À moins d’un an des élections municipales, et alors que les jeunes votants ont massivement plébiscité l’écologie aux européennes, il est assez amusant de se pencher sur des images de Strasbourg en 1920. Places centrales arborées, enseignes non-électrifiées et bâti préservé, la ville y ressemble, en plusieurs aspects, à bien des aspirations actuelles.

Strasbourg, 1920. Malgré la violence de la première Guerre mondiale, durant laquelle 3.000 strasbourgeois sont morts au combat sous l’uniforme allemand, la ville ressort relativement indemne du conflit. Grâce à l’implication du maire Rudolf Schwander, la population n’a pas connu la faim, malgré ce bilan démographique assez lourd. Par le traité de Versailles l’Alsace-Moselle est rendue à la France : les Allemands sont expulsés de la ville et certains monuments impériaux sont détruits.

La Place Kléber arborée, au début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)

Le rattachement de Strasbourg au reste de la France n’est pas sans poser quelques problèmes : majoritairement dialectophones, les habitants refusent le centralisme et souhaitent le maintien d’un statut particulier. En témoigne la montée de nouveaux mouvements politiques, notamment communistes et autonomistes. Pour autant, la ville retrouve rapidement une certaine prospérité. Le trafic fluvial augmente considérablement. Le port autonome ainsi que le réseau de chemin de fer participent au développement du commerce et de l’industrie. Des logements sociaux sont construits pour accueillir un nombre croissant d’ouvriers. L’université accueille quant à elle un nombre croissant d’étudiants venus du monde entier.

En septembre 1920, les premiers appareils de radiodiffusion sont mis en vente. Et tandis qu’à Paris, la nouvelle génération qui rêve d’un nouveau monde se voit proposer des formes inédites de divertissement comme le jazz et le charleston, venus d’Amérique avec les alliés, c’est toute la France qui en bénéficie à travers son poste : on assiste à l’émergence d’une culture populaire. À l’utopie positiviste du XIXème siècle succède un individualisme extravagant. Le mouvement dada naît avec, dans son sillage, le surréalisme. L’Art nouveau chargé, fauché par la guerre, fait place à l’Art déco épuré. Le tout sur fond de très grande croissance économique. Ces évolutions ne sont pas du goût de tous : le 31 juillet 1920, le parlement adopte une loi déclarant l’illégalité de l’avortement et de la contraception, proscrivant toute « propagande anticonceptionnelle » ; un rappel, s’il en fallait, qu’on voit toujours le passé meilleur qu’il n’a été.

La place Gutenberg durant la seconde Guerre mondiale
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)

Aussi sans renier les défis posés par l’époque, est-il amusant de se pencher sur des images de Strasbourg à cette époque. Place Kléber richement arborée, enseignes peintes empêchant toute pollution lumineuse rue du Vieux marché aux poissons et même secteur piétonnier avant l’heure dans la Grand’Rue : sur plusieurs aspects, la ville d’hier y ressemble à la ville qu’on construit aujourd’hui. Une ville plus végétale, plus résiliente et moins polluée, vers laquelle tendent de nombreux aménagements municipaux récents, de la rue du Jeu des enfants aux quais, en passant par la rue des Juifs, pour ne citer qu’eux. Ces préoccupations ont également marqué les projets citoyens soumis au budget participatif mis à disposition par la Ville. Retour vers le futur avec notre sélection d’images inédites.

Ci-dessus et ci-après, la place Gutenberg arborée au début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
Ci-dessus et ci-après, la Place Kléber arborée au début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
Les strasbourgeoises du début du siècle dernier place Kléber
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
Ci-dessus et ci-après, l’hôtel Maison Rouge voisin au début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
La place de l’Homme de fer et ses enseignes rétro (peinture, bois et métal) au début du siècle dernier (du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
La rue de la Haute Montée au début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
Dans la continuité, la place Broglie au début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
Ci-dessus et ci-après, la rue du Vieux marché aux grains au début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
La rue du Vieux marché aux poissons au début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
La rue Mercière et sa fameuse colonne au début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
La place des Bouchers, aujourd’hui la place d’Austerlitz, et ses enseignes peintes au début du siècle dernier (du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
La Grand’rue, piétonne avant l’heure, au début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
Tandis que circulaient les premières autos à l’Orangerie, au début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
Pour les usagers des transports en commun, les premiers Mangemorts, le nom donné aux contrôleurs de la CTS par les membres du groupe Facebook Université de Strasbourg (du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
Le Heetch de l’époque, les chauffeurs de taxis du début du début du siècle dernier
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
Les vrais hipsters du Café de la Biennale, les postiers de l’Hôtel des Postes du début du siècle dernier (du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)
Avant la trottinette électrique, rue du Vieux marché aux poissons, au début du siècle dernier (du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)

La place Kléber au début du siècle dernier, alors que les arbres se font déjà rares
(du livre « C’était hier à Strasbourg » (1987), Pierre et Astrid FEDER)

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