Les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois aiment relever des défis, et les bénévoles de Coopalim semblent tenir leur pari. En effet, inauguré fin novembre dans le quartier gare, au 7 rue Kageneck, le local de l’association est désormais un lieu de vente et de partage, propice à la création d’une alternative durable à la grande distribution. Alors pour mieux comprendre le concept d’une « coopérative alimentaire », je suis partie à la rencontre de ceux qui font fonctionner la boutique, et comprendre clairement les ambitions futures de l’association.

Avant toute chose, c’est quoi une coopérative alimentaire ? 

Pour comprendre en quoi Coopalim se différencie des grandes surfaces plus « classique », il faut commencer par mettre des mots un peu plus clair sur le concept de « coopérative alimentaire ». Mais pas d’inquiétudes, il est inutile de chercher sur Google, j’ai les réponses à tes questions ! En général, une coopérative est un ensemble de personnes et non pas de capitaux, c’est-à-dire que le modèle de l’association est fondé sur la démocratie, plaçant les femmes et les hommes au cœur de son fonctionnement. Le magasin est également animé par les coopérateurs – car tous les adhérents sont mis à contribution – et approvisionné directement par les producteurs, souvent locaux, à des prix équitables pour les deux partenaires. Le principe consiste à toujours garder une certaine proximité avec les producteurs, pour connaître l’origine des produits et les modes de production. Ce type d’initiative existe depuis plusieurs décennies, dans plusieurs pays à travers le monde, mais concernant Coopalim, l’idée vient directement d’outre-atlantique.

De New-York à Strasbourg, il n’y a qu’un pas

Conçue en septembre 2017, l’association Coopalim est le fruit d’une envie commune de créer une coopérative alimentaire, participative et solidaire à Strasbourg, tout en proposant des produits de qualité et de saisons, à des tarifs accessibles à tous. Si elle compte aujourd’hui plus de 300 adhérents, l’association est surtout née dans l’esprit de Françoise Pèlerin – instigatrice du projet – après le visionnage de « Food Coop », documentaire franco-américain retraçant la création d’un établissement similaire à New-York dans les années 70. Soutenue par d’autres organismes et plusieurs personnes favorables au projet, l’association commence ses premières ventes dans le Centre socio-culturel du Neudorf avec une cinquantaine d’adhérents, où tout se fait uniquement sur commande. Mais depuis, les choses ont bien changé, sans pour autant perdre la philosophie de départ.

En effet, comme plusieurs autres coopératives alimentaires, Coopalim est un magasin autogéré, ce qui signifie que les clients de l’enseigne, sont aussi propriétaire d’une certaine part du local, mais également bénévoles de l’association, puisqu’ils sont mis à contribution au sein même du fonctionnement du magasin. Car, contrairement aux grandes surfaces, il faut venir donner de son temps libre pour par la suite, avoir le droit d’acheter les produits proposés à la vente. Une fois adhérent, il te suffira donc de faire 3h de bénévolat chaque mois, pour pouvoir faire tes courses.

Si ce type de fonctionnement réduit forcément un peu le nombre de produits à la disposition des adhérents et des horaires d’ouverture moindre, Coopalim souhaite surtout assurer pour le moment « la mission prioritaire de mettre à la disposition des adhérents, des produits écologiques et socialement responsable, notamment grâce à l’agriculture biologique », comme nous le confie Françoise Pèlerin.

Il suffit également d’un simple petit tour dans l’enseigne, pour comprendre qu’on peut y trouver le même type de produit que dans un supermarché traditionnel : lait, vin, chips, biscuits, papier toilette et surtout le plus important, de la bière. Soucieux des questions environnementales, le vrac a également été mis en place par les adhérents, à côté du large choix de produits frais proposés, dont des fruits et légumes de saison.

Mais faut-il adhérer à un tel concept ?

Aucune réponse n’est réellement à établir ici. En effet, prendre part à un projet comme celui-là, dépend des souhaits de chacun de changer ou non son mode de consommation. Intégrer l’association, reviens nécessairement à rejoindre un collectif de bénévole, où le but sera forcément de travailler ensemble et prendre des décisions de manière collégiale, pour faire grandir le projet. Si les marges sur les produits sont environ de 20%, cela leur permet de faire fonctionner correctement la boutique, tout en s’inscrivant dans une dynamique d’économie sociale et solidaire – ESS pour les intimes –, puisque cet endroit n’est pas uniquement propice à la vente, mais aussi aux échanges entre les habitants de Strasbourg.

Alors si vous vous sentez concerné par cette philosophie de consommation et de partage, il vous suffit de vous rendre sur place, pour voir de vos propres yeux, le fonctionnement de la coopérative alimentaire. Si vous n’êtes pas de Strasbourg, pas d’inquiétudes, ce type d’alternative commence à sortir de terre un peu partout en Alsace, comme à Colmar avec le magasin coopératif Les Oies Sauvages mais également sur l’ensemble du territoire français, comme à Paris ou à Montpellier.

Et toi, c’est quoi ton lieu sûr pour consommer autrement ?


Coopalim Strasbourg : 7 rue Kageneck

Les lundis de 17h30 à 20h00

Les mercredis de 10h30 à 13h et de 17h30 à 20h00

Les samedis de 9h00 à 13h00

-> La page Facebook de Coopalim <- 

-> Les produits disponibles sur place <- 


 

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