Ces deux derniers jours, l’actu n’a jamais été aussi chaude. Entre l’interview d’Emmanuel Macron mercredi 14 octobre, le classement du Grand Est en zone à risque par l’Allemagne, annoncé le mercredi et officiel depuis le jeudi 15 octobre, et la conférence de presse des différents acteurs du gouvernement ce même jeudi, difficile de quitter des yeux la lessiveuse de l’actualité 24h/24. Puisqu’il est compliqué de tout suivre, et puisque ce qui nous intéresse finalement, c’est Strasbourg, on vous a fait un petit récapitulatif de tout ce qui a été annoncé pour notre belle ville ces deux derniers jours.

La situation à Strasbourg sous le prisme local

Avant de revenir en deuxième partie de l’article sur les annonces en national qui auront une influence sur les prochaines semaines dans nos vies strasbourgeoises, intéressons-nous d’abord aux infos locales qui ont rythmé nos deux derniers jours.

Le Grand Est classé en zone à risque par l’Allemagne à compter du 17 octobre

EDIT : Alors que ce n’était pas encore le cas hier soir jeudi 15 octobre ou ce matin, les trois Länder frontaliers, dont le Bade-Wurtemberg où se trouve Kehl et Europa-Park, ont décidé d’accorder ce vendredi 16 octobre une dérogation de 24h pour les déplacements pour faire ses courses ou des activités de loisir. Grosso modo, vous pouvez donc passer votre journée à Kehl ou à Europa-Park si vous êtes frontaliers, sans besoin de test Covid. Les informations au sujet des déplacements de loisirs présentes au quatrième et cinquième paragraphe ne sont donc plus valides pour les Alsaciens, mais le restent pour l’ensemble de la France.

C’était la grosse information qui a rythmé la soirée du mercredi soir 14 octobre – plus que l’intervention d’Emmanuel Macron – ainsi que la journée du jeudi 15 octobre. France Bleu révélait en effet mercredi soir que le Grand Est allait être classée comme zone à risque par l’Allemagne, promettant de nombreuses restrictions de déplacement. La justification de la cellule de crise fédérale allemande, avec, notamment le Ministère fédéral de la santé était que notre région avait dépassé, pour tous ses départements, le seuil de 50 cas positifs pour 100 000 habitants, comme on vous l’expliquait ici.

La nouvelle, accompagnée du retour hypothétique d’une fermeture, même partielle, des frontières a donné lieu à de nombreuses réactions, entre peur d’un retour à mars dernier et cris aux « fake news ». Depuis le jeudi 15 octobre à 17h néanmoins, c’est désormais officiel : le Robert Koch Institut (RKI) classe toute la France en zone à risque, et donc également le Grand Est. Dans la nuit de vendredi 16 à samedi 17 octobre, les conditions d’accès en Allemagne vont changer. Tout d’abord, la frontière ne sera pas fermée comme elle avait pu l’être en mars dernier et elle ne donnera également pas lieu à des contrôles systématiques, mais plutôt à des contrôles volants et aléatoires.

Cependant, elle sera symboliquement fermée aux personnes n’ayant pas de test PCR négatif datant de moins de 48h, rédigé en langue allemande ou anglaise, à présenter aux autorités allemandes à leur entrée sur le territoire – que ce soit à pied, en bus, train, avion, bateau. Ou encore à celles qui refuseraient de se soumettre à un test PCR dans les 72h après leur arrivée. Ces dernières devront par ailleurs se soumettrent à un auto-isolement en attendant les résultats.

Pour la question des déplacements de loisir, cette dernière est épineuse et n’est pas réellement tranchée pour le moment. Selon le député mosellan Christophe Arend, repris par France Bleu, le Länder de la Sarre donnera des dérogations de 24 h pour les Alsaciens et Mosellans qui souhaitent y faire des courses. Malheureusement pour nous autres Strasbourgeois frontaliers de Kehl, dans le Bade-Wurtemberg, cette mesure n’est pour le moment pas étendue à notre repaire à clopes préféré. On rappelle tout de même que la situation peut changer rapidement, on l’a vu ces derniers jours, et ce qui est sûr, c’est que l’on vous tiendra au courant.

Conclusion : il sera très contraignant d’aller faire ses courses à Kehl et reportez-vous plutôt sur vos amis travailleurs transfrontaliers, qui eux bénéficient de dérogations.

La situation épidémiologique à Strasbourg

Normalement, vendredi, c’est épidémiologie. Toutefois, avec les annonces de couvre-feu mercredi et comme Olivier Véran a connu une journée de 15 octobre plus que compliquée – une perquisition le matin, une conférence de presse l’après-midi – Emmanuel Macron a dû se dire qu’il en avait assez bavé pour la journée.

Néanmoins, on suivait chaque semaine le ministre de la Santé pour son point épidémiologique et savoir dans quelle couleur de rouge nous allions être situés. Dès lors, normalement, Strasbourg reste en zone d’alerte pour encore une semaine. Il faut dire qu’avec 14 personnes en réanimation, le Bas-Rhin possède un taux d’occupation de 11.4 %, bien en-dessous du seuil des 30 % « requis » pour passer en couvre-feu.

En revanche, les autres indicateurs se sont grandement dégradés dans notre ville, à tel point qu’on frise littéralement les seuils de la zone d’alerte renforcée. Selon le dernier point de l’ARS Grand Est, Strasbourg possède désormais un taux d’incidence à 149.2 cas positifs pour 100 000 habitants pour la semaine du 6 au 12 octobre, soit 0.8 cas positifs en-dessous du seuil d’alerte renforcée, fixé à 150. Pour rappel, il s’élevait à 70 la semaine dernière et 94 la semaine d’avant. Dans le même temps, le taux d’incidence des plus de 65 ans atteint dans le Bas-Rhin 59 cas positifs, soit 9 cas de plus que le seuil d’alerte renforcée, fixé à 50. Comment on dit chaud aux fesses en alsacien ?

Un port du masque prolongé jusqu’au 30 octobre au moins

Enfin, cette dégradation plus que manifeste des indicateurs strasbourgeois et bas-rhinois ont logiquement fait que la préfète du Bas-Rhin a décidé de prolonger tous les arrêtés préfectoraux réglementant le port du masque et l’interdiction de se rassembler à plus de 10 sur la voie publique. Dès lors, le masque en extérieur sera obligatoire à Strasbourg jusqu’au 30 octobre au moins. Au vu de la situation épidémiologique de notre ville et du Bas-Rhin, il y a fort à parier qu’on en a pendant encore un moment… Vous pourrez trouver toutes les infos dans le communiqué de presse de la préfecture, disponible ci-dessous.

Communiqué de presse de la préfecture. Document remis.

Quand les chamboulements en national concernent également Strasbourg en local

Cette absence de point épidémiologique hebdomadaire peut aussi être expliquée par le grand chamboulement que connaît cette semaine tout le territoire national. Et même si Strasbourg échappe au couvre-feu, il y a d’autres mesures qui vont s’appliquer dans notre ville à partir du samedi 17 octobre prochain.

Le retour de l’état d’urgence sanitaire

C’est l’information la plus importante, dans le sens où tout ce qui a été décidé par après est rendu possible par elle. À partir du samedi 17 octobre, l’état d’urgence sanitaire fait son retour sur l’ensemble du territoire. Ce que cela signifie ? Tout simplement que le Premier Ministre pourra, par décret, prendre des mesures pouvant limiter la liberté d’aller et venir et tout un panel d’autres décisions.

Les fêtes privées dans les établissements recevants du public sont interdites dès samedi

Justement, le premier effet de cette réinstauration de l’état d’urgence sanitaire ne s’est pas fait attendre. Dès samedi, les fêtes privées sont interdites dans toute la France, et donc dans le Bas-Rhin et à Strasbourg. Comme l’a annoncé le Premier Ministre Jean Castex : « Toutes les fêtes privées, comme les mariages ou les soirées étudiantes qui se tiennent dans des salles des fêtes, salles polyvalentes ou tout autre établissement recevant du public seront interdites ».

Si jamais vous souhaitez vous marier dans le Bas-Rhin, c’est seulement possible civilement, tout en restant masqués. Et pour la célébration dans un restaurant par exemple, le nombre de convives sera réduit…

La fête (dans un établissement recevant du public) est finie © Bartosch Salmanski

Le protocole sanitaire est également renforcé dans les restaurants du Bas-Rhin)

En effet, les restaurants de tout le territoire vont également devoir adapter une nouvelle fois leur protocole sanitaire. Si dans le Bas-Rhin, les restaurateurs avaient pris l’initiative des cahiers de rappel de manière anticipée, ils devront désormais avoir du gel hydroalcoolique à chaque table, faire respecter un port du masque tout le temps à table, sauf pour manger/boire, un mètre de distance entre les chaises et limiter les réservations au nombre de six par table. Des dispositions qui n’étaient jusqu’alors en vigueur que dans les zones d’alerte maximale.

Par ailleurs, cette « règle des six » est privilégiée sur l’ensemble du territoire concernant également les rassemblements privés. Attention néanmoins, aucune obligation pour cette dernière, elle reste une recommandation.

On vient de vivre deux journées très particulières. La France repasse dans l’état d’urgence sanitaire, qui n’est qu’un autre mot pour « adapter les libertés publiques au temps du coronavirus ». Il semblerait que le gouvernement tente d’essayer la stratégie métro-boulot-dodo en grandeur nature, réduisant les acteurs du spectacle et de la culture à néant. Quoiqu’il en soit, le Bas-Rhin est, comme toute la France, concerné par plusieurs de ces nouvelles mesures. Alors que les indicateurs ont pris un gros coup de froid sur cette dernière semaine, il faut encore et toujours rappeler qu’il faut continuer nos efforts, afin de prendre soin de nous, et surtout de nos proches.


Photo de couverture : Samuel Compion pour Pokaa

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here