On vous le disait déjà dans cet article : quand on parle filière d’excellence et produits de luxe, le savoir-faire alsacien n’a pas à rougir ! Parmi les entreprises locales prestigieuses, on retrouve notamment Lalique, une société toujours en activité et fondée par le maître verrier et créateur de bijoux français René Lalique, en 1888. Située à Wingen-sur-Moder, une commune du pays de Hanau – La Petite Pierre, la manufacture est, aujourd’hui encore, le seul site de production au monde de la marque. Dans la même zone géographique, on trouve aussi la luxueuse Villa Lalique, ancienne résidence du créateur qui accueille aujourd’hui un hôtel 5 étoiles et un restaurant gastronomique, mais également le musée Lalique, lieu de mémoire du travail d’un artiste pas comme les autres.



Si la Villa Lalique est une initiative portée directement par l’entreprise Lalique, le musée, lui, est un lieu public, géré par la collectivité. Son but ? Partager avec les curieux plus de 650 œuvres exceptionnelles, qui retracent la carrière de René Lalique et de ses successeurs. On a donc profité d’une journée du côté de Hanau – La Petite-Pierre pour aller découvrir l’univers hypnotisant de cet artiste aux multiples talents.


L’histoire du lieu

Avant de démarrer la visite, une question peut sembler pertinente : pourquoi cet artiste d’origine champenoise et connu internationalement a-t-il décidé d’installer sa manufacture en Alsace, 33 ans après avoir lancé son entreprise ? La réponse est simple : René Lalique souhaitait continuer d’innover en élargissant ses champs de compétences, mais surtout, il voulait produire ses œuvres en plus grosse quantité. En 1921, il choisit donc d’installer son usine dans les Vosges du Nord « car il sait y trouver des verriers qualifiés et profite des incitations financières du gouvernement français suite à la Première Guerre mondiale », nous apprend le site web du musée. 100 ans plus tard, l’activé de l’entreprise Lalique est toujours implantée dans la région et, il y a 10 ans, le musée du même nom a vu le jour sur l’ancien site verrier du Hochberg, à Wingen-sur-Moder. Le site web nous informe d’ailleurs que le choix de cette implantation n’est pas innocente : « Si Lalique n’a jamais produit à cet endroit précis, le lieu permet de faire le lien entre la tradition verrière régionale remontant à la fin du Moyen Âge et la manufacture Lalique qui se trouve dans le même village depuis 1921. » Habile.

© Coraline Lafon


Le musée aux mille couleurs

Avant de franchir les portes du musée, inauguré en 2011, j’ignorais tout de ce fameux René Lalique et de sa descendance. Mais il suffit de quelques minutes à l’intérieur du bâtiment pour comprendre que l’on vient de pénétrer dans un véritable temple de la créativité. Dans le hall d’entrée, un immense lustre en cristal mesurant près de 3 mètres de haut et pesant près d’1,7 tonne donne le ton ! Notre guide nous informe que cette pièce a été conçu par Marc Lalique, le fils de René. Ce dernier a reprit les rênes de l’entreprise familiale à la mort de son père en 1945, en remplaçant le verre par du cristal dans la conception des objets. À la mort de Marc, en 1977, c’est sa fille Marie-Claude qui prend la relève de la cristallerie Lalique. Sans héritier, elle revend ensuite le groupe en 1994 au groupe Pochet. Depuis 2008, Lalique appartient à la société suisse Art & Fragrance SA, dont l’actionnaire principal est Monsieur Silvio W. Denz. Bref, nous n’avons pas encore débuté la visite que déjà les objets étincelants qui nous entourent nous racontent l’histoire de cette famille d’artistes, qui a su traverser les siècles sans jamais prendre une ride !

Une fois cette première impression, déjà grandiose, digérée, notre guide nous entraîne dans la partie la plus spectaculaire du musée : l’exposition permanente, qui met en scène une collection de plus de 650 œuvres créées par René Lalique au fil des années et de ses aspirations. Et les créations de l’artiste parlent d’elles-même : une fois dans l’immense salle sombre, parfaitement scénographiée, on se laisse très vite happer par les formes, les couleurs, les détails subtils et magnifiques des pièces qui se trouvent sous nos yeux. On comprend rapidement que l’artiste était complet : dessinateur, bijoutier, puis verrier, il a, au cours de sa vie, exploré de très nombreuses thématiques, joué avec les matières et repoussé les limites de l’art. Des bijoux aux flacons de parfum en passant par les arts décoratifs, les vitrines de la galerie sont toutes plus fascinantes les unes que les autres. Pas étonnant que des femmes de la noblesse, notamment l’actrice Sarah Bernhardt, se soient entichées des diadèmes et autres broches de l’artiste et qu’il ait fait un triomphe à l’Exposition universelle de Paris de 1900, faisant ainsi décoller sa carrière internationalement !

Au fil des galeries, on se laisse séduire par chacun des objets que l’on croise sur la route, qui sont tous plus fous les uns que les autres. À l’image du lustre du hall d’entrée, chacun de ces objets raconte une histoire… qu’on vous laissera découvrir sur place, pas de spoil ! À la fin de la visite, une grande table permet également de comprendre, de façon pratique, la fabrication d’un objet très représentatif de la collection Lalique : le vase Bacchantes. Une belle manière de faire prendre conscience au visiteur du travail et de la patience que chacune des pièce implique.


En bonus !

En plus de l’expo permanente, le musée propose chaque année des expositions temporaires. En 2021, jusqu’au 21 novembre, c’est l’Art de la table qui est mis à l’honneur. On peut ainsi se balader entre des tables dressées aux couleurs de la maison Lalique. L’occasion d’admirer de près les plats, plateaux, coupes ou encore assiettes sortis tout droit de l’esprit créatif de René. Une manière de montrer la diversité des objets imaginés par l’artiste et de faire, au passage, un clin d’oeil au besoin de retrouver la convivialité d’un bon repas, après une année confinée.

Le musée est ouvert tous les jours de 9h30 à 18h30, et on peut y accéder en déboursant la somme de 6 euros en tarif plein et de 3 euros en tarif réduit. Pour prolonger le plaisir, le bistrot du musée propose aux visiteurs de quoi se rassasier avant d’aller, pourquoi pas, découvrir le reste de la région. Car oui : le musée Lalique n’est pas le seul trésor que Hanau – La Petite Pierre a à offrir ! Pour ceux qui veulent enchaîner, les seules maisons troglodytiques d’Alsace se trouvent à environ 20 minutes en voiture du musée, et la jolie cité fortifiée de la Petite Pierre, qui offre pas mal de sentiers de randonnées, se trouve à une quinzaine de minutes. Bref, de quoi passer une belle journée entre artisanat de luxe, Histoire et nature 🙂

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Musée Lalique

40 Rue du Hochberg, 67290 Wingen-sur-Moder
03 88 89 08 14
Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h
6 euros en tarif plein et 3 euros en tarif réduit
Le site internet / La page Facebook / Le compte Instagram

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Office de Tourisme Intercommunal de Hanau-La Petite Pierre

2a Rue du Château, 67290 La Petite-Pierre
03 88 70 42 30
Le site Internet / Le compte Instagram

© Coraline Lafon

*Article soutenu mais non relu par l’Office de Tourisme Intercommunal de Hanau-La Petite Pierre

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