« Hello les amis ! ». Voilà plus de trois ans maintenant qu’André salue ainsi ses abonnés à chaque début d’une nouvelle vidéo. Sa chaîne YouTube, intitulée malicieusement « Je Disque Je veux », en compte plus de 240 à ce jour, toutes dédiées au disque… vinyle !

Avec son bouc, ses lunettes et son inséparable chapeau, ce Strasbourgeois s’est peu à peu construit un personnage dans le monde du vinyle sur internet. Ayant dégainé sa caméra très tôt, à une époque où les chaînes françaises dédiées au vinyle se comptaient encore sur les doigts d’une main, il s’est d’emblée positionné comme une sorte de mix entre un dépanneur multitâche (il n’y a qu’à voir ses vidéos « techniques » sur comment nettoyer, réparer, rafistoler ou même sauver de justesse un disque vinyle) et un collectionneur désireux de partager sa passion.

Cette double casquette (en plus de son chapeau donc) se retrouve en effet sur sa chaîne, avec d’un côté des vidéos pour apprendre à se familiariser avec le disque vinyle – du genre « Mes disques ont-ils de la valeur ? », « Quelques conseils pour bien débuter une collection de disques vinyles », « Nettoyage et entretien du disque vinyle », « Choisir sa platine vinyle », etc. Mais avec aussi de l’autre côté des présentations de disques tirés de sa collection : des picture discs, des disques en couleurs, des disques érotiques, des disques vinyles pour enfants… D’autres rubriques viennent agrémenter le tout et diversifier le propos. On peut ainsi trouver également des vidéos de F.A.Q. (Foire Aux Questions) et, dans le même esprit, « Les questions du mardi » lors desquels ses abonnées lui posent toutes sortes de choses. Ceux pour qui la musique compte avant tout préféreront les vidéos sur ses « disques cultes », sur ses « Trois chansons pour découvrir » de tel ou tel artiste, ou la flopée de « Hors-séries » sur ses dernières acquisitions – un genre qui cartonne toujours sur les chaînes dédiées au vinyle.

Il faut dire qu’il y a là de quoi discutailler sévère : parler d’un disque vinyle, ce n’est pas juste parler d’un simple album de musique. Tout collectionneur veut savoir de quel pressage il s’agit exactement (original ou repress ?), de quel pays, sur quel label, avec quel numéro sur la matrice, tel détail présent ou non sur la pochette, etc, etc. En gros, il y a de quoi passer des heures sur un seul album !

Nous avons donc posé quelques questions à André, afin de mieux comprendre ce qui anime sa passion, comment il l’assouvit à Strasbourg et pour savoir quel regard il porte sur le monde du vinyle aujourd’hui.

Bonjour André. Ta chaîne YouTube s’appelle « Je disque Je veux ». C’est déjà un vrai programme en soi. Si je comprends bien, on est ici pour parler de musique sans langue de bois….

Exactement !!! À la base, je cherchais un nom qui évoque le disque ou la musique. J’étais content de l’avoir trouvé, ce « Je dis ce que je veux » parce que ça sous-entend également ce côté que j’exprime le fond de ma pensée, de pouvoir encenser des artistes ou des disques peu réputés, où au contraire, admettre que je n’apprécie pas un disque ou un artiste alors que tout le monde trouve ça génial.

 J’en viens très vite à te demander comment est née ta passion du vinyle ? Est-ce tu as toujours collectionné ?

Toujours en effet ! Je me demande même si je ne savais pas utiliser le tourne-disque familial avant de savoir marcher ! (sourires) Mes parents m’ont toujours laissé un accès à leurs disques vinyles et leurs cassettes, et j’ai grandi avec ces supports. Dans les années 1990, quand le CD s’est imposé, les gens se sont débarrassés de leurs vinyles. J’en ai récupérés, des collections complètes! Il y avait de tout là-dedans, pas toujours que du très bon, mais ça m’a permis de découvrir un tas d’artistes ! Et dans les brocantes, on achetait ces disques pour trois fois rien. Tout mon argent de poche passait là-dedans ! J’achetais surtout du disque vinyle parce que ce n’était pas cher. Les CD coûtaient entre 13 et 22 €, qu’il fallait acheter neufs, quand tu avais des 33 tours pour 1 à 3 € dans les brocantes ! J’enregistrais aussi sur K7 audio. En fait, j’ai plus collectionné la musique en général, qu’un support précis.

Lorsque tu as mis en ligne ta première vidéo – il y a environ trois ans et demi, tu portais déjà ce fameux chapeau. C’est devenu un peu ton emblème non ? C’est important d’être facilement identifiable sur un site web comme YouTube ?

Ce chapeau est mon sauveur ! Lors du tournage de la première vidéo, j’avais beaucoup de mal à entrer dans mon personnage. J’étais trop tendu, encore pire que lors d’un oral d’examen ! En mettant ce chapeau, comme un déguisement, je suis devenu plus naturel. Alors je l’ai adopté et depuis, il est dans toutes mes vidéos. L’effet involontaire, c’est qu’il est devenu un emblème, et c’est vrai qu’il est souhaitable d’avoir un objet qui t’évoque, qui te donne une identité.

C’est un chapeau qu’on peut d’ailleurs croiser dans les rues strasbourgeoises car, tu ne t’en caches pas dans tes vidéos, tu travailles à Strasbourg et surtout tu fréquentes assidûment les disquaires de la ville. Tu as aussi fait des vidéos sur les disquaires de Paris, Lyon, Londres ou encore Fribourg-en-Brisgau. Pour toi, le vinyle ça s’achète dans ces boutiques avant tout ?

Pour moi, le vinyle s’achète partout et il ne faut négliger aucun endroit. Selon les lieux, le choix sera intéressant ou pas, et les prix seront plus importants ou pas. Chez les disquaires ou dans une bourse aux disques, il n’y a que de bons disques, triés, classés, en bon état, mais à un tarif supérieur que dans les brocantes ou les ressourceries, qui demandent de prendre plus de temps, d’avoir l’œil pour vérifier l’état, de trouver trois disques intéressants parmi plusieurs centaines de disques sans intérêt ou abîmés, mais où les prix sont souvent dérisoires.

Je parle plus des disquaires dans mes vidéos, car je suis pour la sauvegarde des commerces de proximité, y compris les disquaires indépendants. Il ne suffit pas de dire qu’il faut sauvegarder ces commerces, il faut le faire, et montrer l’exemple. On comprend vite que pour être disquaire, il faut avoir des milliers de disques en stock, dans tous les genres, pour que l’amateur d’un genre vienne fouiller et sortir un ou deux disques. Économiquement, c’est dur pour les indépendants. Alors je les soutiens à ma manière !

André présente ici son dernier achat chez un disquaire strasbourgeois.

S’il n’y avait pas eu le confinement, on aurait dû être en plein Disquaire Day ? Cette « fête » des disquaires indépendants est-elle un rendez-vous que tu affectionnes ?

Je suis partagé concernant le Disquaire Day. Comme je le disais pour le soutien des disquaires, c’est LE moment dans l’année où le disquaire indépendant est privilégié par rapport aux grandes chaines de distribution. Il reçoit des pressages sortis uniquement pour ce jour, dans des quantités limitées. Je sais que c’est une rentrée d’argent non négligeable qui leur remet de l’oxygène dans leurs comptes. C’est pour ça que je participe financièrement, en achetant plusieurs disques ce jour-là.

Pourtant cet événement n’est pas parfait, et j’ai même envie de dire qu’il se dégrade ! Les majors ont bien compris l’intérêt financier et rééditent de « faux collectors » vendus bien trop cher, et à l’intérêt limité ! Une réédition d’un album de Pink Floyd ou des Rolling Stones en couleur n’a pas d’intérêt, ces disques existaient déjà et se sont vendus à des centaines de milliers d’exemplaires. Ils rééditent aussi des inédits ou des premières parutions en vinyles d’albums déjà sortis, et ça c’est déjà plus intéressant.

Par contre, depuis deux ans, on constate que ces disques se retrouvent ensuite dans tous les commerces, quinze jours plus tard ! Où est le côté « collector », la rareté qu’il fallait dénicher ce jour au Disquaire Day ? À la base, c’était une fête de labels indépendants, qui se sont fait presque éjecter du projet et dont les sorties ne sont pas toujours référencées sur le site du Disquaire Day. Les majors ont changé toutes les règles. Et parlons franchement d’un autre point : les disquaires n’ont pas beaucoup de marge commerciale sur ces ventes. L’intérêt devient de plus en plus limité même pour eux !

À Strasbourg, les collectionneurs sont chanceux car il s’y tient, en plus, une des plus grosses bourses aux disques de France. Il y a d’ailleurs des vidéos où tu parles de tes achats à cette occasion. L’Alsace semble un peu au centre de la plaque tournante du vinyle en Europe, au carrefour de l’Allemagne et des Pays-Bas, non ?

Il est vrai que dans la Bourse aux disques de Strasbourg, il y a des vendeurs de toute l’Europe. Notre proximité avec des frontières doit aider, que ce soit pour faire venir des vendeurs étrangers comme des acheteurs étrangers ! Je ne sais pas si on peut parler de plaque tournante, car j’ai aussi vu sur Nancy des vendeurs étrangers. Ce qui est certain, c’est que la Bourse aux disques de Strasbourg est un événement qui dure depuis presque 25 ans, sans interruption, et avec un succès grandissant.

Une de tes vidéos les plus vues s’intitule « Différencier un repressage moderne d’un pressage vinyle d’époque ». Le disque vinyle n’a jamais disparu mais on peut dire quand même que, depuis quatre ou cinq ans, il est de retour en force. Quelle est ta position vis-à-vis des rééditions d’albums très connus à 20/25€ alors qu’on les trouve dans les brocantes à 3 ou 4€ et de tout ce marketing autour du 180g, du disque couleur, des soi-disant éditions limitées, etc. Sans parler de la spéculation galopante autour de certains disques…

Le sujet est vaste. Pour répondre rapidement, je suis très partagé concernant les rééditions de disques vinyles. Elles gagnent récemment en qualité, car les premiers repressages n’étaient que des masters CD remis sur disque vinyle sans mastering spécifique au vinyle. En gros, c’est comme faire passer un gros cube dans un tuyau rond plus petit, ce n’est pas prévu pour ! Le mastering est une « préparation du son » au support vinyle, un mixage spécifique qui est différent du mixage du CD. L’argument du 180 grammes qui concerne le poids et l’épaisseur du disque vinyle n’est qu’un argument commercial. Sans mastering spécifique au disque vinyle, le disque aura un son plat, et tu peux avoir un disque très fin comme un disque de 240 grammes, ça ne sonnera pas de toute façon !

Ces rééditions n’avaient aucun intérêt, ni sur le plan sonore (le fameux son analogique et chaud du vinyle, puisque la source est numérique), ni sur le plan économique, car certains de ces disques se trouvent très facilement en occasion, comme les Supertamp, La Fièvre du samedi soir, etc. en bien meilleure qualité ! Le seul intérêt de ces disques, c’est la rétribution de l’artiste sur ces ventes, ce qui n’est pas le cas de l’occasion.

Après, il y a des disques introuvables, comme des albums de jazz ou de blues, ou les musiques de film qui ne se trouvent pas facilement en pressage d’époque. L’intérêt du public est plus important actuellement qu’à la sortie de ces disques. Il y a aussi tous les albums sortis après 1990, qui ne sont parfois jamais sortis en disques vinyles ou l’ont été à des quantités infimes et se vendent à plusieurs centaines d’euros sur internet! Ces disques-là trouvent grâce à mes yeux en réédition.

Après, comme pour le Disquaire Day, on crée du « faux collector », avec des quantités limitées, des disques en couleurs, et tout ça entraîne une spéculation malsaine. On l’a vu avec l’album posthume de Johnny Hallyday, où des petits malins essayaient de vendre le 33 tours blanc (introuvable le soir même de sa sortie) sur internet à 400 € quand le disque se vendait le matin même à 25 ! J’ai vu des comportements qui en disent long sur la bêtise humaine. Heureusement, nous ne sommes pas tous comme ça !

Quelques artistes reviennent souvent dans tes achats : Elvis Presley, Eric Clapton, David Bowie, T-Rex, Jim Croce, Sweet, Sparks, Suzi Quatro, etc. – pas mal de vieux bluesmen aussi. Disons que tu as plutôt un esprit rock old school (sourires). Tu ne sembles pas écouter beaucoup de musiques actuelles…

On fait encore de la musique actuellement ? Je plaisante ! (rires) En fait, j’ai toujours eu un train de retard dans la musique. Je choisis ma musique comme le vin, je la laisse d’abord vieillir et je garde ensuite le meilleur. Je suis conscient que c’est mal de ne pas soutenir des artistes actuels, mais souvent, je n’accroche pas au son. Je n’ai pas le même plaisir quand j’écoute un vieux disque de blues ou un disque d’un bluesman actuel. La production est lissée, l’enregistrement trop parfait, le son compressé dans le but de gagner en puissance. Je ne parle même pas des titres radio, qui sont composés par des algorithmes dans le but de générer des clics sur les plateformes de streaming. Où est le solo de guitare ? L’introduction ? J’ai beau essayer, je trouve toujours quelques disques intéressants ici et là dans les productions actuelles, mais je préfère mes vieilles casseroles qui donnent plus de goût pour les soupes !

Je n’ai jamais accroché à la musique électro par exemple. Peut-être qu’en tant que musicien*, je suis inconsciemment pour le rassemblement de musiciens, d’idées humaines qui se combinent et se conjuguent pour générer une émotion. Là encore, je passe à côté d’un grand pan de la musique, vu les dérivés, et ça ne m’aide pas pour apprécier la musique actuelle.

* Il joue dans deux groupes, notamment W-Man.

Ce qui me frappe particulièrement dans tes vidéos, c’est que tu refuses tout snobisme – trop souvent associé aux collectionneurs de vinyles. Tu revendiques même ta passion pour Balavoine et des plaisirs « coupables » comme Crystal Gayle ou Karen Cheryl…

Ah non, Crystal Gayle n’est pas un plaisir coupable ! (Sourire) Je suis pour l’idée qu’on s’accepte soi-même et qu’on accepte ses goûts. Si Clayderman, Mireille Mathieu et ces artistes peu cotés actuellement ont vendu des disques (et continuent d’en vendre), c’est qu’ils répondent à la demande d’un public qui aime ça. Avons-nous le droit de juger ces personnes qui aiment des musiques dites « faciles » ? On a tous des artistes que l’on apprécie par nostalgie, même si ce n’est qu’une chanson, mais on ne l’avouera pas pour « l’image qu’on peut donner » ! Non, assumons ! Si cette musique nous donne du plaisir, elle fait son boulot, qu’elle soit en trois accords, avec un texte d’amour à l’eau de rose, ou au contraire composée en trois mois, avec des recherches aussi poussées que sur un travail scientifique. Si ça te fait vibrer, si tu ressens une émotion à l’écoute, profite de ton plaisir ! Et si des gens me snobent parce que j’ai du plaisir en écoutant Karen Cheryl ou Sardou, tant pis pour eux !

Tu es un collectionneur mais es-tu sujet au syndrome de la 33tourette popularisé par ton collègue youtubeur Vinylement Vôtre ? Pour le dire autrement, es-tu un acheteur compulsif et es-tu enclin à dépenser une certaine somme pour des vinyles rares ?

Sur les sommes, je peux être raisonnable ! Quand je trouve un disque, j’ai, dans ma tête un prix que j’aimerais mettre pour ce disque, compte tenu du pressage et de l’état. S’il est au-dessus, je le repose et je cherche d’autres disques. Après, je suis aussi raisonnable car mes finances sont limitées ! J’avoue que je suis parfois un acheteur compulsif, mais ça dépend vraiment de mon humeur. J’arrive à être raisonnable certains jours, et d’autres jours, je ne peux pas laisser passer une telle occasion ! Et il y a parfois plusieurs bonnes occasions en peu de temps…

Personnellement, je suis tombé à la renverse de ma chaise quand j’ai entendu les premières notes du vinyle original d’Histoire de Melody Nelson de Gainsbourg que j’ai déniché un jour dans une brocante strasbourgeoise. Est-ce que ça t’a déjà fait cet effet avec un album que tu connaissais déjà très bien mais seulement en format CD ou mp3 ?

J’ai eu de bonnes surprises en écoutant certains pressages américains, comme ceux d’Otis Redding ou de Roy Buchanan qui sonnent mieux que nos pressages vinyles européens. Mais je suis jaloux de ton Melody Nelson !

Tu tiens aussi un blog ainsi qu’une seconde chaîne YouTube, mais également une chaîne Dailymotion. Tu peux nous en dire un peu plus à leurs sujets ?

Le blog est un complément aux vidéos, qui tient compte des commentaires (qui contiennent souvent de très bonnes informations ou d’autres points de vue), et parfois des petits bonus. J’ai créé ce blog pour avoir un endroit où était référencé tout mon travail, celui sur YouTube et celui de Dailymotion, mais aussi sur Facebook. Le blog est accessible à tout le monde, y compris ceux qui ne me suivent pas sur Facebook.

Ma page Dailymotion a été créée pour mettre en ligne un autre projet : partager sur le net des raretés sonores. Il est vrai que ça se limite en majorité à l’écoute de mes 78 tours (l’ancêtre du disque vinyle). Une musique d’une autre période, que l’on écoutait dans d’autres conditions ! Ces disques sont tellement fragiles que je les sauvegarde en quelque sorte, ceci avec des informations complémentaires sur l’artiste, le label, etc.

La seconde chaîne YouTube est un travail complémentaire d’une vidéo. J’y mets en ligne des comparaisons d’écoute entre différents pressages de disque vinyle, venant de pays différents, de supports différents, des mixages mono ou stéréo, ou de chansons étant à la fin ou au début d’un disque. Parfois la différence est flagrante. Parfois il n’y en a pas. Je voulais que mon public se fasse une idée par lui-même, et non que je lui impose mon point de vue.

Peux-tu aussi nous parler un peu des prochains sujets que tu comptes aborder dans tes vidéos à venir ?

J’aimerais vraiment continuer la série « Trois chansons pour découvrir », une série de vidéos où je parle de trois chansons que j’aime d’un artiste, et pas forcément les plus connues. C’est un choix subjectif, avec une explication rapide des chansons.

Je vais aussi reprendre « Les questions du mardi », une série de vidéos où je réponds aux questions que je reçois, qui sont à la fois des questions techniques sur le vinyle, mais aussi concernant la musique, mes goûts, etc.

Je sais que mon public attend ce rendez-vous ! Je travaille en ce moment sur un recensement des prix des disques vinyles pendant la période 1950/1990 afin de montrer que le disque vinyle a toujours été vendu cher. Un autre projet est une réflexion sur la qualité de la musique actuelle, pour répondre à la question « La musique actuelle est elle aussi mauvaise qu’on le dit ? La musique passée était-elle meilleure ? » Tout ça demande des recherches et du travail, en plus du tournage et du montage, car, une fois la vidéo mise en ligne sur YouTube, on ne peut plus rien ajouter ! Alors je prends mon temps…

La communauté YouTube des collectionneurs de vinyles semble très amicale. On trouve sur ta chaîne plusieurs vidéos de rencontres avec Monsieur Vinyl, Hello Vinyl, E.N.G Sounds, Rockologie. N’y-a-t-il vraiment aucune concurrence entre vous ?

Sur le plan des vidéos, il n’y a pas vraiment de concurrence : on a un public de mélomanes et/ou d’amateurs de vinyles, qui est commun. Après, certains sujets ou personnalités n’intéressent pas forcément tout le monde. On a chacun une personnalité propre, un style, une manière de traiter un sujet. On ne « vole » pas des abonnés à un autre Youtubeur lors d’une collaboration, on élargit son public mutuellement, d’où cette idée de rencontre. Les amitiés viennent toutes seules, on a tant de choses en commun. La seule concurrence possible, c’est de nous mettre devant des bacs de vinyles à petits prix !

Enfin pour terminer, peux-tu citer un ou deux albums qu’il faut absolument écouter en vinyle selon toi ?

Pour moi, le quatrième album de Led Zeppelin, parce que j’ai la première réédition CD qui ne rend pas justice à cet album sur le plan sonore, et qu’un pressage vinyle est très facilement supérieur à cette version CD des années 80. Après, il y a des disques « objets » qui n’ont pas bien été réédités en CD, comme le School’s Out d’Alice Cooper pour lequel la pochette du disque est une table d’écolier et le disque est emballé dans une culotte. Le Catch à Fire de Bob Marley aussi où la pochette originale s’ouvre comme un briquet zippo. Quand tu prends ces disques en main, au-delà du son d’époque qui était parfois très novateur, tu tiens un album avec un travail poussé jusqu’aux détails de la pochette. La liste de ce genre de pochette est longue, mais qui peut profiter de ce travail autour de l’album sur une écoute en streaming ? Pour moi, l’objet 33 tours permet tellement de choses, au-delà de la musique qu’aucun autre support ne permet.


Si vous souhaitez retrouver André son sa chaîne YouTube, c’est donc par-là. Il se peut que vous le croisiez aussi la tête dans les bacs des disquaires de Strasbourg. Alors il vous saluera peut-être avec son fameux slogan de fin de vidéo : Longue vie aux disques vinyles !

Le fameux Bob Marley en forme de zippo, ce que le CD et le streaming ne permettent plus…

 

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