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Tortures, supplices et condamnations à mort : la sombre histoire du pont du Corbeau

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Le soir, c’est le moment parfait pour se replonger dans les plus sordides histoires strasbourgeoises, celles qui ont marqué notre passé. Car, il ne faut pas l’oublier, notre ville a été le théâtre de nombreuses atrocités qui, aujourd’hui encore, continuent d’alimenter discrètement le côté obscur de notre folklore. Supplices, exécutions publiques, humiliations et noyades volontaires, on vous dit tout ce qu’on sait sur le pont du Corbeau, un édifice emprunté chaque jour par des milliers de Strasbourgeois.



Du Moyen-Âge à aujourd’hui : de l’eau a coulé sous ce pont

Situé entre l’actuel bâtiment de l’Ancienne Douane et la place du Corbeau, l’ouvrage de pierres qui enjambe l’Ill, relie la Grande-île au quartier de la Krutenau. Édifié au début du XIVème siècle, celui-ci a changé de nom plusieurs fois au cours de ses nombreuses années d’existence. Tout d’abord nommé Schind Brücke (Pont aux supplices) en 1308, Pont des Bouchers au 18è siècle puis Pont Rousseau en 1794, il adopte son nom actuel, Pont du Corbeau, à partir de 1816. Selon Archi Wiki, à cette époque, durant laquelle la cathédrale Notre Dame de Strasbourg était encore le plus haut bâtiment du monde, le pont du Corbeau était classé « Route Nationale n°4 » et liait Paris à Vienne.

>> À lire ou relire : Images d’archives : Il y a 100 ans, les quais de Strasbourg étaient bien différents


Un lieu tristement célèbre pour ses tortures

Utilisé comme déversoir d’excréments, l’Ill (qui a l’époque du Moyen-Âge ressemblait plus à un égout crasseux qu’à un cours d’eau tranquille), n’était pas un endroit sympathique dédié à l’amour et à la joie. À cette glorieuse époque où les viscères déversés dans l’eau par des bouchers flottaient à côté des matières fécales, l’ambiance était plutôt à la noyade et à la décapitation. Ambiance.

En effet, si l’on jette un coup d’œil aux inscriptions gravées directement sur le pont, on peut voir qu’à cet endroit, les condamnés à mort (notamment ceux qui avaient commis des parricides et des infanticides) étaient placés dans de grands paniers et plongés dans ce délicat cours d’eau à l’odeur alléchante. Les accusés se noyaient à petit feu ou mourraient de froid. S’ils s’en sortaient pendant assez longtemps pour ennuyer les passants venus se divertir en les voyant mourir, on les enfermait dans un sac (Schandkorb, ou « panier de la honte » en français), et on les balançaient à la « flotte ». Pas étonnant qu’on ait attribué au pont du Corbeau le surnom délicat de « Pont aux Supplices ».

Par la suite, de nombreux condamnés à mort étaient également guillotinés à Strasbourg et aux alentours du pont du Corbeau. Le dernier en date fut Lucien Sittler, en 1937, il y a seulement 73 ans. Rappelons que la peine de mort a été abolie en France en 1981, il y a un peu moins de 40 ans. Une toute autre France pas si lointaine finalement.

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© A. Touchemolin, / Archi-Wiki


L’ennemi numéro 1 des sorcières

En ce qui concerne les tortures et les plus brutales atrocités, le fameux pont du Corbeau en a vu d’autres au cours de ses sept siècles d’existence. En effet, on y noyait également les « sorcières ». Des femmes qui étaient accusées de… pas grand chose à part d’avoir 30 ans et de n’être ni mariée ni au couvent. Aussi, il suffisait d’alimenter les doutes et de crier à la sorcellerie pour que des femmes soient noyées dans ce délicat cours d’eau.

La légende raconte que si la malheureuse (ou la vraie sorcière, on ne le saura jamais) parvenait à s’échapper du sac et à nager jusqu’au bord de la rivière, c’était la preuve formelle qu’elle était une vraie sorcière. On l’exécutait alors sur-le-champ. Toujours selon la légende, et si toutefois la condamnée se noyait dans son sac et coulait à pic, c’était la preuve formelle qu’elle était innocente. Mais ce n’était pas grave, elle était alors automatiquement sauvée par Dieu et avait droit à un aller-simple pour le paradis, et la vie après la mort. Bien sûr, c’est évident.

>> À lire ou relire : Alsace : L’histoire de la chasse aux sorcières, un sport local bien vénère

Alors, elles ne sont pas trop choupi ces histoires de noyades forcées, de tortures et de sorcellerie ?

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Commentaires (2)

  1. Bonsoir
    Merci pour la petite histoire et pour l’ Histoire.
    J’ai pas mal appris et ainsi  » je dormirai moins bête ce soir »!!
    Cordialement

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