Friand ou curieux de murders, jeux d’enquêtes, jeux de rôles, GN et même de spectacles et d’expériences uniques ? Approche-toi : Le Comptoir du Crime, cette agence d’événementielle qui commence à percer dans l’agenda culturel et ludique strasbourgeois, compte bien t’embarquer dans leurs univers mystérieux. On est allé à la rencontre des deux amis qui se cachent derrière ce beau projet qui va faire palpiter fort ton petit cœur de specta(c)teur.

Crédits photo : FEFFS

D’un rôle à l’autre

Derrière Le Comptoir du Crime, deux tenanciers qui ont de la bouteille : Michael Galmiche et Damien Bechler. Avant d’être le duo créatif à l’origine de cette agence d’événementiel spécialisée dans l’expérience immersive et le mystère, ils sont avant tout des amis, réunis tous deux par une passion commune du jeu. D’abord le jeu de société, de rôles, de Grandeur Nature, de murders, et j’en passe. Univers dans lequel ils ont fait leurs armes pendant près de 20 ans, comme joueurs, et comme bénévoles dans des assos spécialisées… parfois à l’écriture de scenarii de Grandeur Nature pour près d’une centaine de joueurs, et même pour Michaël : deux des trois scénars de la première escape-room strasbourgeoise. Chapeau, les mecs.

Damien Bechler et Michael Galmiche, des gars à double-casquettes
Crédits photo : CROUS

A côté de cela, ils s’illustrent également dans le théâtre, puisque Michael pratique l’improvisation théâtrale depuis une quinzaine d’années, quand Damien fête, lui, sa dixième saison. Avec leur passé de joueurs, d’orgas, et de comédiens-improvisateurs, ils avaient toutes les cartes en main pour se lancer dans un projet pro, et investir des lieux jusque-là fermés pour des expériences de jeu toujours plus uniques
Avec cette double-casquette impro/GN, ces nouveaux rôles, à la tête et au sein du Comptoir du Crime, leur vont comme un gant.

Let the games begin !

Tout commence en septembre 2017, avec un jeu de piste et d’enquête. Un parcours dans la ville, organisé dans le cadre du FEFFS (Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg). Le public se prend au jeu, et eux aussi. S’ensuit une autre proposition, dans le cadre de Strasbourg, Mon Amour, en février 2018 : investir le CROUS pour une nouvelle enquête. A chaque demande, à chaque projet, une écriture personnalisée du scénario, des personnages, pour s’adapter au lieu qui leur est ouvert.

Au CROUS, dans les couloirs du RU de l’Esplanade, à côté de la fac, la victime était une étudiante. Logique. Ambiance de campus oblige, on y croisait un jeune rockeur gotico-mélancolique, un prof charismatique, un scientifique, un concierge de RU comique et une étudiante en Lettres accro à Insta et narcissique… Les enquêteurs d’un soir ? Les étudiants, encadrés par le duo costumé en flics, se baladaient de suspects en suspects. A la fin, une confrontation et une arrestation du coupable.

Les comédiens du jeu d’enquête au CROUS, dans le cadre de Strasbourg, mon Amour
Crédits photo : CROUS

Une carte à jouer

Le duo sort son épingle du jeu, et tout s’emballe : recommandés par Daniel Cohen – le directeur du FEFFS – le Musée Alsacien de Strasbourg, qui se distingue depuis quelques années dans sa démarche de médiation culturelle, les contacte pour un autre projet, dans sa bâtisse historique. Afin de dépoussiérer l’image que certains Strasbourgeois ont de ce musée plus-que-centenaire, majoritairement fréquenté par les touristes mais déserté par les locaux.

La cour du Musée Alsacien investie par les enquêteurs d’un soir
Crédits photo : Maxime Damien

Quelques mois plus tard, le 6 décembre 2018, jour de la Saint-Nicolas, le Musée Alsacien ouvre alors ses portes à un jeu d’enquête immersif, à l’occasion d’une expo sur la légende d’Hans Tràpp.
Mêmes ingrédients : le duo écrit pour le lieu, pour l’expo, et cette fois-ci, les spectateurs-enquêteurs seront chargés de résoudre le mystérieux meurtre de l’assistante du conservateur.
Le succès est au rendez-vous, la soirée affiche rapidement complet.

Crédits photo : Vincent Ledig

La spécificité du Comptoir du Crime, est de proposer peu d’événements mais qu’ils soient chiadés. La qualité plutôt que la quantité. Et ça paye. Leur credo « immersif, ludique, théâtralisé », fait la différence dans une offre de plus en plus conséquente d’événements ludiques. L’idée n’est pas seulement que le public vienne en nombre… mais qu’il en ressorte satisfait, avec le souvenir d’avoir vécu quelque chose d’unique, une réelle expérience immersive, et mieux : qu’il revienne.

En plein dans le game
Crédits photo : Vincent Ledig

Le jeu en vaut la chandelle

La réussite du « Hans Tràpp & Friends », à l’hiver dernier, a d’ailleurs été telle, que le Musée Alsacien accueille, cet hiver une deuxième édition du jeu : « Hans Tràpp – Un meutre au musée ». Une double date dont la première, le 30 novembre, est assurée d’être jouée à guichets fermés depuis son annonce sur les réseaux. La seconde, ouverte peu après au vu du succès, se tiendra, elle, le 6 décembre. (Et avis aux intéressés : les places partent vite, n’attendez pas trop).

On y reverra les personnages de l’an dernier. Alors, avec sans trop de spoilers : une victime qui n’avait rien demandé, évidemment, et du fantastique, des légendes alsaciennes, et bien entendu, des suspects qui traînent de grosses casseroles… Le tout dans le décor si particulier du musée, et des comédiens costumés par l’Opéra National du Rhin, et maquillés par l’équipe de Candice Mack, spécialiste du maquillage FX à Strasbourg. Mazette !

Crédits photo : Vincent Ledig

Et comment parler des collaborations récentes du Musée et du Comptoir du Crime sans évoquer la très plébiscitée Grüselnàcht ? Organisée pendant le FEFFS, cette soirée attendue à chaque édition des Strasbourgeois amateurs de cinoche et/ou de sensationnalisme sanguinolent a, cette année, été reprise avec brio par le duo dans « Le Rituel ».

Crédits photo : FEFFS

On garde le lieu, l’esprit fantastique-horrifique, des performeurs (Luna Moka, à la tête de La Clandestine, l’école d’effeuillage, un duo de contorsionnistes, ainsi qu’Anossens, une danseuse-cracheuse de feu qui en a impressionné plus d’un ce soir-là) et on crée des tableaux dans lesquels s’installent des comédiens que le duo connaît bien (dont certains sont issus de La Carpe Haute, compagnie dont ils font tous deux partie, comme Fabien Fuhrmann, le héros en peignoir que tu as pu croiser dans notre vidéo sur Strasbourg, et présent sur tous leurs concepts, à ce jour).

Crédits photo : Vincent Ledig
Crédits photo : Vincent Ledig

Des scènes esthétiques, cinématographiques, travaillées en adéquation avec le lieu, et ses œuvres. Pour les spectateurs : une expérience immersive folle. Pour les plus courageux d’entre eux : un fœtus à chercher dans le ventre d’une accouchée ensanglantée (créé par un ponte du maquillage FX, David Scherer), de la cire de bougie à verser sur le corps d’une bonne sœur possédée ou un tête-à-tête avec un chirurgien sadique. Et puis un parcours au milieu de moines zombies, des incantations à gueuler en chœur pour repousser le Mal, du feu, des poupées animées. …De quoi frissonner de plaisir, quelques semaines avant Halloween.

Crédits photo : FEFFS

Petite exclusivité Pokaa : ravi de cette expérience, le Musée Alsacien valide une nouvelle collaboration avec Le Comptoir du Crime pour la Grüselnàcht 2020, et le thème a été annoncé. Ce sera autour de l’univers des « Fantasmagories », l’ancêtre du cinéma. Stay tuned.

Crédits photo : Nicolas Charaban

Les dés sont jetés

On n’arrête donc plus le duo. Avec 2 à 3 projets par an, ce qui a commencé comme le dit Damien, comme « une histoire de copains », prend de l’ampleur. En parallèle de l’orga de cette future Grüselnàcht 2020, des pistes sont en cours du côté d’autres musées de la région, des châteaux, des lieux uniques, mais aussi dans le reste de la France, et pour des entreprises.

A terme, Le Comptoir du Crime, jusque-là prestataire, aimerait créer ses propres événements. Investir pourquoi pas une friche industrielle ou le Palais Rohan, des châteaux… Pour toujours plus de défis.

Crédits photo : Vincent Ledig

L’envie, l’ambition, sont là. D’ailleurs, Damien m’explique que c’est « un peu magique », de découvrir le travail de plusieurs mois se mettre en place. Et pourtant, ce n’est pas un jeu d’enfants. Derrière ces évènements : beaucoup de boulot. Une longue gestation pour un projet qui prend vie, enfin, le temps d’une soirée. Éclair, éphémère. Après avoir fait les recherches, bouffé de la documentation, lu des mythes et légendes, monté le scénario, cherché les comédiens et les intervenants, créé la mise en scène, trouvé la lumière, le son, etc., le soir-même, tout se goupille finalement, et s’emballe rapidement. Ils ont à peine le temps d’en profiter que la soirée est déjà terminée : un shoot d’adrénaline, « un rail de coke hyper violent ». Ce qui leur donne, au final, l’envie d’y retourner, encore et encore. Pour ces deux Maîtres du Mystère, une envie commune de se dépasser, de continuer, et de pourquoi pas un jour, ne vivre que de ça.

Souvenir de la Grüselnàcht
Crédits photo : Nicolas Charaban

Que leur réserve la suite ? …Mystère, mystère.

Mais ne t’éloigne pas trop : des aventures se préparent, en secret. Et toi, là, tu es attendu… aux premières loges : specta(c)teur de ta propre soirée.


Plus d’infos sur Le Comptoir du Crime :
La Page Facebook
Le site
L’évènement Hans Tràpp – Un Meurtre au musée
[le 30 novembre et le 6 décembre]


>>Fanny Soriano<<

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