Savez-vous pourquoi les corbeaux volent à l’envers en Lorraine ? Eh bien c’est pour ne pas voir la misère, bien sûr ! Vous savez peut-être aussi pourquoi les Lorrains ont de grandes oreilles ? Eh bien c’est parce que, lorsqu’ils sont enfants, leurs mères les soulèvent tous les jours par les oreilles en leur disant : « regarde au-dessus des Vosges comme c’est beau l’Alsace ! »

Ces deux petites blagues sont très connues des Alsaciens, et elles résument assez bien la fameuse animosité Alsace – Lorraine. Une somme de boutades et de clichés plus ou moins intelligents. Mais en tant qu’Alsacien j’ai eu envie d’aller plus loin, pour vous lecteurs de la vallée du Rhin et de la France de l’intérieur, j’ai voulu faire le tour des principales raisons qui poussent les Alsaciens à se moquer des Lorrains.

L’origine Historique du ressentie des Alsaciens envers la Lorraine

Le péché originel date du début des années 1520. À cette époque, les paysans Alsaciens se soulèvent et demande l’abolition du régime féodal et la liberté de pratiquer la religion protestante : c’est ce que l’histoire retiendra sous le nom de révolte des « rustauds ». Le Duc de Lorraine, en grand champion du catholicisme, fut envoyé par l’Église pour mettre fin à cette révolte. S’en suivi de multiples batailles qui aboutissent en 1525 lorsqu’environ 35000 de ces paysans Alsaciens se trouvent retranchés derrière les murs de Saverne. Ils savent qu’ils ne pourront pas gagner militairement contre l’armée de métier du duc Antoine de Lorraine et proposent de déposer les armes et les chevaux si le duc les laissent retourner sur leurs terres sains et saufs. Le duc leur dit qu’il accepte et les paysans sortent rassurés en petits groupe désarmés de Saverne. Et c’est ce moment que choisi l’armée du duc de Lorraine pour frapper ; ce fut une véritable boucherie, car ce jour-là il y eu 30 000 morts, soit 10% de la population Alsacienne de l’époque. Cette histoire marqua profondément les esprits Alsaciens en associant les Lorrains à des traîtres et des brutes à qui on ne peut pas faire confiance.

Gravure de Gabriel Salmon illustrant la révolte des rustauds, 1526 source: Wikipedia

Voilà pour la source historique de tous ces clichés envers les Lorrains, mais est-ce qu’il n’y a pas quelques points dont on peut toujours se moquer aujourd’hui ? Prenez le tourisme par exemple.

En passant par la Lorraine…

L’Alsace est une région touristique et des gens viennent du monde entier pour visiter la route des vins ou le marché de Noël, etc… Et de façon un peu (très) condescendante il arrive que les Alsaciens se moquent de la Lorraine qui pendant ce temps n’a pas réussi à choisir entre Nancy et Metz pour sa gare TGV. Ce qui a mené la SNCF à construire une gare au milieu des champs, pile entre Metz et Nancy pour sa ligne TGV Est. Pas pratique pour les Parisiens qui voudraient visiter la Lorraine, sauf si on aime les champs de blé remplis de pesticides, bien entendu.

C’est vrai que parfois on dirait que La Lorraine cherche à être la risée de ses visiteurs. Prenez ce panneau sur l’autoroute qui nous accueille en arrivant en Lorraine : quel Alsacien n’a jamais rigolé en le voyant ?

Le panneau de l’autoroute A4 après Sarreguemines, en direction de Metz. (source Google maps)

Tandis que le panneau qui nous accueille avant Strasbourg a quand même une autre allure. C’est quand même plus classe qu’un mineur dépressif devant un alignement de maisons grises.

Le panneau de l’A 35 à l’approche de Strasbourg source : DNA

La mesure de la richesse dans les villages Lorrains

Connaissez-vous les « usoirs » ? Eh bien les « usoirs » sont une particularité Lorraine. C’est la raison pour laquelle les voies centrales des villages Lorrains typiques (le village-rue) se distinguent par le retrait des maisons par rapport à la route et la largeur de la voie principale, comme on peut le voir sur cette photo :

Le village de Saint Louis en Moselle.

Ces espaces étaient autrefois réservés pour le rangement du matériel agricole, mais surtout un lieu de dépôt du tas de fumier, symbole de la richesse du propriétaire de la ferme. Et il n’y a que les Lorrains pour se dire, en se levant le matin et en voyant devant leur maison un gros tas de déjections animales : « chérie notre tas de fumier est plus gros que celui du voisin, nous sommes riches ! »

Un village Lorrain à la fin des années 1890 et les grands tas de fumier devant chaque maison source : journals.openedition.org/archeopages

Il faut comparer les usoirs à ce qui était la mesure de richesse par excellence des fermes alsaciennes : les colombages et la décoration du portail de la ferme. Dont voici quelques exemples :

Les maisons à Colombage d’Eguisheim source : maison-monde.com
Portail d’une ferme de Lampertheim construit en 1831 source : La maison du Kochersberg

La rivalité entre le FC Metz et le Racing Club de Strasbourg

Au-delà du fait que les derby au foot sont toujours tendus du point de vue des supporters, le match Strasbourg-Metz a un arrière-goût très amer pour les plus anciens supporters. En effet, lors de la finale de la coupe de France 1995, un drame s’est produit dans un des bus amenant les supporters Strasbourgeois au parc des princes. Pendant le trajet un des supporters du club, Jean-Michel Kroné, poussé par la joie et l’ambiance, a sorti sa tête par la fenêtre du toit du car. C’est à ce moment la que le bus est passé sous un pont un peu bas, et notre pauvre supporter Strasbourgeois est mort sur le coup, décapité. Ce drame a calmé les supporters et il y avait peu de chant et de joie pendant la finale du côté Strasbourgeois (d’autant plus que c’est Paris qui a gagné). Cela aurait pu juste rester une triste histoire, mais seulement deux semaines après le drame, le Racing se déplace à Metz pour le championnat et lors de ce match les supporters Messins ont eu la méchanceté de chanter : « Jean-Michel, BAISSE LA TÊTE ! » pendant une bonne partie du Match… C’est un acte de provocation que le principale groupe de supporters Strasbourgeois (les UB 90) n’oublieront probablement jamais. Ce qui explique peut-être la tension et les violences qui émaillent parfois les matchs Strasbourg -Metz. Une plaque en métal au nom de Jean-Michel Kroné est d’ailleurs accroché au mur du Stade de la Meinau du côté du « Kop » des supporters pour rappeler sa mémoire.

Enfin, maintenant que l’Alsace et la Lorraine font partit de la même région, « Le Grand Est », ces guerres de clocher appartiendront certainement bientôt au passé. Et il faut dire que chaque Alsacien a un grand père ou arrière-grand-père Lorrain, et vice-versa, donc se moquer des Lorrains c’est un peu se moquer de soi-même. Et il y a largement autant de quoi se moquer en Alsace, voire même plus. Mais ce sera pour un prochain article !

13 COMMENTAIRES

  1. Et vous savez pourquoi les corbeaux volent en vrille quand ils passent au-dessus de l’Alsace ?
    C’est parce qu’ils sont obligés de se boucher le nez à cause de l’odeur

  2. Sauf que la gare Lorraine TGV sert justement aux trains qui contournent Paris, par exemple pour aller dans le Sud-ouest. Si les Parisiens veulent visiter la Lorraine, ils peuvent descendre aux gares de Metz et Nancy.

  3. Je suis abasourdi par cet article de « fond »
    « j’ai voulu faire le tour des principales raisons qui poussent les Alsaciens à se moquer des Lorrains » donc la question se résumé à une guerre du XVI eme siecle, des panneaux d’autoroutes, des ruelles et le foot…?? ouawwww ces investigations ont du décidément vous prendre beaucoup de temps.
    Peut être serait-il plus intelligent…utile… d’aller à la rencontre de la jeune génération et leur demander quelles en sont les raisons selon eux, et mettre fin à cette gué-guerre inutile grâce à ces rencontres ???
    Décidément, vous êtes la honte du « journalisme »alsacien et la solution soporifique à la réflexion de vos lecteurs.

    PS : je suis rassuré par les autres commentaires !

    • Mon pauvre gars faut que tu baise un coup, on dirait que tu as pas rigolé depuis longtemps.. Si tu veux du journalisme d’investigation tu as qu’à aller sur le monde diplomatique. Ou peut-être que le niveau y est trop élevé pour toi ? Moi j’ai bien aimé l’article, et j’y ai pas cherché une quelconque vérité. Ça m’a fait marrer 5 min c’est tout.

      PS : Qui utilise encore P.S. ???

      • Merci Zorro 🙂

        Tres cher D. Lienard (eh oui des gens utilisent encore cette expression aussi)
        Je ne cherche pas du journalisme d’investigation simplement une connerie moindre. Tu as bien aimé cet article, tant mieux mais permet moi de te dire que je préfère être du genre « à ne pas avoir rigolé depuis longtemps  » que celui des personnes dont l’humour s’apparente plus au niveau intellectuel de Kev Adams …

        PS 2 : (oui il n’y en a jamais assez mouahaha) : le monde diplomatique sérieusement ? c’est donc ta seule référence journalistique un tant soit peu intellectuel. Ah oui je comprends mieux que cet article t’ai fait marrer.

    • Encore faudrait-il que la jeune génération soit issue du terroir et là, rien n’est moins sûr.
      Cet article explique une page d’histoire que je ne connaissais pas et des pratiques que je pensais révolues, mais en suivant l’actualité, on s’aperçoit très vite que l’histoire est un éternel recommencement et que le pot de terre ne casse pas le pot de fer … Hop là !

  4. Actuellement en recherche d’emploi, je soumets ma candidature pour un poste de rédactrice/ relecture/ vérification des informations.
    NB: (puisqu’il paraît qu’on ne dit plus PS) j’ai de l’humour, pensez-y !

  5. Dommage il y a tellement d’autres choses merveilleuses à chroniquer…à quand un article sur ces salopes de féministes, mais dans le fond qu’on aime bien ou encore ces vielles pédales d’homosexuel, mais y’en a quand même des sympas. Ces articles teintés d' »humour » ne font qu’attiser les haines ridicules entre les hommes. C’est pas comme si à Strasbourg on avait pas eu récemment un bel exemple de haine injustifiée.

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