En surfant tranquillement sur le groupe Tousse Ensemble, on est tombé sur les photos de Anne Yuyu. Cette Strasbourgeoise profite de ses sorties courses pour photographier ses voisins du Neudorf. Intrigués par ces photos de Strasbourgeois masqués, on a voulu en savoir un peu plus sur la photographe et son projet.

« Je prends des photos depuis que j’ai subtilisé, à l’âge de 15 ans, l’appareil reflex de mes parents. Mais il m’a fallu 30 ans de plus pour surmonter mon complexe de l’imposteur et commencer à partager mon travail !  » me confie Anne via Messenger. « Depuis quelques années j’expose, j’organise des séances de portraits sur demande avec mon studio photo itinérant et je réalise des séries de photos pour des cabinets d’architecture. Depuis le début du confinement, de chez moi, j’ai pris l’habitude de prendre chaque jour les différentes vues des fenêtres de mon appartement. »

© Anne Yuyu

 » Un matin, en quête de pain et de café, j’ai emporté avec moi mon appareil dans l’optique de photographier les rideaux baissés des bars de mon quartier sur le chemin. Mais une fois à la boulangerie, la lumière sublime, les regards et les sourires sous les masques de la boulangère et du boulanger m’ont instinctivement poussé à vouloir les immortaliser. Ils ont immédiatement accepté. Les portraits de rue ne font habituellement pas partie de ma pratique car je n’ose pas aborder les gens, de peur de m’imposer, ou les déranger, une approche différente au portrait en « studio » vu que le modèle et moi partageons le même objectif. Mais en sortant de la boulangerie, j’ai, sans réfléchir à ma réserve, interpellé chaque personne qui portait un masque en leur demandant si elles acceptaient d’être prises en photo. M’attarder sur leurs regards m’a profondément touché. »

« On oublie souvent de vraiment regarder les personnes dans les yeux.  En ce moment, nous sommes tous soumis à un climat anxiogène, le confinement met en exergue toutes nos émotions, nos interrogations, le bon et le mauvais. Non seulement dans notre microcosme, mais également dans toutes les parcelles de notre société. Pouvoir percevoir dans les regards les émotions de ces personnes pendant cette période difficile, souriants, tristes ou apeurés est, selon moi, un témoignage de ce que nous ressentons tous en ce moment. L’idée m’est venue des tripes, mais le projet né de cette idée va au-delà d’une recherche esthétique, et je mettrai mes prochaines sorties indispensables à profit pour le poursuivre. »

>> Pour découvrir le travail de Anne, c’est par ici <<

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