À 9 jours du premier tour des élections municipales, la maire sortante Jeanne Barseghian a présenté une nouvelle salve de mesures sur la thématique du logement. Dans un contexte locatif brûlant, tour d’horizon des propositions de l’écologiste pour Strasbourg.
Le rendez-vous était pris à la résidence jeunes travailleurs « La Ruche », administrée par l’association L’Étage, et symbole de la politique locative de la mandature écoulée. En tout, 84 logements y ont été créés pour des jeunes de moins de 30 ans.
Un projet symbolique, car la ville de Strasbourg se présente aujourd’hui face à un défi d’une ampleur inédite qui accapare une grande partie de l’énergie des élu(e)s. La tension locative qui règne force les différents candidat(e)s à proposer un programme ambitieux sur la question.
Jeanne Barseghian a notamment fait le constat que « certaines personnes ont des difficultés à se loger sur notre territoire ». L’édile souhaite en réaction « accélérer la transformation de ce volet économique important ».
La maire sortante a donc présenté à la presse, ce mercredi 4 mars, une liste de 7 engagements en faveur du logement pour son potentiel deuxième mandat.
Dans un premier temps, le fer de lance de l’écologiste sera de stopper la déferlante des meublés de tourisme (type Airbnb) en adoptant « une régulation encore plus stricte ». Les réglementations déjà existantes seront étendues à toute la ville et des quotas seront même fixés par quartier, selon le colistier Salah Koussa.
Des quotas déjà atteints dans certains quartiers
Cependant, ces quotas ne permettront pas de retransformer les meublés de tourisme en logements pérennes, mais auront bien pour vocation de stopper la création de nouveaux logements touristiques. Dès leur instauration, certains quartiers seront en réalité déjà « remplis ».
Avec ces mesures, Salah Koussa espère réussir à lutter efficacement contre ces meublés de tourisme « longues durées, intensifs et spéculatifs ». Le colistier prévient également que les sous-locations ponctuelles de logements ne seront pas concernées par ce train de mesures.
En parallèle de cette lutte, une autre problématique majeure donne du fil à retordre à la municipalité et sera un problème à traiter pour le/la futur(e) maire : les logements vacants. Avec 3558 logements vacants, soit environ 3% du parc privé, la Ville de Strasbourg a de l’ambition pour réduire ce chiffre.
Dans la poursuite du travail engagé lors de sa mandature, Jeanne Barseghian entend amplifier les aides de remise à la location, l’amélioration du service Loc’Avantages et la création de nouvelles incitations financières.
Les leviers à disposition des municipalités restant limités, l’écologiste envisage de participer à un plaidoyer national pour notamment renforcer la taxe sur les logements vacants. « L’évolution de la loi est indispensable », assure la maire sortante.
Parmi les autres volets d’actions souhaités par la municipalité, un objectif, ambitieux, de création de 3000 logements par an durant les six prochaines années. L’arrivée de centaines de logements en bail réel solidaire, logements étudiants et logements adaptés aux séniors sont notamment au programme.
La création de plus de 6000 logements sociaux durant le prochain mandat
Au coeur de ces 3000 créations de logements, 1250 logements sociaux devraient voir le jour chaque année, alors que 6600 ont déjà été créés sur la dernière mandature. La demande reste pour autant très forte, puisque 30 000 demandes ont été recensées sur le territoire.
La colistière Suzanne Brolly voit ces nouveaux logements arriver en priorité dans les friches Lana, Heppner et Deux Rives, en prenant soin d’y respecter une certaine « mixité sociale ».
Autre axe majeur de la politique locative de la municipalité verte, l’accélération de la rénovation énergétique avec un objectif de 8000 logements par an. Une mesure qui s’accompagnera d’une réduction des charges et du déploiement de MaPrimeVégétalis selon Suzanne Brolly, qui a d’ailleurs souligné la motivation « des bailleurs du parc public ».
Le but n’est pas d’embêter les propriétaires de bonne foi mais de sanctionner les bailleurs malhonnêtes.
Strasbourg veut aussi s’attaquer à l’encadrement des loyers, maintenant que la ville y est éligible. « Les loyers sont inaccessibles dans de trop nombreux logements du parc privé », explique Jeanne Barseghian.
L’édile veut croire en ce dispositif qui « fonctionne déjà à Lille, Lyon, Montpellier ou Bordeaux ».
Dans la continuité de cette mesure, le Permis de louer pourrait s’étendre à toute la ville. Le dispositif sera déjà instauré courant 2026 dans le quartier Gare à Strasbourg. Pour l’expliquer simplement, le Permis de louer devra être délivré par les services de la Ville avant la mise en location d’un bien dans les quartiers concernés, selon les explications du colistier Aurélien Bonnarel (PCF).
L’objectif sera d’éviter la location de logements délabrés pour lutter contre l’habitat indigne. Le deuxième quartier qui pourrait voir débarquer ce Permis de louer est le quartier du Neudorf/Musau.
Une brigade municipale pour veiller à l'application de ces mesures
« Nos services ont en tête certaines adresses problématiques », confesse Jeanne Barseghian. « Le but n’est pas d’embêter les propriétaires de bonne foi mais de sanctionner les bailleurs malhonnêtes. »
Pour chapeauter ces différentes nouveautés, une brigade municipale du logement sera créée. Elle aura pour but de faire respecter les différentes mesures mises en place par la municipalité et sera en partie autofinancée grâce aux sanctions.


