C’est lors d’un mardi après-midi ensoleillé que j’ai eu le plaisir de discuter avec le jeune rappeur parisien PLK, dont le premier album cartonne déjà, lui promettant une tournée au goût de succès. Notre conversation laisse transparaître un jeune homme pour qui tout a commencé très tôt mais qui fait preuve pourtant d’une grande maturité et qui semble garder les pieds sur terre. Pétri de valeurs, il me parle de l’importance du travail et de la détermination, mais aussi de sa grande famille, celle du sang et celle du cœur. 

Pourquoi avoir choisi « Polak » pour le nom de ton album ? C’est un peu péjoratif comme terme non ? 

Ce n’est pas vraiment péjoratif, je trouvais ça marrant de s’amuser du cliché. Et puis on a quand même assez de chance, les Polonais : Polak en soi c’est un terme un peu péjoratif, mais les clichés qu’on a sur les Polonais ne sont pas excessivement méchants. Donc j’avais envie de jouer dessus et en terme d’image les gens visualisaient directement de quoi on parlait et je trouvais ça cool. Je le revendique. C’est un surnom que j’ai depuis que je suis tout petit et dans les quartiers on ne fait pas attention à si c’est péjoratif ou non, c’est des surnoms qu’on a entre nous.

Dans ton cas, c’est plutôt tourné affectueusement.

Oui voilà c’est très affectueux et tourné dans le sens : travailleur, un peu fou et voilà.

Tu as commencé à rapper vers 9 ans ?

C’est ça oui, je reprenais les textes d’autres rappeurs à 9 ans.

Quels sont les artistes qui t’ont inspirés ?

Étant plus jeune, j’ai beaucoup écouté Salif, la Sexion d’Assaut, Booba, Rohff.

Et aujourd’hui?

Aujourd’hui, tout ce qui se fait au niveau du rap, c’est mon travail donc tout ce qui se produit m’intéresse, mais je n’ai pas d’artistes qui m’inspirent à 100 % comme quand j’étais plus jeune.

Tu es relativement jeune, c’est ton premier album et ça marche plutôt bien. La date à Strasbourg est d’ailleurs complète. C’est la première fois que tu viens ici ?

Je ne sais plus si on l’a fait pendant la tournée avec le Panama mais en tout cas en solo c’est la première fois que je viens oui.

On ressent quoi en voyant que ses dates sont complètes, que ses concerts sont attendus ?

Je suis content, ça prouve qu’on travaille pas dans le vide, qu’on avance petit à petit, qu’on passe les paliers un à un et c’est super gratifiant.

Un petit mot pour ton public strasbourgeois qui sera là pour ton concert du 2 février ?

J’ai très hâte de voir ce que donne le public strasbourgeois, on m’en a dit que du bien, donc je suis impatient de faire cette date.

Sur cet album, tu as collaboré avec Nekfeu et SCH, un petit mot sur cette collaboration ?

Y a Paluch aussi, c’est un rappeur polonais. C’est un honneur qu’ils soient tous les trois sur mon album, au delà de la musique ce sont des amis de la vie de tous les jours, je suis d’autant plus content qu’ils aient participé à mon premier album.

Une collaboration que tu aimerais vraiment faire prochainement ?

Pas spécialement, les featurings souvent je les fait au feeling, quand je m’entend avec la personne. Si on a les mêmes idées, qu’on réfléchit pareil souvent c’est beaucoup plus facile. Donc comme ça, je ne peux pas te dire.

Si tu pouvais organiser ton propre festival de rap, y inviter qui tu veux, l’organiser où tu veux, tu ferais ça comment ?

Je ferais ça à Clamart dans la ville du 92 où j’habite. J’organiserais un grand festival pour la jeunesse, et j’inviterais les artistes avec qui je collabore déjà la plupart du temps, Panama Bendé, SCH, Nekfeu. Je m’amuserais, j’essayerais de faire venir les gens avec qui je m’entend et qu’on passe un super moment.

Tu as commencé ta carrière avec le Panama Bendé, est-ce que le fait d’avoir décidé de faire un album solo, n’a eu aucune conséquences sur vos liens ?

Pas du tout. En soi je ne suis jamais vraiment parti, le Panama continue, on traîne toujours autant ensemble; Ormaz est sur scène avec moi, mon Dj c’est celui du Panama. On est toujours reliés, on fait toujours des sessions studio ensemble. Ça n’a pas bougé.

Les autres membres du groupe font des choses en solo aussi ?

Oui, chacun bosse aussi en solo, on oublie pas Panama, on espère un de ces 4 revenir avec de nouveaux trucs.

Le succès de l’un est un peu le succès de tout le monde. Vous êtes très proches.

Exactement, on est une équipe.

Quand tu n’es pas en studio, ou en tournée, qu’est ce que tu aimes faire dans la vie de tous les jours?

J’aime beaucoup jouer au football, passer du temps avec ma famille, c’est le truc principal que je fais. Je suis très, très famille, j’aime beaucoup rester avec mes proches. Je suis très casanier. Ce sont des trucs simples, des bons repas en famille, des moments avec mes amis, pour moi c’est ça mon temps libre. Sinon je travaille énormément.

Oui, tu vas pas mal bosser en Belgique aussi non ?

Oui, je bosse beaucoup en Belgique avec Krisy, on travaille ensemble sur mes projets, il me connaît assez bien en terme musical, donc c’est simple de bosser avec lui, on s’entend super bien, et ça fait longtemps donc de temps en temps je vais faire des petits stages à Bruxelles, ça me fait du bien.

Avant tu bossais dans la mécanique pour Mercedes. T’as été soutenu par ta famille quand t’as tout lâché pour le rap ?

Nous, on a cette mentalité-là, de tout le monde bosse pour la famille, tout le monde ramène l’argent pour tout le monde. Et après on partage tout.

Et du coup quand t’as tout lâché pour la musique, tes parents n’ont pas été inquiets ? Dans le genre l’artistique ça peut être compliqué ?

Non, pas forcément, car vu qu’en terme d’études je n’étais pas très impliqué à l’école. Mes parents ont vite compris. En gros, j’ai toujours voulu avoir mon propre business, travailler pour moi-même. L’école m’a vite saoulé, ils s’en sont aperçus, et ils ont rapidement eu envie de me donner des responsabilités étant jeune. Quand ils ont vu que je travaillais ma musique à fond, ils ont directement étaient tranquilles.

Crédit photo : Fifou

Un film ou un livre qui t’a marqué ?

Je ne suis pas très ciné, ni bouquin, après comme tout le monde je regarde des films de temps en temps. Ce n’est pas un film récent, mais un film qui m’a beaucoup marqué et que j’aime beaucoup c’est « Pulp Fiction ». C’est une référence que je kiffe. Après en plus récent, je ne suis pas super calé, selon moi y a pas grand chose d’incroyable qui est sorti récemment.

Une anecdote marrante à me raconter, qui s’est déroulée pendant la création de ton album ?

Y en a plein des trucs marrants. C’était pas sur cet album là, mais sur « Dis moi oui », c’était il y a 6, 8 mois. Tous les articles qui sont sortis sur « Dis moi oui » ils parlaient d’un clip au Brésil alors qu’on avait tourné à Paris, et ça ça m’avait fait beaucoup rire. On a jamais démenti et en fait tout le monde encore maintenant sur les gros sites de rap pense que ça a été tourné à Rio et ça nous fait marrer.

(rires) Ils doivent tous s’inspirer les uns des autres et du coup tout le monde s’est planté.

Ouais voilà c’est ça, il y en a un qui est parti en couille et ils ont tous suivi.

Tu aurais un conseil pour les enfants qui ont peut-être 9 ans, 10 ans ou 14 ans, et qui comme toi à l’époque sont entrain de rapper dans leur chambre, qui ont des rêves plein la tête et qui voudraient réussir?

C’est un peu bateau ce que je vais dire. Mais le travail. J’en démords pas. Pour moi la clé de n’importe quelle petite réussite comme la mienne, c’est le travail. Et si aujourd’hui, j’arrive à me débrouiller et à vivre de ma musique c’est quand même grâce à une grosse part de travail et d’acharnement. La meilleure qualité à avoir dans la musique c’est l’acharnement, ne pas calculer les hauts et les bas, dans la musique c’est comme dans la vie il y a énormément de hauts et de bas et ça peut vite te faire perdre ta détermination. Faut rester accroché!

Je te remercie, on viendra te voir à la Laiterie.

Merci à toi, ça fait plaisir, ça tue.

>> Propos recueillis par Emma Schneider <<

Merci à PLK d’avoir répondu à nos questions, ainsi qu’à Laura et Nina pour leur gentillesse. Crédit photo : Fifou.

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