Il y a quelque temps, les services de la ville de Haguenau ont mis quatre chalets à disposition des restaurateurs, pour qu’ils puissent y proposer leurs plats à emporter. Une idée qui, si elle était répliquée à Strasbourg, permettrait aux restaurateurs trop éloignés du centre-ville de stimuler leur activité dans des zones urbaines passantes, au plus près des habitants. Nous avons contacté monsieur Joël Steffen, adjoint à la Maire, chargé du commerce et conseiller métropolitain délégué de la Ville et de l’Eurométropole, afin de savoir si des projets comme celui-ci pourraient bientôt voir le jour à Strasbourg.


Depuis le 15 février et pour la première fois en Alsace, la ville de Haguenau offre aux restaurateurs qui le souhaitent l’occasion de vendre leurs plats à emporter dans des petits chalets mis à leur disposition. Des maisonnettes en bois à l’origine investies par les commerçants du marché de Noël, destinées cette fois-ci aux restaurateurs touchés par la crise. Ils ont désormais la possibilité de vendre leurs plats de 11h à 14h dans le centre-ville et on bien entendu toujours l’interdiction de proposer la dégustation de ces plats sur place.

Cette initiative, qui remet les restaurants au centre de la ville et de ses artères passantes, leur offre donc la possibilité de renouer avec les clients.

© Page Facebook de la ville de Haguenau


Une idée qui pourrait se répliquer à Strasbourg ?

À Strasbourg, la Grand île offrirait la possibilité aux restaurateurs de s’implanter au plus près des arrêts de tram, à proximité des écoles ou dans des artères habituellement très fréquentées comme la Grand’Rue, la place Kléber ou les abords de la cathédrale.

Ces lieux clés, où pourraient être disposés les chalets, offriraient une vitrine privilégiée à ces restaurants dont l’activité est le plus durement impactée par la crise. Car bon nombre de restaurateurs ne peuvent aujourd’hui pas se permettre de proposer leurs plats à emporter pour des questions de logistique et de personnel. En plus, même si l’offre proposée sur les plateformes de livraisons à vélo est pléthorique, celles-ci grignotent sévèrement les marges des restos, environ 30% de commission sur chaque commande. Un frein financier de plus pour la profession qui se languit de pouvoir travailler normalement.

© Martin Lelièvre / Pokaa


Selon Joël Steffen, adjoint à la Maire et chargé du commerce de la Ville, « il est aujourd’hui difficile de répliquer le schéma du marché de Haguenau et de ses quatre chalets dans une agglomération comme la nôtre. Notre ville est trop grande pour y implanter nos cabanons qui en plus réactiveraient une certaine ambiance de Noël en plein printemps. Aussi, l’implantation de ces chalets nécessiterait évidemment une très grande organisation et une logistique non-négligeable, sans parler des coûts que cela pourrait impliquer, notamment pour leur mise en place ainsi que pour les services gardiennage« .

Pour lui, « l’offre de plats à emporter et le nombre de restaurants présents sur les plateformes de livraison est suffisante pour répondre à la demande des Strasbourgeois, même si évidemment ce système de livraison comporte ses limites et n’est pas la solution miracle pour les restaurateurs« . Il semble donc exclu pour l’instant de voir revenir ces petits chalets de bois dans nos rues, le modèle de la ville de Haguenau n’étant visiblement « pas réplicable en l’état ». Mais l’élu affirme que des solutions sont en train d’être débattues pour accompagner les restaurateurs, notamment ceux qui n’ont pas de terrasse, dans une reprise progressive. Il affirme également être prêt à les soutenir et à les accompagner dans leurs démarches de réouverture. Rappelons que, comme l’an passé, ce sont les terrasses qui seront autorisées à rouvrir en premier, laissant ceux qui n’en ont pas sur la touche.

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