Ce dimanche 16 janvier, le Racing Club de Strasbourg retrouvait pour la première fois de l’année son château. Une Meinau bien dépeuplée de ses fidèles, puisque les jauges ont fait un retour fracassant dans nos vies. 5 000 personnes au lieu de 25 000, pas de sandwich-merguez, de tartes flambées ou de bières. On se trouvait dans cette ambiance particulière et on vous raconte.

On aurait aimé meilleur retour dans le passé, comme ceux effectués dans Code Lyoko. Depuis début janvier, les mesures Covid à grande échelle sont revenues dans nos vies avec l’attrait d’une pizza à l’ananas. Rendez-vous compte : on retrouve une jauge de 5 000 personnes à la Meinau, un an et demi après. Et à tout cela se rajoute même l’interdiction de consommer de la nourriture et des boissons dans l’enceinte du stade. Contre Montpllier, une de nos bêtes noires. Si on prend aussi en compte les températures du mois de janvier en Alsace, difficile d’imaginer que tout cela n’est qu’un grand complot contre la convivialité.


Une organisation chaotique

Bon an mal an, les supporters arrivent devant une Meinau grisâtre. Comme si elle non plus n’avait pas envie de s’amuser.  Si la quête d’un billet ressemblait à un long voyage qui n’aurait pas effrayé Ulysse, l’accès au stade pousse le curseur encore plus loin. Pour s’adapter aux conditions sanitaires, le Racing a décidé d’ouvrir les portes du stade à… 14h. Alors que la rencontre débute à 15h. Et la club a également décidé de n’ouvrir qu’une seule entrée. Forcément, Bison Futé a prévu un dimanche noir sur le sens de la Meinau. Pour les distanciations sociales, on repassera.

Les nombreuses files d’attente avancent à leur rythme, mais semblent le faire un peu plus lentement que les minutes qui s’égrènent avant le début du match. Une fois dans la Meinau, à peine le temps de se rendre compte de la tristesse des stands vides de tartes flambées, de spaetzles ou de boissons, qu’il faut s’installer à sa place. Surprise lors de l’annonce des joueurs : Jean-Luc Filser n’est pas au micro, sans doute pas encore remis de son malaise lors du match face à Marseille. Force à toi Jean-Luc, ta voix manque à la Meinau. Décidément, les étoiles ne semblent pas alignées en ce dimanche après-midi.


Une chouette ambiance, au vu des circonstances

Très vite, un fait météorologique vient contredire l’état d’esprit morose qui s’était installé. Dès le début du match, le soleil apparaît pour illuminer le terrain, où nos onze Strasbourgeois commencent par se faire dominer par leurs homologues montpelliérains. Malgré l’absence des UB 90 au stade pour protester contre la jauge, alors qu’ils ont encouragé les joueurs avant leur entrée à la Meinau et qu’ils ont déployé une banderole, des chants retentissent de la tribune Ouest. La majorité des supporters présents les entonnent joyeusement. Comme pour se réchauffer les coeurs, alors que les nez coulent et que les extrémités gèlent. Certains ont même ramené les plaids.

Malheureusement, comme s’il ne faisait pas assez froid, Montpellier décida de faire descendre le thermomètre sous zéro. Le club de l’Hérault ouvre en effet la marque par l’intermédiaire de Florent Mollet, plus bourreau que héros pour le Racing à la Meinau. En plus, c’est un pur produit messin. 1-0 contre Strasbourg, le moral n’est pas au beau fixe. Surtout que Gameiro, peu en confiance depuis son retour, touche la barre, et que le gardien montpelliérain multiplie les parades. Malgré tout, malgré le froid, la jauge et le score, cette saison rien n’arrête les Bleus et Blancs, qui continuent de pousser. Signe que cette année, il y a quelque chose en plus. Arrive néanmoins la mi-temps, avec un Racing volontaire mais derrière.

© Nicolas Kaspar/Pokaa


2022, année nouvelle 

La deuxième mi-temps repart sur les mêmes bases : un Racing dominant, poussé par les chants des 5 000 supporters volontaires, qui n’hésitent d’ailleurs pas à chambrer le gardien adverse, lorsque celui-ci prend trop de temps. Montpellier quadrille le terrain, reste organisé mais recule de plus en plus. Et sur un coup du hasard, le destin du match bascula. Ely Wahi, seulement 21 ans et pas encore l’expérience du haut niveau, provoque l’arbitre et Lucas Perrin seulement quelques minutes après son entrée en jeu. Deux minutes plus tard, il intervient à nouveau avec vigueur sur le défenseur strasbourgeois. Carton rouge direct, ainsi que sévère. Strasbourg continue de pousser, et va finir par trouver l’ouverture.

Comme si 2022 devait tout remettre à zéro, c’est un joueur oublié de tous qui allait permettre au Racing de renverser la vapeur. Son nom ? Waris, Majeed Waris. L’attaquant ghanéen catapulte une boulet de canon dans les filets du gardien montpelliérain, 1-1 à la 77ème minute. Le public célèbre comme il se doit le premier but à la Meinau de l’année. Dans une ambiance plus feutrée et incertaine que d’habitude néanmoins. Il faut dire que le speaker remplaçant oublie le « Merci ! De rien ! » si caractéristique.

© Nicolas Kaspar/Pokaa


Le Racing frappe toujours trois fois

Désormais égalité, le Racing n’est pourtant pas rassasié. Guilbert pousse, Sissoko percute, Kandil montre la fougue de sa jeunesse et le public sent que la victoire est une possibilité. Et c’est finalement Anthony Caci, qui quittera le Racing en fin de saison, qui délivre un amour de centre pour la tête de Thomasson. 2-1, 83ème minute. La Meinau exulte une deuxième fois. Et bientôt une troisième : seulement trois minutes plus tard, une passe astucieuse de Sissoko décale Gameiro. Le stade célèbre presque en avance le but de l’enfant du club. Plat du pied, sécurité, dans les filets. 3-1, 86ème minute. Gameiro laisse exprimer sa joie, teintée de rage. La Meinau scande son nom, trois fois. Comme le nombre de fois que le Racing a frappé les filets adverses, en seulement neuf minutes. Et à la fin, c’est Montpellier qui est sonné.

Alors qu’il se cachait depuis le début de la rencontre, le soleil revient juste pour la fin du match. Pour illuminer la performance du Racing, désormais septième du championnat à seulement deux points de la quatrième place. Et avec un match en retard, s’il vous plaît. Le coup de sifflet final retentit, standing ovation, le stade fête avec ses joueurs une bien belle victoire. Décidément, il ne fait pas bon croiser la route des Bleus et Blancs à la Meinau cette saison.  Et on se prend à rêver d’Europe, match après match. Avec, ou sans jauge.

© Coraline Lafon

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