Frappée de plein fouet par la crise financière due à la pandémie de Covid-19, la crèche parentale Les Fripouilles se retrouve en grande difficulté financière. Les parents se mobilisent pour éviter que la structure associative ferme ses portes à la rentrée prochaine et on lancé une cagnotte.


Paco (14 mois), Pierre-Louis (2 ans et demi), Tom (4 mois et demi), Salomée (7 mois), ou encore Joshua (20 mois), ils sont accueillis chaque jour à la crèche parentale Les Fripouilles. Située dans le quartier de la Robertsau, la structure associative est née il y a maintenant plus de 30 ans. Mais pour la première fois, elle se retrouve dans une situation financière délicate et sans surprise, le Covid n’y est pas étranger.

crèche les Fripouilles
© La crèche les Fripouilles / Doc remis


Une crèche associative, où les parents mettent la main à la pâte

À la différence d’une crèche classique, la crèche Les Fripouilles repose sur un statut associatif. La structure n’est donc pas autorisée à faire de bénéfices et fonctionne grâce à la facturation des parents tous les mois, mais aussi aux subventions de la CAF et de la Ville. Les parents prennent également part au fonctionnement de la structure en assumant des permanences et en participant à des commissions pour gérer les aspects administratifs et les achats.

Fraîchement arrivée à Strasbourg, Adèle Lovatin y a inscrit son petit garçon de 14 mois en septembre dernier. Comme les autres familles, elle s’investit dans la crèche parentale et consacre une demi-journée par semaine de son temps à participer au quotidien de la crèche. Moi, c’est le jeudi matin. Je participe à l’accueil, on joue et ensuite on fait une sortie en extérieur. Chez nous, c’est un axe pédagogique très important, on propose généralement deux sorties par jour. On a un jardin familial dans le quartier qui est à nous. Ça permet aux enfants de s’éveiller à la nature et à l’écologie.” explique la mère de famille.

Un fonctionnement qui convient à tous les parents, mais qui repose malheureusement sur une économie fragile comme le précise Adèle : “Comme on ne fait pas de bénéfices, s’il y a un coup dur, on n’a pas de matelas financier pour absorber. Ce modèle a plusieurs failles économiques. Si on n’a pas d’ aide de la part de nos financeurs publics, c’est compliqué.” En attendant, le modèle semble tout de même avoir du succès, puisque depuis janvier, la crèche affiche complet. Onze enfants sont accueillis chez Les Fripouilles, sous la surveillance de quatre professionnels salariés.

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© La crèche les Fripouilles / Doc remis


Des difficultés financières liées au Covid

La cause de ces difficultés ? Une répercussion à rebours du Covid et des nombreux confinementsindique Adèle. Les subventions de la structure sont en fait calculées sur un budget prévisionnel de deux ans. En 2022, la crèche a donc été subventionnée sur une prévision de 2020. Or, la fermeture de la crèche pendant les confinements successifs, le retrait de certains enfants lorsque les parents étaient en télétravail, ou bien malades, a largement réduit le nombre d’heures de présence des enfants qui était prévu. Résultat : la crèche doit rembourser un trop-perçu auprès de la Ville, ce qui implique un trou de plusieurs milliers d’euros à combler. C’est suffisant pour qu’on ne puisse pas payer les salaires de nos professionnels.” précise la maman strasbourgeoise.

Depuis le début de la crise Covid, la crèche n’a donc pas fonctionné dans sa pleine capacité. Mais depuis janvier, la situation est retournée à la normale et elle accueille son nombre maximal d’enfants : “On n’a jamais connu ce type de situation. C’est pour ça qu’on sait que c’est en corrélation avec le Covid.

Et si depuis la semaine dernière, des arrangements avec la Ville et la banque ont été trouvés, “Ça nous fait gagner du temps” reconnaît Adèle, ils ne permettront de tenir que jusqu’au mois de mars voire juillet ou août. Sans coup de pouce, Les Fripouilles ne pourront donc pas rouvrir leurs portes en septembre 2022.

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© La crèche les Fripouilles / Doc remis


Une cagnotte, des élus sollicités et des parents mobilisés

Suite à l’appel des parents, la Ville a indiqué qu’elle ne verserait pas d’aide exceptionnelle en faveur de la structure. Les parents prévoient donc de rencontrer des élus au cours de la semaine prochaine, parmi lesquels Marc Hoffsess, l’élu du quartier de la Robertsau et espèrent qu’ils pourront leur proposer d’autres solutions.

En parallèle, une cagnotte pour soutenir la crèche a été lancée. Pour le moment, près de 2 500 euros ont déjà été récoltés. Une belle somme accumulée en très peu de temps, qui reste cependant loin d’être suffisante. Mais Adèle et les autres parents ne comptent pas baisser les bras. Selon elle, la spécificité de la structure, c’est aussi que les membres qui la composent font preuve d’une solidarité à toute épreuve : “Tom par exemple, il vient d’arriver. Ses parents ont vécu leur toute première AG en apprenant la situation de la crèche et ils se sont tout de suite relevé les manches. Les parents de Pierre-Louis, eux, sont très engagés dans le sauvetage de la crèche alors qu’il est grand et qu’il va très bientôt partir. Ils sont H24 en train de trouver des solutions, de courir chez le banquier, aux rendez-vous avec les élus, etc. On est tous ensemble, c’est assez fort.” 

Pour sauver la crèche associative, les parents s’investissent donc tous à leur manière. Adèle fait d’ailleurs remarquer que l’option la plus simple aurait sans doute été de mettre la clef sous la porte et d’inscrire les enfants ailleurs ou bien de rouvrir une nouvelle structure. Mais il semblerait que ces parents déterminés n’aient pas choisi la facilité : “Comme le dit notre trésorier, on a fait le choix de la loyauté envers nos salariés et pour défendre ce projet. Même si ça nous demande du temps et de l’investissement.

Pour aider Les Fripouilles, c’est par ici !

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