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Municipales 2026 : à gauche, Thibaut Vinci en campagne pour parler sécurité à Strasbourg

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À la fin du mois de juin, Thibaut Vinci a annoncé sa candidature aux municipales de 2026 à Strasbourg. À 39 ans, le candidat du Parti radical de gauche (PRG) défend un programme axé sur « la sécurité comme valeur de gauche », l’Europe et le social. Il lui faudra se démarquer dans un centre-gauche actuellement plus que bouché en termes de candidatures.

Thibaut Vinci croit aux symboles. Lors de l’interview conduite le 19 novembre dernier, le candidat du PRG aux municipales s’apprêtait à fêter son 39e anniversaire. Soit, comme il le rappelle, l’âge de Jeanne Barseghian lorsqu’elle est devenue maire de Strasbourg.

S’il rêve du même destin, le fonctionnaire de police franco-italien, en poste à Paris depuis 2 ans, va tout de même devoir se frayer un chemin dans un centre-gauche rempli de candidatures, sans aucune alliance en vue. Cela ne lui fait pas peur, lui qui sera la tête de liste du PRG, une « gauche des territoires, ancrée dans le réel, de gouvernement ».

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thibaut vinci
© Nicolas Kaspar / Pokaa

Déjà quelques expériences de campagnes politiques

Si Thibaut Vinci mènera ici sa première campagne municipale, il n’est néanmoins pas un novice de la politique. Il a notamment été colistier de la liste menée par Catherine Trautmann aux municipales de 2020 [il était en 30e position, ndlr], et de celle d’Aurélie Filippetti aux régionales de 2021.

Il a ensuite été candidat aux législatives de 2022 dans la 2e circonscription de Strasbourg sous la bannière du PRG, où il a terminé 6e au premier tour, avec 2,47 %. Il a enfin fait partie de la liste « Europe Territoires Écologie » lors des élections européennes de 2024, liste qui a récolté à Strasbourg 234 voix.

Au niveau local, la gauche peut se mettre autour de la table.
Thibaut Vinci, candidat PRG aux municipales
thibaut vinci
© Nicolas Kaspar / Pokaa

L’affaire paraît donc ardue pour le PRG, davantage implanté dans les territoires ruraux que les grandes villes. Un déficit de notoriété que reconnaît Thibaut Vinci ; c’est d’ailleurs ce qui l’a poussé à annoncer sa candidature en juin dernier : « Je voulais bénéficier de la période estivale pour distribuer 25 000 de mes tracts. »

Dans la continuité de ce que fait le PRG, Thibaut Vinci annonce être « prêt à faire la campagne sans alliance », mais appelle néanmoins de ses voeux l’union de la gauche. Un paradoxe qu’il explique par le fait que « ce qu’on porte, ce n’est pas porté pour l’instant. Et si tout le monde y va, ce n’est pas à nous de nous coucher ».

Sécurité, social et Europe : le programme de Thibaut Vinci

Justement, qu’est-ce que porte Thibaut Vinci dans sa campagne ? Cela pourra étonner, mais sa première priorité est la sécurité, traditionnellement brandie en étendard dans les programmes de la droite ou de l’extrême droite. Pour Thibaut Vinci : « La gauche ne s’associe pas à ces questions-là, mais je n’ai pas envie de laisser ce sujet à la droite. La sécurité, c’est une des premières valeurs de gauche, car les premières victimes de l’insécurité sont les personnes les plus précaires. » Il a même récemment proposé un débat sur le sujet à Jean-Philippe Vetter.

Ne souhaitant pas blâmer la municipalité sur le sujet, reconnaissant que « cela se dégrade dans toutes les villes », Thibaut Vinci prône « une sécurité de proximité, avec une police municipale présente 24h/24 et à l’écoute, sans militarisation excessive ». Cela passe notamment par un recrutement accru de policiers/ères municipaux/les, aujourd’hui en sous-effectif, mais également la « création de points fixes de police municipale inspirés des ‘kobans’ japonais, pour une présence de proximité dans les quartiers ».

Contrairement à la droite ou à l’extrême droite, qui misent sur des solutions simplistes et des discours de division, je refuse le tout-sécuritaire. Donc, pour un euro investi dans la sécurité, il faut investir un euro dans le social. 
Thibaut Vinci, candidat PRG aux municipales

S’il axe son discours en premier lieu sur la sécurité, Thibaut Vinci embraye ensuite sur le social. Il souhaite développer un « guichet social » dans les quartiers populaires, qui aiderait notamment les personnes à remplir leurs formalités administratives, afin « d’assurer une certaine égalité républicaine ». Il souhaite également renforcer les centres socio-culturels, et créer un « pacte de solidarité strasbourgeois » pour accompagner les plus vulnérables.

Enfin, il compte faire de Strasbourg une « capitale européenne accessible à tous ». Il développe : « L’Europe est importante, mais elle n’est pas accessible. On la laisse à une certaine élite ; si l’on veut que l’Europe parle, il faut communiquer davantage sur elle. » Ainsi, il compte instaurer un « Pass Europe » pour les Strasbourgeois(es), offrant un accès gratuit ou à tarif réduit aux événements des institutions européennes. Il compte aussi faire en sorte que tout(e) Strasbourgeois(e) de 18 ans ait au moins été une fois au Parlement européen.

Parlement européen
© Wilfried Rion / Pokaa

Un horizon bien bouché du côté du centre-gauche strasbourgeois

Excepté sa focale sur la sécurité, les propositions de Thibaut Vinci ne détonnent pas avec celles des autres candidatures autour du centre-gauche, notamment celle de Linda Ibiem ou le mouvement de Paul Meyer et Nawel Rafik Elmrini. Le tout, alors que Catherine Trautmann cannibalise cet espace politique depuis son investiture par le PS.

Donc quel rôle peut réellement jouer le PRG dans cette campagne ? Thibaut Vinci avait appelé à une primaire de la gauche et du centre-gauche en septembre, sans succès puisque la proposition avait presque été inaudible [et Laurine Roux, qui y avait répondu favorablement, a depuis rejoint Jean-Philippe Vetter, ndlr]. Depuis, les candidatures du centre-gauche se sont multipliées, se gênant entre elles et diminuant leur impact.

Si certains veulent la jouer solo, on peut le faire aussi et ça nous permettra de porter par nous-mêmes nos propositions et nos valeurs.
Thibaut Vinci, candidat PRG aux municipales
Galeries Lafayette cathédrale
© Phil Off / Pokaa

Pointant un risque de « disqualifier complètement » le centre-gauche avec trop de candidatures et craignant « une réelle chance que la droite prenne la municipalité en 2026 », il pousse donc à faire bloc derrière une seule et même candidature : « J’ai l’impression qu’on peut se mettre d’accord, notamment sur la vision de la gauche du réel, sur la base d’un socle programmatique commun : justice sociale, transition écologique concrète, sécurité au quotidien, dynamisme économique local… »

Le seul éternel problème : qui accepterait de s’effacer ? Et même : est-ce que les personnalités politiques sont prêtes à le faire ? Pour l’instant, ça ne semble pas être le cas, notamment du côté de Thibaut Vinci : « On est la première candidature, portée par un parti avec un programme ancré dans le réel. Donc potentiellement, il y a quelque chose à faire. Et porter quelque chose de plus gros, c’est aussi une ambition. » Si les choses peuvent encore bouger, pour le moment, le centre-gauche strasbourgeois reste bien bouché.

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Commentaires (6)

  1. Le ridicule ne tue toujours pas: prétendre que la sécurité est valeur de gauche est mensonger: Le ville tenues par les verts, les socialos et autres gauches, sont les plus dangereuse, prenez l’exemple de Marseille, grenoble et Nantes.
    Meme au marché de Noel on est plus en sécurité… preuve l’arme retrouvée cachée dans un buisson avec des munitions.

  2. Mais si il y avait un commentaire… mais supprimé!
    En matière de censure en matière de liberté d’expression, Pokaa s’aligne sur la ligne de la pensée unique des DNA..

    • il ne faut pas demander a pokaa de faire du journalisme il font seulement de la publicité… faut bien payer les courses… lol

    • Sauf que c’est faux. Nous faisons du journalisme, d’ailleurs plusieurs membres de la rédaction ont la carte de presse car ils cochent les conditions.

      Bonne journée,
      Anthony Jilli

  3. Posséder la carte de presse ne garantie pas grand chose en matière d’informations.
    En général les « journalistes » sont les relais des politiques, surtout le journalisme dit de gauche.
    D’ailleurs vous ne pouvez pas être totalement neutre vis à vis des gouvernements, puisque vous touchez des aides du ministère de la culture.
    mais à votre décharge, vous êtes des « gagne petits » par rapport aux DNA qui touchent un paquet de fric dans le cadre des aides à la presse régionale.
    Bonne soirée.

  4. C’est Claude Malhuret qui a décroché, pour l’ensemble de son œuvre, le Grand prix 2025 de l’humour politique remis ce mardi par le PressClub. Le sénateur indépendant (groupe LIRT) de l’Allier, connu pour sa plume acérée et ses qualités de tribun, a retenu l’attention du jury (*) avec deux phrases qu’il a prononcées le 15 octobre au Sénat, dans la foulée de la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu : « Le budget s’annonce encore plus difficile à monter qu’un meuble Ikea » et « Pauvre extrême gauche dont le bilan se résume à un siècle à bouffer du curé pour finir par lécher les bottes des mollahs ».

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