Ils étaient 18 athlètes à Tokyo, venus pour représenter l’Alsace aux JO. 18 sportives et sportifs, connus ou moins connus, qui ont réalisé le rêve d’une vie. Après l’euphorie des Jeux, on est parti à leur rencontre afin de mieux les connaître. Avec, pour la majorité d’entre eux, un nouveau point de mire : Paris 2024. Aujourd’hui, on présente Guillaume Burger, vice-champion du monde de canoë-kayak, qui a découvert à 32 ans ses premiers Jeux.


Pour Guillaume Burger, le kayak a commencé à 12 ans, lors d’une classe verte en Ardèche, organisée avec Strasbourg Eaux Vives. Aucun doute pour le Lampertheimois de 32 ans, le kayak, ce sera son sport : « J’ai été mordu par le kayak, j’ai adoré. » La raison est simple : il vit son sport avec une belle bande de copains. « Le kayak me plaisait bien, mais ce qui me plaisait surtout c’était de partir les week-ends avec les copains et d’aller sur les rivières de France. J’avais une bonne bande de copains avec qui j’ai fait des compétitions. On y a vite pris goût avec notre super entraîneur. »

Au-delà de sa bonne bande de copains de l’époque, le kayakiste alsacien prend également son pied en découvrant la nature au fil de l’eau. « Au début, j’étais sur les canaux à Strasbourg. Et le fait de naviguer au centre-ville, jusqu’à la Petite France, puis descendre l’Aar, de voir en fait différemment Strasbourg… c’est quelque chose de super. J’aime beaucoup le côté plein air, le fait d’être sur la rivière, dans la nature. De voir les choses sous un autre angle. » Une opportunité de découvrir de nouveaux endroits qu’il apprécie toujours aujourd’hui, lorsqu’il part en stage avec l’équipe de France.


Des premiers résultats très jeune, avant une baisse de régime

Pour Guillaume Burger, petit à petit, les compétitions régionales sont devenues nationales, puis internationales. Il connaît en effet sa première sélection en équipe de France à 17 ans, signant le début du haut niveau. Il intègre ensuite le Pôle France de Vaires-sur-Marne. À seulement 20 ans, il devient ensuite vice-champion du monde en 2009 en kayak à 4 places. Il remporte également une médaille de bronze à l’occasion du relais 4x200m. Il semble lancé pour dévaler les pentes du succès.

Par la suite, néanmoins, il connaît « une grosse baisse de régime », comme il le confie. Il rate en effet les deux olympiades de Londres en 2012, puis de Rio en 2016. C’est en allant en Bretagne qu’il finit par se relancer. Depuis 2017, à Saint-Grégoire, il remet son kayak dans le sens de l’eau. Il décroche même une médaille d’or en Coupe du Monde en 2019 sur l’épreuve du K-2 500 m. Et, pour la première fois de sa carrière, il se qualifie aux Jeux, pour l’olympiade de Tokyo.

Guillaume burger, kayakiste alsacien
© Guillaume Burger – Document remis


Une qualification rocambolsesque aux Jeux

Alors qu’il entame la période de la trentaine après plusieurs olympiades loupées, Guillaume Burger souhaite plus que tout arriver à Tokyo. Et s’il s’est finalement qualifié, la période n’a pas été de tout repos. « Ma qualif a été un peu particulière, je l’ai obtenue au mois de mai en individuel. C’était très compliqué d’aller chercher cette qualif parce que je suis spécialiste en équipage. Je fais une grosse perf, ma meilleure en individuelle. J’étais super heureux d’obtenir ce quota en terminant deuxième. » Jusqu’ici, tout va bien. Sauf que dans le sport, tout va très vite. « 24h après, la Fédération internationale a donné ce quota au troisième et pas à moi. Le résultat d’une embrouille entre la fédé française et la Fédé inter sur d’autres sujets. Ça a été très dur pour moi. »

Néanmoins, les mauvaises performances des uns ont fait le bonheur des autres. Et particulièrement celui de Guillaume Burger. « Mes compères français en biplace ont fait de mauvaises perfs. Du coup, avec ma super perf en individuel, la Fédé française a décidé de me qualifier en biplace. » Un soulagement pour l’Alsacien, malgré toutes les difficultés à venir : « Il fallait former un nouveau duo, avec un nouvel équipier qui avait tout juste perdu son coéquipier de plusieurs années – Étienne Hubert, ndlr . Donc c’était plein de sentiments entremêlés : entre la joie du début et l’embrouille des décisions qui ont été prises après. Je voulais en retirer quelque chose de positif, et je n’ai pas beaucoup de regrets. »

Guillaume burger, kayakiste alsacien
© JY Prigent – Document remis


Des Jeux compliqués sportivement mais enrichissant humainement

Malgré tout, l’essentiel est là : il participe à ses premiers Jeux, à 32 ans. Une compétition qu’il aborde sereinement : « Je la prépare depuis 15 ans, j’avais surtout envie de bien faire. » Au début de l’aventure, ce sont deux semaines de prépa à 200km de Tokyo, pour s’adapter. Un dépaysement total : « On était dans la campagne de Komatsu, c’était hyper beau, le staff de locaux se pliait en quatre pour faire passer la quarantaine. » Arrivé au village, l’athlète alsacien découvre les Jeux avec les yeux grands grands comme des soucoupes : « Au village, c’est génial d’y être. Toute la journée, on croise les sportifs qu’on voit d’habitude à la télé. Tu encourages Teddy Riner le matin, tu félicites les handballeurs le soir pour leurs victoires. Tu vois les médaillés qui reviennent au village avec la banane. C’était vraiment intense. On sentait l’appartenance à l’équipe de France. »

La compétition en elle-même a été plus mitigée. Si elle était très bien organisée, le manque d’ambiance due à l’absence de public a quelque peu désacralisé les Jeux : « Dans cette grande étendue d’eau sans bruit, ça ressemblait à une compétition internationale lambda. Ça désacralise les Jeux. Finalement, si tu les remportes tu as le Graal, mais tout ce que tu as autour, c’est du sport de haut niveau. » Cela n’a pas aidé que ses résultats, avec Étienne Hubert, aient été décevants. Une 15ème place du général sur 16 concurrents. Une déception, eux qui visaient la finale.

Guillaume burger, kayakiste alsacien
© Guillaume Burger – Document remis


Objectif médaille à Paris 2024

Pour ce Breton d’adoption, parce que Strasbourg a tout sauf la mer, l’objectif est clair : une médaille à Paris 2024. « Je compte continuer le kayak pendant trois ans. Le but c’est la médaille aux Jeux de Paris. Les championnats du monde qui arrivent dans 3 semaines – du 22 au 26 septembre ndlr – vont nous lancer vers Paris. Surtout qu’il y aura des changements de distance : à Paris, le 500m sera olympique. On va se lancer à fond sur la prépa de cette distance, qui est ma préférée, donc j’ai vraiment hâte. »

En attendant, Guillaume Burger continue de profiter des grands espaces, lorsqu’il n’est pas dans un kayak. « Quand j’ai une journée de libre, je la passe à la mer ou à l’océan, pour faire du surf et de la rando sur la côte. En plus, depuis un peu plus d’un an, je fais pas mal de drone. Je réalise quelques clips pour des kayakistes. J’aime bien cette sensation de filmer de beaux espaces, de « voler ». » On espère que dans trois ans à Paris, il volera sur l’eau, à la recherche du plus beau défi de sa vie.

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