Une nouvelle année qui débute signifie un nouveau budget annuel pour la municipalité strasbourgeoise. Après une première année à poser les différentes grandes orientations de leur politique, les écologistes souhaitent désormais aller vers du plus concret. Un des exemples, évoqué lors du prochain conseil municipal : le plan d’action Droits des femmes et égalité de genre 2022-2024.

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant ». Cette citation de Simone de Beauvoir, provenant du livre Le Deuxième Sexe, a été reprise par Jeanne Barseghian ce jeudi 27 janvier lors de la conférence de presse préalable au conseil municipal du 31 janvier. Le sujet ? Le plan d’action Droits des femmes et égalité de genre 2022-2024, qui fait partie des discussions sur le budget de la Ville.

Conseil municipal 15 novembre 2021
© Capture d’écran Conseil municipal 15 novembre 2021


Une plan d’action « inédit par son ambition et par son ampleur mais aussi par sa radicalité »

Ce plan d’action est le troisième déployée par la Ville de Strasbourg, mais le premier de la municipalité écologiste. Il représente une « déclinaison concrète » de la politique de la Ville, selon Jeanne Barseghian. Pour la maire, ce plan doit permettre de lutter « résolument contre les inégalités dans notre ville, quelles qu’elles soient », incarnant le refus de la Ville « de voir des droits reculer, des inégalités se creuser ». Ainsi, le budget alloué à ce plan d’action a été triplé, une promesse de campagne de Jeanne Barseghian, pour atteindre 415 000 euros annuels. « Des moyens toujours pas suffisants », concède Syamak Agha Babaei, qui ajoute néanmoins : « C’est un bond par rapport au mandat précédent ».

Ainsi, la municipalité souhaite, à travers ce plan, mettre sur pied une action volontariste concernant l’égalité de genre et le droit des femmes. Comme l’exprime Jeanne Barseghian, le plan d’action est « inédit par son ambition et par son ampleur mais aussi par sa radicalité ». En effet ces sujets ne sont pas « une petite case qu’on coche », selon la maire. Au contraire, « cela doit irriguer nos politiques publiques ».

© Capture d’écran conseil municipal du 14 décembre 2020


Trois grandes priorités pour les années à venir

Pour détailler les différentes orientations du plan, Christelle Wieder prend la parole. L’adjointe chargée des droits des femmes et de l’égalité des genres présente les trois grandes priorités du plan d’action :

  • Garantir l’égalité professionnelle au sein de l’administration
  • Irriguer la Ville d’une culture de l’égalité
  • Soutenir, encourager et favoriser les initiatives locales et les politiques publiques en faveur des droits des femmes et pour l’égalité


Réduire les inégalités professionnelles à l’Eurométropole

La première priorité repose ainsi sur une volonté de réduire les écarts de salaire. Au niveau local, Syamak Agha Babaei explique que dans le top 100 des salaires de la collectivité à Strasbourg, il y a environ 1/3 de femmes, malgré le fait qu’elles représentent 51,7 % des agents de la collectivité. Ainsi, le premier adjoint explique que « nos mesures vont mettre du temps à inverser cette tendance structurelle, surtout dans les filières les plus valorisées financièrement ». Des filières sécuritaires ou techniques, encore majoritairement occupées par des hommes.

C’est pourquoi la municipalité ne veut pas seulement aborder la question de l’égalité sous le prisme des salaires. Elle souhaite également réfléchir à une répartition plus juste des opportunités de carrière. En d’autres termes : mettre en place un plan de formation pour s’adresser aux recruteurs, aux manageurs et aux femmes susceptibles de progresser dans leur carrière. À terme, 1 700 000 euros seront alloués à cet objectif.


Soutenir les associations

La deuxième priorité concerne la culture de l’égalité dans la Ville. Pour Christelle Wieder, cela passe par soutenir les acteurs locaux. Concrètement, sur les 415 000 euros du plan d’action, 200 000 euros reviendront aux associations locales et féministes. L’adjointe évoque notamment une permanence du planning familial sur le campus de l’Esplanade, afin de garantir un meilleur suivi des étudiants et étudiantes. Mais également afin de recueillir la parole des personnes victimes de violence.

Cette « irrigation d’une culture de l’égalité » passe également par différentes actions dans les quartiers de la Ville. On peut déjà évoquer une mobilisation d’artistes féministes dans le quartier de l’Esplanad. Ou encore des ateliers d’auto-défense au Port du Rhin. Pour plus de détails sur le reste de ces actions, Christelle Wieder nous donne rendez-vous à la mi-février.

© Thibault Vetter


Intégrer la question de l’égalité dans les politiques publiques

Dernière grande priorité de ce plan d’action : repenser la façon de mener les projets en intégrant la question de l’égalité. Plus concrètement, faire attention à ce que les politiques menées par la collectivité prennent en compte la place des femmes. Pour les projets déjà en cours, on peut notamment évoquer la végétalisation des cours d’école, qui a permis à la municipalité de repenser l’usage des cours d’école, ce qui avait fait débat au conseil municipal du 17 novembre 2020. La Ville souhaite alors accompagner les équipes pédagogiques sur cette thématique.

Toujours dans le domaine de l’urbanisme, Christelle Wieder a évoqué le travail du groupe Genre et ville, qui réunit des professionnels de de l’urbanisme et de l’aménagement urbain. Le but ? Créer une ville plus inclusive, en formant les acteurs de ces secteurs. Enfin, dans le domaine du sport, la Ville compte procéder à quelques expérimentations concernant la prise en compte du genre dans les financements et des commandes publiques sur le sujet.

Voté le 31 janvier prochain lors du conseil municipal, le plan d’action Droits des femmes et égalité de genre 2022-2024 représente la première pierre des politiques de la Ville concernant ces sujets. Une politique dense et des objectifs louables, qu’il s’agit désormais de décliner de façon concrète. Il faut dire que, après plus d’un an et demi aux manettes, le temps commençait à se faire long.

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