HIBA, c’est l’histoire de deux frères strasbourgeois à la créativité sans limites dont la passion n’a de taille que leur ambition. Lapez et Enry Kueyne apportent à la scène rap locale une fraîcheur fruitée qui fait du bien aux esgourdes. Avec une ligne artistique singulière, pleine d’humour et de précision, Hiba fait les choses bien, que ça soit visuellement ou musicalement.

HIBA c’est aussi une communication décalée, portée par un concept atypique. L’idée est de divertir les auditeurs et internautes, sans faire passer les deux frères pour ce qu’ils ne sont pas.

A travers les clips vidéo et la promotion sur les réseaux sociaux, le public a pu suivre la fabrication et la vente du jus de fruits « HIBA – Multijuice », plus communément appelé « HIBAjuice ». Cette bouteille de jus de fruit, qu’ils dealent, est en effet associée à chaque morceau qu’ils proposent. Une bouteille de « HIBAJuice », c’est la garantie d’un morceau frais et rempli d’énergie. Cette communication est à la fois un hommage à la culture rap et la preuve par l’autodérision, qu’HIBA ne cherche pas à vendre une image faussée de ses deux protagonistes, mais de bien montrer qui ils sont : un groupe créatif et dynamique.

A l’occasion de ce premier projet du Duo, je suis allé rencontrer Lapez, pour en savoir un peu plus sur leur histoire, leur projet et leur vision.

Pour ceux qui ignorent qui vous êtes, peux tu te présenter et présenter HIBA en quelques mots ? 

Hiba, c’est le nom du duo que je forme avec mon frère depuis à peu prés deux ans. Pour ma part je fais du pera dedans depuis 7 ans, sous le blase de Lapez. J’avais un autre Groupe avant qui s’appelait l’Ecole de l’Est, puis mon petit frère Enry a commencé à s’y mettre il y a deux ans. On avait la même vision du truc, on s’est chauffé et on a monté ce projet lié par le sang !

En 2015, tu sortais « ok » dans le cadre d’un projet « En attendant Hiba ». Vous en étiez où à ce moment ? 

En vrai à la base Hiba devait être un projet solo. A l’époque où j’ai sorti « OK », je savais pas trop vers quoi j’allais mais j’avais envie de faire un truc à moi, une mixtape ou un album. Finalement, le frère s’est greffé au truc, et au lieu d’être le nom de mon EP c’est devenu le nom de notre collaboration ! D’ailleurs à l’époque, Enry avait participé à l’écriture de certains morceaux, on était déjà un duo sans se l’avouer en vrai !

Qu’est ce que vous essayez d’apporter avec votre musique ?

Pour nous, la direction artistique est très importante, on veut apporter un contenu un minimum different, singulier, sans forcément être marginaux à l’excès. Le but, c’est de faire de la musique qui nous plaît même si c’est un peu cliché de le dire. Par exemple, on explore par mal des délires funk, on essaie de pas se cantonner à ce qu’on sait faire, que ça soit sur la prod ou au niveau du flow. On essaie d’apporter de la mélodie à ce qu’on fait. Petit à petit, on va aussi se démarquer à travers les thèmes qu’on choisira d’aborder. Et puis le fait qu’on vienne de Strasbourg aussi, on est très peu identifié dans le reste de la France mais il y a une scène montante de ouf et c’est là qu’il faut être pour tirer notre épingle du jeu.

Quelles sont vos influences, au sens large du terme, visuellement, musicalement, artistiquement ?

Plus jeune, on a beaucoup kické N.A.P, groupe mythique de la scène strasbourgeoise. En ce moment, niveau US, je dirai Smino et Kendrick pour l’identité visuelle et la musique. En francophone, il y a le suisse Makala qui apporte énormément à la musique en général et qui nous met des bonnes gifles en ce moment. 

Comment vous financez vos projets ? 

On s’autofinance de A à Z, ça charbonne, les poches saignent en ce moment mais on a rien sans rien. Heureusement, on a la chance d’être entourés de personnes motivées et qui vont dans le même sens que nous. Si on devait faire la même chose avec des prestataires, financièrement on y arriverait pas. Là, si on a besoin de quoi que ce soit, on passe deux ou trois coups de fil et on y arrive, c’est vraiment la puissance du réseau. Dans le futur, on aimerait bien collaborer avec d’autres personnes et travailler avec plus de budget, mais ça tombe pas du ciel comme ça.

Il y a des collab que vous auriez envie de faire sur Strasbourg ? 

Oui, de fou ! En vrai je peux te citer tous mes potes dans le rap, évidemment que j’ai envie de faire des turcs avec eux. Il y en a que je connais depuis que j’ai commencé et avec qui j’ai jamais eu l’occasion de faire quelque chose, il faut que ça se fasse, et ça se fera en temps voulu

Quelle place occupe la musique aujourd’hui dans vos vies ? 

En ce moment on est vraiment focus dedans à 100%, on y consacre quasiment l’intégralité de nos journées. Il y a une phrase que j’ai écrite récemment : « Vis pour ton art et pour que ton art te fasse vivre ». Ça résume bien notre état d’esprit actuel !

On vit pas encore de la musique, c’est pas encore notre job donc forcément on a nos activités à côté, mais dés que je rentre du taf par exemple, je vais tafer mes textes, faire des prises de voix. On perd jamais le rythme, on voit ça comme un sport en fait. Récemment on s’est chauffé à acquérir pas mal de matos, les prochains trucs qui vont sortir seront des produits 100% maison. Même mon frère qui est en Tunisie en ce moment, il a choppé un micro et il continue d’enregistrer depuis là-bas. On s’envoie les pistes, et on continue de bosser comme ça. Ce mois de septembre, on s’est séquestré à la maison, on a enregistré comme des malades et écrit comme des fous, on a plein de choses dans les tuyaux. On ne s’arrête jamais d’écrire, c’est un loisir, une passion, on fait ça naturellement.

Le but ultime c’est quoi ? Il y a une volonté avouée de tout niquer ou vous êtes plus à vous dire « on fait ça pour l’amour du truc » ?

En vrai faut qu’on arrache le sol ! On en parlait avec Enry il y a pas longtemps. Dans 10 ans on a pas envie qu’on rigole de nous en repensant à cette période. On a envie que ça marche, que le travail paie. C’est plaisant d’avoir un peu de reconnaissance, je pense qu’il faut pas se mentir ou être hypocrite là-dessus, dire qu’on fait ça juste pour soi ou pour le kiff. Evidemment, on est à la recherche d’expo, on aimerait faire de la scène, c’est un objectif de ouf pour nous.

On a déjà fait quelques passages au Grincheux, à la fête de la musique, on sait que c’est ça qui nous fait vibrer. Mais avant de commencer à faire des scènes, on veut avoir un truc hyper carré. C’est du boulot de faire du live, il faut que ça soit presque chorégraphié, on veut pas faire un truc brouillon, il ne s’agit pas juste de venir et de poser ses textes. Il y a les jeux de lumière, l’attitude, tout doit être nickel.

Tu peux me parler de votre projet Multijuice, le délire est parti d’où ?

Sur ce premier projet, l’idée était de présenter l’esprit de HIBA, montrer notre couleur et notre patte artistique, décalée, dans la dérision. On est pas des rappeurs qui se prennent au sérieux, on le fera jamais. On essaie de rester nous mêmes, sans s’inventer des personnages. Il n’y a pas des morceaux trop pera dans Multijuice, c’est 6 titres assez mélodieux et accessibles. La naissance du juice, ça part d’un délire, à chaque fois qu’on sortait un son on disait « ça c’est juicy », après on est parti en latte là-dessus.

Des projets à venir ?

On a énormément de choses dans le four, on a des singles qui vont sortir, deux solo et un duo, puis des visuels, des clips et deux projets d’EP 6 titres qui vont arriver en 2020.

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