Après ces mois de confinement et ces semaines de reprise progressive, nous avons soif. Pour ce qui est des bars, ça y est, nous pouvons désormais aller nous désaltérer chez nos adresses préférées et retrouver les copains. Mais pour ce qui est de notre soif de culture nous restons un tout petit peu sur notre faim. En effet, les musées et centres d’expositions rouvrent au compte-goutte. Même s’ils savent se renouveler et proposent pour la plupart des visites virtuelles et des diffusions de reportages, tout cela ne remplace pas le plaisir d’une promenade songeuse dans les salles d’un temple de la culture. Heureusement pour nous, la galerie La Chambre, en plein cœur de la Krutenau, nous propose justement de sortir de notre salon après ce long passage de somnolence et de venir découvrir les œuvres de quatre jeunes artistes du Grand Est !

Une chambre pour se cultiver

Née de la vocation de faire cohabiter, dans une même structure, des photographes aux sensibilités différentes, avec chacun son bagage culturel et son esthétique, l’association « Chambre à Part » a été créée en 1991. Ce n’est qu’en 2010 que la galerie La Chambre a pris ses quartiers place d’Austerlitz. Tu sais c’est le petit local glissé entre le Café Berlin et le Chat Perché. Celui que tu regardes toujours de loin sans trop savoir si tu peux y entrer, à mi-chemin entre la curiosité et l’intimidation. Bonne nouvelle : la galerie est gratuite et tu pourras même y demander plein d’informations et une visite rapide pour comprendre les enjeux des expositions en cours.

Née de la vocation de faire cohabiter dans une même structure des photographes aux sensibilités différentes avec chacun son bagage culturel et son esthétique, c’est en 2010 que la galerie La Chambre a pris ses quartiers Place d’Austerlitz. Tu sais, c’est le petit local glissé entre le Café Berlin et le Chat Perché. Celui que tu regardes toujours de loin sans trop savoir si tu peux y entrer, à mi-chemin entre la curiosité et l’intimidation. Bonne nouvelle, la galerie est gratuite et tu pourras même y demander pleins d’informations et une visite rapide pour comprendre les enjeux des expositions en cours.

© Charlie Picci Claude pour Pokaa

La Chambre brosse large et propose de découvrir les travaux de nouveaux talents qui ne demandent qu’à nous faire découvrir leur point de vue sur le monde. Les artistes présentés travaillent autant la photo documentaire que la photo plasticienne : la galerie « se veut comme un espace de liberté et de confrontation des points de vue où exploration et prises de risques sont les maîtres mots, le lieu de rencontre de toutes les tendances contemporaines de la photographie d’auteur » comme l’explique sa plaquette

Souvent politique et dans l’air des questions sociales et culturelles actuelles, les thématiques abordées sont plurielles : le racisme, les mouvements de migration ou l’écologie y sont souvent mis en avant. Les artistes sont tout autant hétéroclites que les sujets ; la galerie encourage les jeunes auteurs français ou régionaux à se faire connaître en organisant leur première exposition, mais elle nous donne aussi la chance de voir certains gros noms de la photo internationale (comme Wéronika Gesicka l’année dernière) dans notre ville en organisant des rétrospectives. La Chambre c’est aussi tout un panel de temps forts comme Clic-Clac !, un marathon photo transfrontalier ou le SLIP, le Salon du Livre Indépendant de la Photographie.

© Charlie Picci Claude pour Pokaa

Des photos, des expos, mais pas que

La galerie propose aussi un programme de formation intéressant, par la mise en place de cycles de cours de photographie et de stages pour les adultes et les enfants. Ces formations permettent à tous de se faire à la technique, la théorie, la pratique et l’histoire de l’image afin de pouvoir acquérir une solide culture photographique pour permettre de s’affirmer dans cet art qui semble inaccessible à beaucoup.

Enfin, La Chambre se présente également comme un soutien à la jeune création en accompagnant à la professionnalisation des jeunes photographes. J’ai parlé de cette formation avec le photographe Simon Pagès (Cercle Magazine, Clément Lunetier, Les percussions de Strasbourg…) qui y avait suivi des cours du soir en parallèle de ses études en histoire de l’art :

« J’ai suivi les cours du soir à La Chambre en 2015. C’était pour moi une manière de suivre des cours spécialisés en photographie avant d’éventuellement tenter le concours de l’école de photo d’Arles (une des meilleures écoles d’Europe, en tout cas de France). J’avais deux profs : Olivier Clément qui sortait d’Arles et Guillaume Chauvin sortait de la HEAR (ndlr : Haute Ecole des Arts du Rhin). Il a été intéressant de suivre des cours de jeunes profs qui sortaient tout juste de leurs études et qui exerçaient leur métier dans le monde professionnel, ce qu’aucune école en France ne semblait enseigner. D’autant plus que je sortais d’histoire de l’art où nous n’avions pas du tout abordé la photographie. À la fin de la formation j’ai pu exposer dans les murs de la galerie et c’était de surcroît ma première vraie exposition. Tout cela m’a mis le pied dans le monde de l’image et m’a confronté à la réalité de la vie professionnelle […] J’ai appris les bases de l’histoire de la photo et la manière de construire une série, ce que j’utilise encore aujourd’hui ».

Photo de Simon Pagès / Découvrir son travail

Flash Point, la nouvelle expo à découvrir à la Chambre

À La Chambre, les œuvres vont toujours droit au but : souvent puissantes, elles sont surtout des liens forts entre cette petite galerie sobre de la place d’Austerlitz et le monde en perpétuel mouvance qui nous entoure.

Je suis donc allée profiter de ce premier bain de culture en chair et en os, post-confinement, et j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec la pétillante Charlotte, qui m’a accueillie à bras ouverts et m’a expliqué tous les enjeux de leur toute nouvelle exposition, « Flash Point ». Cette dernière devait normalement se tenir du 14 au 29 mars mais, au vue des circonstances, est prolongée jusque mi-juin (il faut bien qu’il y ait aussi des points positifs !).Une exposition qui monte crescendo dans les problématiques sur lesquelles elle nous pousse à réfléchir.

Je vous disais plus haut que la galerie propose à certains jeunes talents de présenter leur travail dans des conditions d’exposition optimales. C’est le cas de Flash Point. Après un appel à projet, quatre photographes du Grand Est ont été sélectionnés pour la qualité de leur travail et parce qu’ils proposent des visions différentes d’un point commun qui est le rapport de l’homme à son environnement. Comment l’Homme influence-t-il et est-il influencé par son milieu ?

© Charlie Picci Claude pour Pokaa

Pour débuter l’exposition, une série de photos de Morgane Bristcher, une jeune artiste mosellane originaire de Hilsprich qui s’intéresse au paysage. Dans la série Les arbres de feu présentée à la galerie, l’artiste se demande comment l’Homme influence le paysage et le façonne.

Face aux photographies sobres et prises sur le vif de Morgane Britscher, Véronique L’Hoste nous donne à voir Cycles, une série d’images d’une nature épurée avec pour point d’honneur l’esthétisme. L’artiste originaire de Lorraine s’interroge sur l’environnement. Charlotte me la décrit comme « une artiste de l’illusion et de l’inattendu qui crée des décalages souvent humoristiques invitant à la réflexion ».

Dans la pièce adjacente sont exposées une série de photographies issues du répertoire de Pierodelavega. La série Nature morte (still death) nous montre des paysages fanés. L’artiste a commencé cette série en 2019 lorsqu’il avait décidé de partir en vacances dans les Alpes en famille, pensant fuir la chaleur aride de la plaine. Peine perdue, il se retrouve dans des paysages blessés, assoiffés. Le réchauffement climatique nous touche donc maintenant de près alors que pendant longtemps tout cela nous semblait si flou et si lointain, assez pour que nous n’en prenions pas forcément la mesure.

Le dernier photographe présenté, Florian Maurer, travaille principalement sur le territoire et les frontières. Pendant ses études, il tombe sur les archives de Klavdji Sluban, auteur de Balkan Transit publié en 1997. Le photographe se prend de passion pour les notions abordées et décide de travailler sur l’Albanie, un pays peu évoqué dans les travaux photographiques. Dans la série présentée, La guerre n’a pas eu lieu, Florian Maurer explore le territoires albanais et se concentre sur les petits bunkers que l’on voit un peu partout sur le territoire, disséminés comme des champignons.

Une fois de plus La Chambre nous fait voyager et traverser les frontières, toujours à mi-chemin entre la photo documentaire et l’esthétisme, la galerie nous fait prendre conscience de notre impact sur le monde tant par les bouleversements climatiques dus à l’activité humaine que par ceux qui gouvernent nos pays. N’hésitez pas à aller y jeter un coup d’œil avant de siroter une bière en terrasse place d’Austerlitz, on attend vos retours !


LA CHAMBRE

La Page Facebook
Instagram : @lachambrephoto
Site internet : https://www.la-chambre.org/

4, place d’Austerlitz
67000 Strasbourg
Ouverte du mercredi au dimanche de 14h à 19h
Entrée libre et gratuite


Charlie Picci Claude

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