Depuis quelques temps, le Marquis est en vente en plein hypercentre de Strasbourg. La fin d’une époque pour le plus ancien bar à hôtesse de la ville, niché depuis 32 ans à deux pas de la place de l’Homme de Fer.
Toujours très secret et confidentiel malgré son emplacement hyper central rue du Fossé-des-Tanneurs, le Marquis s’est envolé sans prévenir personne, dans sa discrétion habituelle. Le bar à hôtesses strasbourgeois, ouvert depuis le 10 novembre 1994, est désormais en vente sur Leboncoin. Dans l’annonce, pas de mention de l’histoire du lieu, juste un local de 71m2 proposé pour 440 000€. Pourtant, de l’histoire, le Marquis en a à revendre.
Historiquement le plus ancien bar à hôtesses encore en activité, il avait connu des dernières années compliquées, avec deux changements de propriétaires depuis 2022. Si le Marquis avait tenté de suivre son temps, notamment avec le libertinage ou des soirées shibari, l’établissement a connu un redressement judiciaire en janvier, qui s’est rapidement transformé en liquidation judiciaire le mois suivant.
La fin d’une époque à Strasbourg
La fin du Marquis marque la disparition des bars à hôtesses du centre-ville, le 1515 restant lui bien ancré rue Stimmer au sein du Conseil des XV. Si sa disparition ne sera pas forcément pleurée dans Strasbourg, elle acte la fin définitive d’une époque où la vision, et la pratique, du sexe avait pignon sur rue.
Car avant cette fermeture, 100 ans auparavant, Strasbourg fermait définitivement ses maisons closes, comme on vous le racontait ici. La Krutenau était alors le quartier desdites « maisons de tolérance », qui se concentraient dans la très bien nommée rue des Pêcheurs [désormais devenue rue Prechter, ndlr]. Mais en 1925, les fameux « incidents de la Pentecôte » font basculer la situation : plusieurs centaines de jeunes gymnastes européens, alcoolisés, prennent d’assaut le quartier pendant trois soirs d’affilée. Actant la fermeture de 15 maisons closes.
La rue Prechter est désormais une rue résidentielle paisible, et il ne reste que des vestiges très discrets de cette époque, dont le Marquis était l’un des derniers emblèmes. Reste à voir qui prendra la suite de cet établissement qui aura marqué, discrètement, la vie nocturne de la ville.


