Des voitures suspendues à des fils, de vrais chevaux et des faux aussi, une émission radio dans un Caddie ou encore des soucoupes volantes d’une autre galaxie… C’est un peu fou et cela ressemble au début d’une farce. Enfin, plutôt à celui de FARSe, le Festival des Arts de la Rue de Strasbourg ! Il fait son retour, pour une 7ème édition tous les samedis du 17 juillet au 21 août dans les parcs strasbourgeois, avec un week-end de clôture les 28 et 29 août au centre-ville. Un moment de partage et de bonne humeur, en appréhendant l’espace public autrement. Petits ou grands, on prend le temps. Car il n’y a pas d’âge pour rêver un peu.



Si les années précédentes, le FARSe, créé en 2015 par la Ville de Strasbourg, se déroulait en un gros week-end de festivités en plein centre-ville, cette septième édition prendra une forme bien différente. Étalé sur sept samedis et un week-end complet fin août, il offrira une pause culturelle, accessible à tous et toutes, tout au long de l’été, et ce, dans plusieurs quartiers. De la Krutenau à la Meinau jusqu’à Cro’ ; de la Citadelle au Baggersee ; du parc de la Bergerie à celui de l’Orangerie.

L’hippodrome de poche, compagnie Lez’arts vers…
© Lez’arts vers…




La rue nous appartient

Lucile Rimbert, actuelle directrice de la compagnie strasbourgeoise Lu2 , à qui la Ville de Strasbourg a confié la programmation artistique de son festival pour la deuxième année consécutive, rappelle l’importance d’un tel événement dans nos quotidiens citadins :

« Aujourd’hui, il faut être solide pour accepter sans émotion le spectacle de la pauvreté, de l’injustice sociale, du mensonge et de l’arrogance qui gangrène toutes les grandes villes du monde, il ne faut pas être sensible. C’est pourtant dans ce pas de côté, dans ce mouvement vers la sensibilité, vers l’individu que se cache la fonction émancipatrice de l’art.

Pour nous, acteurs de la rue, l’espace public, c’est d’abord un domaine des possibles, où nos pratiques peuvent réenchanter le quotidien, inviter à un pas de côté pour voir et réinventer son cadre de vie. Où nous composons avec chacun, habitants ou de passage, avec l’architecture, la météo et le paysage. Où un désordre fécond métamorphose l’ordinaire : une plage devient piste de cirque, un immeuble se transforme en agrès, un caddie en radio. ».

Après des mois de pause artistique et alors que le milieu des arts vivants ressort fragilisé par la crise sanitaire, les mots de la programmatrice résonnent d’autant plus. Comme une invitation à l’évasion, c’est joliment qu’elle conclut sa note d’intention : « Alors, dans notre ville, nous allons prendre le temps, / nous allons respirer un peu différemment, / juste un peu plus fort, / juste un peu plus lentement, / pour ne plus prendre l’habitude. / Nous irons par-delà le centre-ville, / nous escroquerons / l’indifférence, / nous changerons de point de vue. / Et nous plongerons ensemble dans nos villes imaginaires, qui deviendront plurielles et artistiques. »




Demandez le programme !

Avec plus d’une vingtaine de spectacles, les parcs de la Ville vont se transformer en théâtres à ciel ouvert. Des artistes et compagnies venus de France et d’ailleurs, avec des petites et des grandes formes. Des formats intimistes, d’autres sensationnalistes. Petite sélection pour un rapide tour d’horizon :




Rencontre du troisième type
Galactic de Qualité Street


Quoi de plus fou que les créatures « bleutées et bienveillantes » de Qualité Street pour démarrer ce FARSe 2021 ? Débarqués de leur soucoupe volante, depuis la Galaxie d’Andromède, ces « ambassadeurs d’outre-espace fantastiques, drôles et pleins d’amour » inaugureront à merveille le festival.

Le 17 juillet à 11h, au parc de la Bergerie
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Pour se mettre la tête à l’envers :
Les Olympiades Verticales d’ In Fine


Après l’Euro, un tournoi d’un nouveau genre. Les Olympiades Verticales de la compagnie In Fine nous entraînent, sans gravité et non sans humour, dans « une dizaine d’épreuves sportives mises en scène « à la verticale » sur les façades des bâtiments ». Un détournement plein de dérision de l’univers du sport.

Le 24 juillet à 19h30, au parc de la Citadelle
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En apesanteur : Moon de la compagnie Barks

Encore un spectacle acrobatique qui va requestionner notre perception de la pesanteur. Avec Moon, la compagnie Barks continue sa réflexion autour du (dés)équilibre : harnaché à un drôle d’engin, Bastien Dausse « bouscule les lois de la physique et du mouvement ».


Le 24 juillet, au parc de la Citadelle
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Un drôle d’animal : Little Garden


Jongleur depuis ses 11 ans, Fabrizio Solinas est fasciné par le monde animal et les rituels perpétués par certaines espèces. Lâché en plein jardin de l’Orangerie, « ce spécimen rare et insolite de jongleur-animal à la saison des amours » profitera du festival pour nous inviter dans son originale parade nuptiale.

Le 31 juillet à 18h00, au parc de l’Orangerie.
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Du champ au chant : Paysan et fier de l’être avec Gabriel Willem, musicien maraîcher

Comédien, formé à Paris au Cours Simon, Gabriel Willem passe 8 ans dans le milieu du spectacle et du cinéma, jusqu’au jour où il a un déclic, lors d’une résidence de création au Burkina Faso. « Habitué à jouer dans des pièces de théâtre et des visions artistiques ayant des moyens financiers conséquents, il se rend compte en côtoyant des artistes africains, qu’une seule bougie, peut vous emmener loin dans l’imaginaire ».

Il quitte tout pour revenir dans son Alsace natale où il « se lance dans le maraîchage et créé sa micro-ferme, la bien nommée Les Jardins En-Chantants ». De comédien, il passe à musicien-maraîcher. D’abord en duo avec trois albums et plus de 600 concerts, puis désormais en solo au piano.

Le 21 août à 20h30, au parc Albert Schweitzer
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Un Free tour qui vaut le détour :
Les contre-visites guidées par Jérôme Poulain


Vous pensiez connaître la ville ? Attendez de la visiter avec la compagnie Joseph K ! Avec les Contre-visites guidées par Jérôme Poulain, ce free tour va vous faire voir Strasbourg sous un nouveau jour.

Le 21 août, au parc Albert Schweitzer
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Capture d’écran du site de la Cie Joseph K © Supersonik




Pour jouer aux petits chevaux :
L’hippodrome de poche de Lez’arts vers…

Accessible pour les tout-petits dès 5 ans, cet Hippodrome de poche ravira également les parents et autres grands enfants. Une course hippique épique sur des montures à deux roues pour des jockeys qui savent pédaler. Allez, puisqu’il est question de miser sur le bon cheval… Si les courses, c’est votre dada : on parie que vous allez adorer !

Le 28 août, au parc du Heyritz
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Monter sur ses grands chevaux :
Espèces d’Espaces – Essai sur le temps


Place aux vrais chevaux, cette fois ! Ils seront quatre, accompagnés de deux humains, dans Espèces d’Espaces. « Une performance de 4 heures pour occuper l’espace et prendre le temps. » Un échange entre l’animal et l’artiste, autour de la question du rapport à l’autre, par la compagnie de cirque équestre bruxelloise Equinoctis, la Négresse à Cheval qui « vit avec 13 chevaux, 6 chats et une ribambelle d’oiseaux et d’insectes ».

Le 7 août, au plan d’eau du Baggersee
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Espèces d’espaces, Cie Equinoctis, La négresse à cheval © Alexis Christiaen

Pour le reste de la programmation, place à la surprise et à la découverte ! …Les arts de rue, c’est aussi savoir se laisser porter par l’inconnu. Alors : bel été FARSeur !


FARSe

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Quand ?
Les samedis 17, 24, 31 juillet et 7, 14, 21, 28 août, le dimanche 29 août

Où ?
Dans les parcs strasbourgeois
Parc de la Bergerie (17/07), Citadelle (24/07), Orangerie (31/07 & 14/08) , Baggersee (7/08), Parc Albert Schweitzer dans le Parc Naturel Urbain (l21/08), Centre-ville & Heyritz (28-29/08)


Fanny Soriano

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