C’est à la Kulture, qu’on se kulture… euh, qu’on se kultive pardon.

Néo-strasbourgeoise, même si native de la région, je découvre et redécouvre les endroits qui font BOOM BOOM, et ce avec mes copains, ces férus d’électro. J’ai entendu une fois, puis deux, puis trois « La Kulture » résonner dans mes oreilles. Au lieu de simplement me niquer les tympans, j’ai décidé d’aller plus loin, en rencontrant le co-fondateur, Monsieur Antoine.

Rencontre.

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Après de longs mois de galères et de travaux qui n’en voient pas le bout (du trou) la Kulture avec un grand K (comme en allemand si tu ne l’avais pas compris – point kulture n°1) a enfin vu le jour depuis maintenant un peu plus de trois mois.

Ce bar/club/disquaire/café (ils font aussi club échangiste mais ça, ça reste entre nous) est tenu par 4 bons gars. Un tient le bar et boit des bières, l’autre est disquaire et deale du vinyl, le troisième est en bas au caveau et mixe de la grosse techno, tandis qu’Antoine, le big boss, « chapeaute un peu tout ça » (il a le bon rôle quoi… ou pas). À l’origine de cette pépite, ce dernier a décidé de monter son projet à Strasbourg.

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Mais pourquoi donc Antoine, Paris ça ne te disait pas ?

« Pour tout te dire, je suis né à Paris mais je déteste cette ville. En plus j’ai grandi ici, et je trouve que Strasbourg a beaucoup plus de potentiel. L’idée de créer cet endroit dans une ville transfrontalière est de pouvoir jongler sur un concept qui s’inspire de villes européennes (eh oui, car Strasbourg est une des capitales européennes (point kulture n°2). Ça a du sens non ?) comme Berlin, Londres, mais aussi Copenhague ou d’autres capitales scandinaves, où l’état d’esprit est beaucoup plus ouvert qu’en France. »

Comment tu décrirais ce concept ?

« Le concept passe par plusieurs éléments. Déjà, il y a une ambivalence au niveau de l’établissement qui est sur deux étages. Le rez-de-chaussée est très ouvert sur l’extérieur, très lumineux avec un design épuré (clin d’oeil à nos voisins scandinaves qui ont tout compris à la vie). Alors qu’en bas c’est plus underground, avec des tags et une déco plus sombre. (« THE DARK SIDE » quoi !). Et puis on fait très attention à notre offre pour qu’elle soit accessible au plus de gens possible. Le but est que tu ne restes pas bloqué chez toi parce que tu n’as pas d’argent. »

Donc il y a une connotation sociale aussi… C’est intéressant. Et en plus de ça, ils prévoient toute une programmation en parallèle des soirées :

« De la poésie sonore (sortez les violons), des projections de vidéo sur la techno, des ateliers pour les enfants et même des workshops sur les techniques de mix (genre si t’as 18 ans et que t’as pas une tune pour t’acheter une table de mix, tu viens à la Kulture). Le tout gratuitement… »

(J’ai assisté à leur première conférence tenue par Fréderic Cisnal sur son bouquin « Berlin avant la techno », et les gars, c’était vraiment cool !)

« ÇA VEUT DIRE QUE TU PEUX AUSSI BOIRE ET MANGER POUR FREE ? » Hey calmos boloss, c’est pas les restos du coeur hein ! Par contre, ils proposent un service de restauration à petit prix, qu’ils souhaitent développer avec le temps.

« Des petits pancakes avec du « Luttez-là » (et non pas du Nutella), et une planchette avec quelques tranches de pain et une verrine vegan. Ça coûte 5 balles, idéal pour le partager avec tes potes. » Pourquoi vegan ? « Parce qu’on n’est pas obligé de manger de la viande pour s’en mettre pleins les babines ! (bien dit !) On propose aussi un smoothie du jour, avec des produits de saison et on privilégie les circuits courts (= vente directe du consommateur au distributeur – point kulture n°3) pour le choix des bières et du vin. Quand on peut le faire, on le fait. L’idée c’est de ne pas gaver ceux qui se sont déjà bien gavés et de faire des choix qui ont du sens. » Tous les jeudis, on retrouve aussi des Clubs Sandwichs. Parce que le mot est cool, et qu’on peut tout mettre dedans ! (enfin presque…)

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Si je résume bien, votre clientèle cible, c’est des hipsters gluten-free ? (Hélène…)

« La marque de fabrique, c’est la musique électronique. Après, il n’y a pas vraiment de clientèle cible. Je m’amuse à dire que le premier client de ce bar, c’est moi. Je suis trentenaire, dynamique (et beau…). Après, que t’aies 18 ans ou 77, ça n’a pas d’importance. Ce qu’on veut, c’est revenir vers l’essentiel : passer du bon temps ensemble en discutant simplement, pour que chacun se sente comme à la maison ».

Et pour en revenir à l’essentiel… pourquoi la musique électronique ?

Parce que je suis un GROS MORDU DE LA MUSIQUE ELECTRONIQUE (il l’a pas dit mot pour mot, mais il le pense clairement). Non plus sérieusement…  Les 4 bons gars dont je parlais avant, ils baignent dans cette culture depuis des années.

« Entre les influences du passé et la réalité actuelle, le monde de la musique électro bouge encore énormément. Même si on voit apparaitre une forme de standardisation des soirées, de la musique, des artistes et des sets qui les accompagnent, il n’y a pas de quoi s’ennuyer. C’est pour ça qu’on a décidé de mettre un disquaire, pour redonner du sens à la musique. On fait en sorte que les artistes dont les disques sont proposés à la vente viennent jouer en bas. Ça permet aussi de lutter contre la dématérialisation de la musique et de redonner du sens dans notre manière de consommer. »

Qu’est-ce que tu aimes dans cette musique?

« La discontinuité. La musique électro, c’est un vecteur de voyage, remplie de couleurs musicales. » Un DJ qui t’a marqué ? « Mmmh… je dirais HUGO FREEGOW. Je l’ai déjà vu plusieurs fois, mais il a cette manie d’être intenable derrière des platines : techno, house, country. Il a une faculté pour faire des transitions digne de ce nom. Un bon DJ, qui va te faire balader, c’est celui avec lequel t’auras pas envie de prendre ta pause clope. »

Une dernière petite question. Selon le Larousse, la culture se définit comme étant un « enrichissement de l’esprit par des exercices intellectuels » (point kulture n°4). Est-ce que tu penses qu’il est possible de se défoncer les oreilles, d’être complètement soûl et de se cultiver en même temps ?

« Bien évidemment ! »

(VOUS AVEZ ENTENDU LES GARS ???! Gogogo !!!)

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Pour résumer

De jour, comme de nuit, tu peux kiffer ton café serré ou ta bonne bière allemande en toute tranquillité. Si t’es un peu mélomane sur les bords, tu vas même pouvoir écouter du gros son et te trémousser sur le dancefloor au moins 3 nuits par semaine. Le tout dans une ambiance cosy et cheasy, car La Kulture, c’est avant tout une grande famille….

Des rencontres, de la musique & des bons produits, que demander de plus pour être heureux et faire la fête ?

LA KULTURE

9 Rue des Bateliers
67000 Strasbourg

Du mardi au jeudi de 13h à 1h30
Le vendredi et samedi 13h à 4h
Le dimanche de 13h à 20h

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Photographies : Hélène Berrier

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