En ce moment, en passant dans la rue des Grande Arcades, on peut tomber sur Anthony D’oliveira et son expo photo présentée à même le sol. Un jeune homme qui a quitté la France il y a 7 ans, en 2013. Depuis, il a traversé 76 pays en stop, en bateau ou en voiture, tout cela sans rien prévoir à l’avance, avec comme simples bagages son téléphone, sa tente et son incroyable soif de liberté. On l’a rencontré au moment où il installait son expo photo, en pleine rue, là où il interpelle les passants pour leur parler du projet de sa vie : Jumps Travel Documentary. Allez lui parler, il se fera un plaisir de vous expliquer son aventure, et croyez moi c’est une bouffée d’air frais.

Une envie de changer d’air

Anthony a 27 ans, sa maman est Guadeloupéenne et son papa et Togolais. Tous les deux se sont rencontrés en France, à Paris. Lui est né dans la région parisienne. De ses 18 ans à ses 20 ans, Anthony a trimé en faisant des boulots alimentaires qui lui sciaient le moral et la santé. 20 ans, c’est jeune pour faire un burn-out, et pourtant, c’est bien ce mal bien connu de la génération Y qui a commencé à le ronger. Une fois la porte de son boulot claquée bien fort, il a commencé à poser un regard différent sur son passé mais surtout sur son avenir. Un appartement, une situation, une copine : c’était pas pour lui, mais alors pas du tout. À 20 ans il avait l’impression d’en avoir 40, alors il a enchaîné les décisions radicales.

Cette année-là, en 2013, comme un bon nombre de frenchies en manque d’exotisme, Antho veut changer d’air, apprendre une langue, rencontre un peuple nouveau. Il prend alors un billet d’avion pour l’Australie. Un pays déjà bien lointain où il est resté 9 mois. À son retour en France, il revoit les mêmes visages, reprend les mêmes habitudes et se confronte aux mêmes problèmes, aux mêmes souffrances.

Alors il repart. Mais cette fois-ci, Anthony n’a pas décidé de faire un simple voyage, aussi long soit-il, et encore moins un tour du monde. Un « tour » voudrait dire qu’il rentrera un jour, qu’il partirait d’un point A, la France, pour un jour y retourner et y faire sa vie. Mais Anthony ne part plus pour faire une boucle : même si la Terre est grande, il aurait l’impression de tourner en rond. Alors, après une longue réflexion il décide de repartir pour de bon, sans perspective de retour. Mais Antho ne part pas simplement la fleur au fusil. Quelque chose de plus profond l’anime : il part entreprendre ce qu’il appelle « son aventure ». Il fait un saut dans l’inconnu, il « jump » comme un cabri, de pays en pays.

« En partant en Australie, c’était mon tout premier saut dans l’inconnu, il a changé ma vie. Alors, désormais je me photographie dans chaque pays en sautant. Pour moi c’est symbolique, c’est fort et évocateur, cela signifie franchir le cap entre la peur et l’action ».

Jumps Travel Documentary: A life story 🌍 by Diego Lopez & Antony D'oliveira " Trailer 2019 " if you know or heard about anybody working in the audiovisual or filmmaking let me know i will be glad to connect. Enjoy and stay tuned 😉,videos, pictures, coming 🔜✌.

Gepostet von Antony D'Oliveira am Samstag, 2. November 2019

En traversant la grande bleue d’Inde au Canada en passant par l’Europe, Antho a eu quelques mésaventures : des crocodiles en pleine rivière au Costa Rica à deux doigts de le croquer, des courants qui l’emportent, des narco-trafiquants, mais surtout, un mal moins palpable qu’il ne pensait pas rencontrer si souvent à travers le globe : le racisme, la xénophobie. Et oui, encore eux… Alors, son voyage s’est transformé en combat pour le droit de ce qu’il nomme chaleureusement, (tout cela les bras ouverts)« l’égalité des droits humains ».

« En tant que personne de couleur, ayant visité 76 pays, en traversant le globe et en foulant la terre de zones totalement inconnues comme celle de grandes puissances, je me suis confronté à toutes formes de racismes et de discriminations, toujours plus surprenantes les unes que les autres. Par exemple, quand j’ai voyagé dans le nord du Maroc, on m’a pris pour un clandestin, à tel point qu’on m’a fermé les portes de certains magasins. En Grèce, en Italie, en Italie, au Venezuela et en Espagne, des choses similaires se sont produites, c’était vraiment pas la joie tous les jours. »

De cette peur à son égard ressentie par une certaine partie de la population est née une force, de la rancœur est ressortie une envie de combattre ces amalgames et ces préjugés partout où il allait passer. Désormais il le fait à Strasbourg.

« C’est plus qu’un voyage, j’ai envie de sensibiliser les gens. En fonction de notre couleur de peau nous n’avons pas tous les mêmes opportunités. On le sait, je ne t’apprends rien, mais je ne pensais pas qu’on me le ferait remarquer si loin sur le globe, et si souvent. »

Anthony souhaite désormais faire un film documentaire à la « J’irai dormir chez vous » ou « Nu et Culottés ». Montrer ses rencontres avec les populations, sentir les vibrations bonnes ou mauvaises de zones connues du grand public ou plus reculées. Il souhaite diffuser des images et des sentiments, son propre ressenti comme des récits de vie, des conseils d’une personne qui a vécu des moments magiques, la plupart du temps, mais aussi des discriminations, des amalgames, à cause de sa couleur de peau.

Anthony n’arrêtera pas d’aller à la rencontre des autres, de tous les êtres humains quels qu’ils soient. Âge, taille, poids, origine, religion, sexe, il s’en fout pas mal. Il continuera de voyager de manière déstructurée, selon lui la meilleure chose à faire.

© Bastien Pietronave

« Si j’arrive quelque part et que j’ai déjà l’hôtel de prévu, je ne rencontrerai pas des gens comme toi dans la rue. Si je croise quelqu’un ce soir en allant vers ma chambre toute prête, je n’irai pas forcément à la rencontre des gens d’ici. Un voyage comme celui-là permet de s’ouvrir aux autres, aux rencontres, aux surprises, c’est la meilleure manière de faire d’un simple trajet une aventure. Il faut laisser place au hasard. »

Lorsqu’on demande à Anthony si il compte « rentrer », la question n’a même pas fini de sortir de mes lèvres qu’il dit déjà « non non non non », pourtant je parle très vite. Voilà un mec qui en veut, qui a une idée derrière la tête et qui ira au bout pour y arriver. Au bout de quoi, on ne sait pas trop – le bout du monde, il y est déjà allé – mais en tout cas, on souhaite qu’il y parvienne.


JUMPSTRAVELDOC – ANTHONY D’OLIVEIRA

Anthony sera rue des Grandes Arcades jusqu’à maximum lundi

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Mais aussi financièrement pour son projet documentaire ICI

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