Parce que Strasbourg regorge de sportives et de sportifs, parce que certains sports ne bénéficient pas d’une médiatisation suffisante et tout simplement parce que raconter des histoires sur le sport me passionne, Pokaa continue sa série de portraits sur les sportives et sportifs à Strasbourg. Aujourd’hui : Jeff Erius, 17 ans et déjà vice-champion d’Europe junior du 100m.

Un sprinter né sur le tard

Si aujourd’hui, Jeff Erius représente l’un des plus grands espoirs du sprint français, le jeune athlète strasbourgeois a découvert l’athlétisme il y a seulement quelques années. Comme il le confie : « Je fais de l’athlétisme depuis un peu plus de trois ans maintenant. C’est mon tout premier sport ». Un jour, alors qu’il courait déjà vite à l’école, Jeff Erius a suivi un de ses amis dans un club d’athlétisme. L’attraction a été immédiate : « Ça m’a vraiment plu alors j’ai continué ».

Très vite, il choisit sa spécialité : « Je ne fais que du sprint, donc je fais du 100m, 200m et du 60m lorsqu’il y a la saison hivernale ». Un choix logique de la part d’un jeune homme qui aime la vitesse : «  C’est court, mais intense. C’est tout ce dont j’ai besoin ». Mais qui reste également un « ado normal », comme il se décrit lui-même. Avant d’ajouter : « Je sors un peu, je joue aux jeux-vidéos, je suis sur mon téléphone. J’aime bien jouer au volley aussi et aller au ciné. »

© Jeff Erius – Document remis


Un jeune homme pressé

Malgré tout, cet ado strasbourgeois normal est aussi l’un des plus grands espoirs du sprint français. Et ce n’est pas le fait de n’avoir que trois saisons d’athlétisme dans les jambes qui va l’arrêter. Cette saison, Jeff Erius a fini sur le podium des championnats de France élite du 200m, en terminant troisième de la finale en 21’22, en ayant couru 21’12 en série. En plus de cela, une cinquième place en finale du 100m avec un temps de 10’59, alors qu’il avait couru 10’47 en séries. Un temps qui lui aurait ouvert le podium.

Mais c’est surtout à Tallinn, en Estonie, lors des championnats d’Europe junior, qu’il a cassé la baraque. Avant les championnats, le record de France cadets, détenu par lui-même, était à 10’36. En séries, Jeff Erius court en 10’29, battant une première fois le record. En finale, il bat à nouveau le record, terminant deuxième de la course, en 10’27. Un record d’Europe cadets dans la musette et une vraie performance, dont le Strasbourgeois est fier. D’autant plus qu’il courait avec des athlètes plus âgés que lui. Mais le regard du jeune homme est déjà tourné vers les prochains championnats : « Normalement dans deux ans, quand j’y retournerai je serai favori et ce n’est pas un point à négliger. »


Gérer la pression et voir grand

En étant aussi bon, si jeune, Jeff Erius doit rapidement apprendre à gérer la pression. Néanmoins, cela n’a pas l’air pour le moment de stresser outre mesure l’athlète strasbourgeois : « Au quotidien, je ne me prends pas la tête. En compétition c’est différent : je suis serein, confiant, et je sais pourquoi je suis làMais pour les championnats d’Europe juniors, c’était encore différent. Pour ma première compétition en équipe de France, je devais montrer que je pouvais gérer chez les plus grands en étant surclassé et c’était une sacrée pression. » Qu’il a su gérer d’une main de maître.

© Fédération française d’athlétisme – Document remis

Au niveau des prochains objectifs, le Strasbourgeois garde la tête sur les épaules : « Vu que je vais passer le bac en même temps que les compétitions, la priorité c’est d’abord le bac. Championnats de France cette année aussi, je vais faire les deux, junior et sénior. » En sénior, il a déjà annoncé son ambition de faire le podium sur les deux disciplines.

Pour la suite, forcément, il se projette sur les Jeux Olympiques. Si Paris 2024 semble un peu tôt pour lui, il ne se ferme néanmoins aucune porte : « Au sprint, les athlètes sont à leur prime à 24/25 ans. Moi j’aurais 20 ans en 2024 alors ça sera peut-être un peu tôt. Mais je reste confiant2028 en tous les cas, ce serait un rêve. Pour la suite on verra, on ne sait jamais ce qu’il va se passer. Donc je préfère me fixer des objectifs par palier. Et donc là, descendre sous les 10 secondes, un jour, ce serait cool. » C’est tout ce qu’on lui souhaite.

© Getty Images – Document remis

Crédit photo de couverture : © AFP – Patrick Hertzog – Document remis

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