Ce vendredi, pour fêter la sortie de son dernier EP Souvenirs, Thems fera résonner son électro nostalgique dans le caveau du Mudd Club. Derrière ce nom curieux, on trouve Félix Mulhenbach, 30 ans, alsacien passionné de musique de films au point qu’il compose des images dans la tête de ses auditeurs, avec des titres voyageurs. Rencontre strasbourgeoise avec un mulhousien grenoblois.

Tu as toujours fait de la musique ?

Non, j’ai même commencé assez tard pour un musicien. J’avais un groupe à Mulhouse mais c’était d’abord pour faire des trucs avec les copains du lycée, plus que pour la musique… Et puis je me suis pris au jeu. À 18 ans je suis venu à Strasbourg pour étudier l’art puis le son et la musique m’a accompagné dans cette transition, j’ai commencé à faire de la musique tout seul devant mon ordi, à expérimenter des trucs dans mon coin pour des projets audio dans le cadre de la fac. D’un côté c’était cool parce que j’avais plus à faire de compromis et d’un autre c’était dur parce que je me retrouvais face à moi-même là où un groupe apporte une fraîcheur.

Comment tu passes de faiseur de musique à compositeur d’un EP ?

C’est vrai qu’il y a un petit cap ! En avançant, je commence à me dire que ce serait pas mal de faire quelque chose de concret de tous mes bricolages et de cette activité qui commence à me prendre beaucoup de temps finalement. Et assez naturellement j’imagine un EP pour me présenter et voir si ça peut plaire. Donc j’ai sorti ce premier EP qui s’appelle Voyage en 2016, entièrement auto-produit grâce à mon parcours en tant qu’ingénieur du son, pour partager mes trucs une fois. C’était un premier jus qui m’a permis de définir ce que c’était que ce projet, Thems, et vers où je voulais l’emmener… Bon j’ai fait que deux lives, parce que je déménageais à Bruxelles et je devais beaucoup composer pour le théâtre. Ce nouvel EP va me permettre de me rattraper j’espère.

Comment tu en viens à ce nouvel EP, justement ?

L’année dernière j’ai réalisé la bande-son de Négatifs, le court-métrage de mon ami de fac Jeremy Morlot. [ndlr : cliquez ici pour découvrir le court qui déshabille les strasbourgeoises] Ça m’a mis dans une dynamique de composition, encouragée par le fait que j’avais aussi de nouvelles influences depuis Voyages. Je crois qu’il y a quelque chose de plus mature, de de plus abouti, de par le fait que j’ai épuré beaucoup de choses. J’ai opté pour des formes plus simples qui touchent plus directement… C’est vraiment un travail sur les sensations primaires ; c’est un voyage initiatique où on se promène à travers les souvenirs, d’où le titre. Sans mélancolie, juste par nostalgie. Pour encourager le clip de ta vie j’ai mêlé des moments légers et des orchestrations qui transportent. Y a une grosse référence au film, je collectionne les musiques de films.

C’était important d’avoir des clips pour accompagner cette musique imagée ?

Très, c’était dans la continuité. J’aime l’idée que les gens voyagent à travers leurs souvenirs sur ces titres qui correspondent à une aventure dans les miens. J’avais fait la bande-son du court-métrage intimiste de Jeremy, c’était logique, naturel, sûr, qu’il fasse l’image de cet EP personnel. Je lui ai donné une liste de mots, de couleurs aussi, des indications de montage, mais globalement je l’ai laissé libre. Et malgré ça il a tapé dans le mille, c’est troublant.  L’image est très importante pour moi, je compte utiliser des extraits dans mes lives.

Tu seras justement en live ce vendredi au Mudd : c’était important pour toi que ce disque se vive pour la première fois à Strasbourg ?

Oui, c’est important de le faire à Strasbourg parce que j’y ai beaucoup de souvenirs, encore une fois. C’est ma ville de coeur, là où j’ai vécu la période la plus importante, celle où je me suis construit… Depuis j’ai vécu à Bruxelles et aujourd’hui à Grenoble. Le clip de Captain of your life a été tourné à Strasbourg, celui de Remember à Grenoble et l’acteur dans les deux est un ami belge. Cet EP c’est ça, c’est un composite de toutes mes vies, toutes mes villes et toutes les personnes que j’ai croisé dans tout ça. C’est la bande-son de ce voyage et une façon de me souvenir d’où je viens et qui j’ai rencontré. C’est très introspectif.

Je suis impatient de vivre ce live au Mudd, j’ai vraiment envie de scène pour faire parler cette musique face à un public. Bien sûr j’ai un peu peur parce que c’est plus contemplatif que dansant, c’est niche, et puis comme c’est un travail introspectif, c’est un peu comme se retrouver tout nu tout seul devant les autres ! Mais malgré ça j’ai envie de live, et peu importe la taille de la salle, ce qui importe c’est qu’un réel partage se fasse.


Pour voyager avec Thems, rendez-vous ce vendredi 12 octobre à 20:30 au Mudd.
Suivez-le ici, et écoutez-le là.

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