L’actualité autour du coronavirus reprend de la vigueur ces derniers temps, en même temps que les personnes hospitalisées et en réanimation augmentent un peu partout en France. Cela fait passer Paris en zone d’alerte maximale et fait trôner une épée de Damoclès au-dessus de la tête des grandes villes. En outre, l’Institut Pasteur a rendu publique une étude, révélée par Le Journal du Dimanche (JDD) sur leurs prédictions pour les services de réanimations pour les mois à venir, et elles ne sont pas roses. Seule vraie lumière : la région Grand Est pourrait être l’une des deux régions françaises à maîtriser la deuxième vague. Entre optimisme et prudence, on fait le point avec vous pour vous expliquer tout ça.

Plus de bars ni de salles de sport, jauges réduites dans les universités… les nouvelles mesures pour endiguer l’épidémie

Ce matin, comme attendu, Paris est passé en zone d’alerte maximale (couleur écarlate sur la carte du gouvernement). Dès lors, comme à Koh-Lanta, la sanction est irrévocable : fermeture des bars, des salles de sport, des piscines et une jauge réduite de moitié pour les universités. Les restaurants resteront ouverts, mais avec un protocole sanitaire beaucoup plus strict, comme une distance d’un mètre entre chaque chaise, six personnes sur une même table au maximum, le port du masque obligatoire la plupart du temps ou encore laisser son nom, son numéro de téléphone et éventuellement son mail dans un « cahier de contact » pour faciliter la traçabilité. Bref, pour les zones d’alerte maximale et les zones d’alerte renforcée, pas de quoi rigoler.

© Bastien Pietronave/Pokaa

L’étude de l’Institut Pasteur

Ces nouvelles mesures contraignantes interviennent alors que les hospitalisations et les cas en réanimations augmentent de façon inquiétante depuis quelques semaines. Une inquiétude confirmée par l’Institut Pasteur, qui a rendu publique une étude concernant l’état des services de réanimation dans ces prochains mois. Là-encore, le résultat est sans appel : les services de réanimation pourraient très bien se retrouver saturés à la mi-novembre.

Au 4 octobre, il y a 1 335 personnes en réanimation, sur une capacité totale de 5 882 lits, selon le JDD, soit un taux d’occupation de 22,7%. Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), qui a actualisé ses chiffres le 29 septembre dernier, on était, au 31 décembre 2019, à 5 433 lits de réanimation, soit un taux d’occupation de 24,6 %. Quels que soient les chiffres qu’on regarde, le taux d’occupation ne fait qu’augmenter, et la situation pourrait vite devenir problématique.

Si la situation resterait « gérable » au 15 octobre selon leurs prévisions, comme vous pourrez le voir avec la carte ci-dessous, au 15 novembre prochain, la situation serait tout autre. Il pourrait en effet y avoir 11 000 lits de réanimation occupés alors que, toujours selon le JDD, la capacité maximale d’accueil en lit de réanimation atteindrait aujourd’hui 10 340. Même sans être un génie des maths, ces chiffres ne sentent pas bon, avec des régions complètement saturées.

Il faut néanmoins garder à l’esprit que cette étude reste une modélisation mathématique, qui se fonde sur les dix jours précédant cette analyse. À prendre avec quelques pincettes donc, même si elle a le mérite de montrer la réelle possibilité d’une saturation des services un peu partout en France, à la mi-octobre comme à la mi-novembre. Partout… sauf dans le Grand Est !

Le vert tout à droite, c’est nous. © Ministère des Solidarités et de la Santé

Le Grand Est serait la région la plus épargnée par cette deuxième vague

On vous le disait récemment, Strasbourg, l’Alsace et le Grand Est apparaissent pour le moment comme des élèves « modèles » dans la gestion du retour de l’épidémie sur le territoire français. Cela se retrouve sur les prédictions de l’Institut Pasteur, puisque à la mi-novembre, le taux d’occupation en réanimation grimperait jusqu’à 20 %. Un chiffre encore en-dessous du seuil d’alerte maximal, qui est déjà atteint à Paris ou à Marseille en ce début de mois d’octobre.

>> À lire ou à relire : « Strasbourg, élève modèle pour gérer la « deuxième vague » de coronavirus ?« 

Un port du masque en grande partie respecté. © Samuel Compion/Pokaa

Il faut dire que la situation, dans le Bas-Rhin comme dans le Grand Est, continue d’être bonne. Le taux d’incidence bas-rhinois baisse jour après jour, s’établissant désormais à 39,4, pour 40,1 dans le Grand Est et surtout 104,9 en national pour la semaine allant du 25 septembre au 1 octobre. Il reste au 4 octobre 39 personnes hospitalisées dont 11 en réanimation dans le Bas-Rhin, pour 281 personnes hospitalisées dans le Grand Est, dont 44 en réanimation pour le Grand Est. Soit un taux d’occupation de 8,9 % dans le Bas-Rhin (11/123) et de 9,3 % (44/471). Pour l’instant, tout est au vert !

La région d’irréductibles peuples de l’Est serait donc la seule à ne pas se retrouver en situation compliquée une fois l’automne bien engagé. Au vu des conditions sanitaires bien plus restrictives mises en place dans les métropoles et départements les plus touchés, et la dureté psychologique de la première vague, on peut décemment pousser un grand ouf de soulagement. Toutefois, les prédictions de l’Institut Pasteur ne se dérouleront peut-être pas comme prévues, dans un sens comme dans l’autre.

Ainsi, en Alsace comme à Strasbourg, il ne faut pas relâcher les efforts et continuer de tirer dans le même sens. Pour pouvoir continuer de vivre « normalement » malgré la circulation du virus. Encore une fois, bravo aux commerçants et restaurateurs, aux populations en grande partie respectueuses des règles, aux pouvoirs publics et surtout aux médecins et aux infirmières. On ne lâche rien et on continue de montrer qu’en Alsace on est quand même un peu les meilleurs !

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