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Tanneurs, touristes et syphilis : des nouvelles de la Petite France

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La Petite France est aux Strasbourgeois ce que Montmartre est aux Parisiens : une partie de la ville en vitrine, figée dans le temps. Quand je m’y rends, c’est un slalom incessant entre les touristes et les tourtereaux qui déambulent sur les berges. C’est pas le genre de spot où je vais gamberger. Avec ses allures de village Europa-Park, le quartier est devenu une véritable zone rouge où l’on ne s’aventure que très occasionnellement, pour une glace ou un restaurant.

Pourtant, la Petite France est un endroit incroyablement canon – qu’on veuille le reconnaître ou non – classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988 ! Le site est chargé d’histoire et d’anecdotes que peu de Strasbourgeois connaissent.

La minute Laurent Deutsch

La Petite France, chers amis, est un ancien quartier de pêcheurs, de meuniers et de tanneurs du XVI et XVIIème siècle. Jadis, à une époque que les moins de 400 ans ne peuvent pas connaître, les peaux des tanneurs séchaient dans les greniers des belles maisons à colombage. Les deux plus importantes étant la Maison des Tanneurs et la Maison Haderer (aujourd’hui le restaurant Lokhäs) que l’on connaît bien.

Mais, dis moi Samy, pourquoi ce quartier s’appelle-t-il « Petite France » ? En effet, je pense que nous sommes d’accord pour dire que ces maisons à colombage de tradition germanique ne sont pas courantes au pays du coq… Et bien pour tout vous dire, la raison n’est pas très reluisante.

Revenons 500 ans plus tôt, en 1492. Les marins espagnols et italiens qui mènent alors leurs premières expéditions en Amérique, reviennent en Europe avec un beau cadeau : une épidémie (et c’était pas le Covid) ! À l’époque, on l’appelle la grande vérole, mais entre nous, c’était la syphilis (miam !).

© « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER

À cette époque, Français et Allemands se la donnaient dans la région de Naples pendant les campagnes d’Italie, et là, c’est le drame. Plusieurs soldats allemands contractent la maladie, et se retrouvent un peu plus tard à Strasbourg. Du coup, on essaie (un peu en vain), de les soigner dans des hospices à l’écart de la population. La maladie, inconnue à cette époque, se fait baptiser par les Français « le mal de Naples », « voir Naples et mourir », dit-on... Les Anglais, eux, parlaient de French pox (petite vérole). Pour les Polonais, la maladie était allemande, mais elle était polonaise selon les Russes… Oui, il y a de quoi s’y perdre.

À ce moment là, à Strasbourg, le Grand Magistrat décide d’isoler les malades dans un quartier, qui, à l’époque, n’était pas très apprécié à cause de ses odeurs : le quartier des tanneurs (et oui, les peaux qui sèchent, ça pue!). N’oublions pas qu’à ce moment, Strasbourg n’était pas française mais appartenait au Saint-Empire romain germanique jusqu’en en 1681.

Ceux qui étaient ainsi atteints du « mal français« , et qu’on appelait les Franzose, étaient rassemblés et « soignés » dans un même bâtiment : l’Hospice des Vérolés. Et les Strasbourgeois le surnommèrent ironiquement : « Petite France », référence cocasse au mal français ! Chemin faisant, le surnom est resté pour l’ensemble du quartier.

Bon, à la base, je voulais juste partager avec vous quelques photos du quartier durant la période de confinement, mais je me suis peu égaré.

En ces temps-ci, la Petite France est une ode à la douceur et à la providence. À l’heure où le soleil se couche, les ruelles désertes et les reflets du soleil sur l’eau, offrent un spectacle formidable pour les yeux. Loin de moi l’idée de vous inciter à sortir de chez vous, simplement de vous encourager, lors de vos rares sorties, à aller flâner le long de l’eau et de profiter tant qu’on le peut, de la magie du lieu. Et si ça peut vous donner envie, voici quelques photos, loin des vilaines maladies.

© Samuel Compion / Pokaa
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Source : Ekinoxe – Medium

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Commentaires (2)

  1. Le lieu est singulier en ce moment. Pas de foule de touristes, de terrasses bondées. Un calme enivrant. l’Eveil des Sens s’est mue en point de vente de produits frais et de plats et le glacier est ouvert. Habituellement on y fait la queue. Là, c’est limpide. Dommage que le passage des terrasses panoramiques soit fermé, c’est un raccourci appréciable.

  2. Jolies photos ! Une précision tout de même : « ces maisons à colombage de tradition germanique ne sont pas courantes au pays du coq ». Désolé les Alsaciens, mais le colombage n’existe pas qu’ici. Normandie, Bretagne, Touraine, centre de la France, Champagne-Ardennes, et jusqu’au Pays Basque, il y en a partout !

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