiers) d’avoir ramassé 1,5 kilos. « C’est pour le tiramisu à la fraise sans gluten. »

Si t’as envie de passer un bon moment, de te reconnecter avec la nature et de te gaver de fraises (autres que des Tagadas), tu sais où aller. La fraise gonflable te fera coucou depuis la route et Olivier et son équipe t’accueilleront avec passion jusqu’à la fin de la saison, estimée au 10 juillet.

Doriane WILLM

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here