Vous l’avez peut être aperçu Grand’Rue, Rue des Hallebardes ou rue Mercière. Vous avez sûrement entendu ses morceaux de variété française remplir l’air de leurs notes envoûtantes. Vous vous êtes peut-être même dit en le voyant :  » Doux Jésus, qu’est-ce donc que cette chariote du diable ? » avant de fuir en courant (si vous n’avez pas cette réf, on vous juge. Fort.). Et si vous n’avez rencontré aucune des occasions citées ci-dessus, sachez que c’est bien dommage, mais pas de panique on est là, on va tout vous raconter à vous donner envie d’aller le voir en vrai : l’orgue de barbarie, de la musique et une ambiance bon enfant en direct live sur les pavés.

Le petit set up au calme

Les plus grandes artères de notre jolie Strasbourg sont le berceau de Daniel, alias Dédé D’Ostwald, chanteur de rue, et de son orgue de barbarie. Vieux de 16 ans (l’orgue, pas le monsieur) et monté sur ses roues magiques surplombées d’énormes clés de sol multicolores (l’orgue, pas le monsieur x2) impossible de le louper. « Y a plus qu’a tirer » et c’est fabrication 100% maison. « Parce que sinon il faut trimballer la grosse table et tout le tintouin, et c’est franchement lourd. »

Fier et fort d’une cinquantaine de titres directement issus du registre des grands classiques français, d’un béret bien typique lui aussi et de ses bretelles bien ajustées – sa médaille de chanteur de 1834 fièrement pendue à son cou -, notre chanteur à la voix puissante interprète avec entrain, à la demande ou spontanément, des airs variés allant de Ferret à Renaud en passant par Piaf, Aznavour et Brassens. Le tout en faisant participer sa « foule en délire » comme il aime à l’appeler. Vous voulez entendre « La bohème » ? Pas de soucis. Voir « la vie en rose » ? Il suffit de demander. Et si vous connaissez les paroles, préparez-vous à mettre la main à la pâte (y a même des chansons « ultra coquines », c’est cadeau !). Pas encore du Aya par contre. Déso. En même temps « OOOOOH DJAAA DJAAA » version orgue, on est pas sûrs.

Mais alors Pokaa, dites-nous, c’est quoi un orgue de Barbarie ? Pourquoi Barbarie ? Ça sort d’où ce truc ? Et comment ça marche ? Et…. Tout doux bijou, on y vient bande de petits curieux.

L’instrument en lui-même

Un orgue de barbarie est un instrument de la classe des vents, portatif comme dans le cas présent ou fixe. De la même famille que ce bon vieil orgue d’église, mais en moins « je me la pète je suis de la noblesse et du clergé y a quoi ? ». Il s’actionne par une manivelle qui fait tourner les cylindres d’un boîtier à vent. Ce dernier fait passer de l’air dans des feuillets de notes en carton épais perforé. Les trous correspondent aux notes, comme les partitions écrites, mais en un peu plus fun et le solfège en moins.

Les cylindres ont également pour but de faire avancer les épais feuillets et faire progresser la chanson. Oui, parce que si la partition n’avance pas, l’orgue joue les mêmes notes en continue, effet Titanic vs Iceberg garanti.

On ignore encore pourquoi « orgue de Barbarie » mais la « main theory » dont Daniel nous a fait part, est la suivante. Un jour un inventeur Italien – parce que oui, ils n’auraient pas inventé que les pâtes et la pizza – nommé Barberi se serait dit, « franchement le piano c’est surfait, je vais faire mieux. Un orgue, mais pas pour l’église mon gars ». « Faaaake neeewwws » apparemment, mais on a pas de meilleure version et franchement celle-ci semblait pas mal.

Notre « tourneur » que vous pouvez croiser en ce beau temps estival possède un orgue à 27 flûtes. Il en existe des plus grands. Chaque tube correspond à une note et une seule, ce qui rend chaque orgue unique.

Déniché dans une exposition de Luthier à Nancy, l’orgue de Dédé est son fidèle compagnon depuis maintenant 16 ans. A la retraite et passioné de musique, l’en-chanteur de rue partagera avec vous toute la beauté des plus grands titres français et fera même chanter vos enfants sur des titres bien plus ludiques. Et, cerise sur le gâteau, ré majeur sur le fa, si vous le souhaitez, vous pouvez « louer » le chanteur et son orgue – ambiance bal musette garantie aux anniversaires, Bar-Matizvah, mariages et autres.

Pour les plus férus d’histoires

En plus de les chanter à tue-tête, Dédé connaît l’histoire de ses chansons sur le bout des doigts. Si vous vous posiez des questions sur la nature d’une chanson de Piaf, c’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’il vous racontera les déboires des personnages et les morales de leurs chansons. Toutes ces petites histoires ignorées à l’origine de chansons que toutes les générations sifflotent encore aujourd’hui.

Il n’y a pas de carte ni d’horaires pour rencontrer notre interprète et son instrument fétiche. C’est le jeu ma pauvre Lucette, et sa beauté consiste à en être éphémère. Il va falloir être curieux et chanceux, mériter votre chanson. Allez, courez, il vous attend peut être.

-Claire Arbogast

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