La période que nous vivons actuellement n’est pas facile. Des existences plus ou moins cloîtrées, peu de possibilités de s’évader, auxquelles désormais se rajoute un sentiment grandissant d’insécurité pour les agents de la CTS. En l’espace d’une semaine, ce ne sont pas moins de quatre agressions qui se sont déroulées à Strasbourg, sur des trams, bus ou des conducteurs. En réponse à cette montée de la violence, la préfecture du Bas-Rhin a pris quelques mesures. On fait le point sur la situation.


Cinq agressions en moins d’une semaine

La semaine qui vient de passer n’est que le prolongement d’un mois de violences à l’encontre de la CTS et ses agents. Depuis le début du mois, des agressions violentes, verbales et physiques, se sont en effet produites dans les transports à Strasbourg : contrôleurs et conducteurs agressés, bus ayant essuyé des tirs de pistolet à billes… Une situation qui est encore plus visible depuis la période du Covid. Néanmoins, avec quatre agressions en l’espace de quelques jours, la situation demande désormais des réactions.

Niveau chronologie, la première agression a eu lieu le mercredi 25 novembre dans le quartier de Cronenbourg. Un chauffeur de bus de la ligne 19 a été mis en joue par deux individus en scooter, qui ont tiré au pistolet à bille, étoilant une vitre du bus. Pas de blessés à déplorer – puisqu’il y avait des passagers dans le bus – mais un conducteur choqué et pris en charge. Le lendemain, jeudi soir 26 novembre, c’est un tram de la ligne B qui a été visé par des tirs à l’arrêt Ostwald Wihrel. Là encore, pas de victimes heureusement à déclarer, mais des vitres touchées.

Le week-end n’a pas marqué de pauses dans ces violences, puisque samedi 28 novembre, ce sont un bus de la ligne 40 et un tram dans le quartier de l’Elsau qui ont été les cibles de projectiles.  Le lendemain, dimanche 29 novembre, à l’arrêt Martin Schongauer en début de soirée, un jet de projectiles a touché un tram. Et alors qu’on aurait pu penser que la nouvelle semaine allait signifier la fin des agressions, c’est le contraire qui s’est passé : hier soir, lundi 30 novembre, un nouveau tir de projectile a fracturé la vitre d’un tram de la ligne B, à l’arrêt Hotel de Ville – Ostwald.

© Nicolas Kaspar


Le syndicat CGT-CTS a exercé son droit de retrait dimanche soir

Conséquence : le syndicat CGT-CTS a exercé son droit de retrait dimanche soir, comme il l’avait annoncé sur sa page Facebook la veille. Si le trafic a repris ce lundi matin, cela n’a pas empêché Delphine Bastian, conductrice à la CTS et déléguée CGT, de déclarer au micro de France Bleu Alsace ce lundi matin que « On a privilégié les usagers, on a décidé de reprendre le travail mais on reste en alerte […] c’est plus angoissant à la tombée de la nuit. ».

Avec les nouvelles agressions de ce lundi 30 novembre, le fonctionnement de la ligne B sera dès demain 15h modifié. Désormais, les trams circuleront entre les stations Lingolsheim Tiergaertel et Elsau, et pas plus loin.

Capture d’écran de la publication Facebook CGT-CTS du dimanche 28 novembre


Les mesures de la préfecture

Face à cette recrudescence des violences, la préfecture a réagi. À travers un communiqué de presse datant du 26 novembre dernier, elle met en place des patrouilles conjointes avec la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), la CTS et la police municipale, qui se sont multipliées « dans les secteurs les plus sensibles afin de prévenir ces violences ». De son côté, la police municipale s’est mobilisée « pour être au plus près du terrain. » Enfin, la CTS a activé une cellule hebdomadaire de crise et a pris « la décision de renforcer la présence de ses agents d’intervention en soirée. ».

Communiqué de presse de la préfecture du Bas-Rhin – Document remis

Dans tout cela, les enquêtes en cours ont déjà permis l’interpellation de dix individus depuis le début du mois de novembre, mais pour le moment, pas de nouvelles des agresseurs récents. Une réunion entre le syndicat CGT-CTS et le directeur de cabinet de la préfète est d’ailleurs prévue ce mercredi 2 décembre, sans doute pour acter de nouvelles mesures allant vers plus de sécurité pour les agents de la CTS.

C’est donc une situation peu reluisante que connaît notre ville sur ce mois de novembre qui vient de s’achever avec une énième agression. L’insécurité envers les agents de la CTS ne fait qu’augmenter et à l’approche des fêtes de fin d’année, il faut espérer que la situation ne va pas empirer.

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