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Manif du 17 octobre : à Strasbourg, Catherine Trautmann ouvre une « cellule d’écoute »

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Après la manifestation du 17 octobre, Catherine Trautmann a déploré « les dégradations » et « un lourd bilan de 17 blessés ». La maire a également annoncé la mise en place d’une cellule d’écoute et d’accompagnement juridique pour soutenir les victimes des dégradations.

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Deux jours après, la manifestation du 17 octobre continue d’agiter Strasbourg. Ce rassemblement, qui a réuni jusqu’à 25 000 Strasbourgeois(es) dans les rues de la ville dans une ambiance majoritairement festive et revendicative, a aussi donné lieu à des moments de violences, de dégradations de commerces et d’affrontements avec les forces de l’ordre.

L’agence CTS a par exemple été fortement dégradée et restera fermée le temps de réparations. Primark, Free, Bouygues, Jott ou le McDo de la place Kléber ont également subi des dégâts. Enfin, le bilan fait état de 17 blessé(e)s, dont un homme blessé à l’oeil par un tir de LBD, un autre blessé à la tête et à l’oeil, une femme par un pétard, et un fonctionnaire de police après un tir de mortier.

17 octobre manifestation gilets jaunes lycéens
© Adrien Labit / Pokaa

La réaction de Catherine Trautmann

Face à ce bilan, Catherine Trautmann a réagi le 18 octobre par voie de communiqué de presse. La maire de Strasbourg a d’abord jugé « inacceptables » les violences en marge de la manifestation : « Rien ne peut justifier les dégradations, les attaques contre nos équipements publics ou les violences commises à l’encontre des personnes et des forces de l’ordre. »

Remerciant, dans cet ordre, forces de l’ordre, sapeurs-pompiers/ères, agent(e)s de la Ville et de l’EMS et le personnel de la CTS, la maire de Strasbourg a déploré que « la multiplication des cortèges, l’absence de déclaration préalable et de parcours définis [aient] particulièrement compliqué le travail des forces de l’ordre, confrontées à des individus parfois extrêmement violents ».

Ce sont les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois qui paient le prix fort de ces destructions.
Catherine Trautmann, maire de Strasbourg

Après avoir condamné les violences, Catherine Trautmann enchaîne sur le fait qu’elles ne doivent pas effacer les revendications exprimées : « Notre pays traverse une période de tensions profondes, marquée par des inquiétudes pour l’avenir, un sentiment d’injustice et des colères qui doivent être entendues, particulièrement parmi notre jeunesse. »

La maire forme ensuite une critique voilée de l’action du gouvernement, expliquant qu’ « on ne répondra pas durablement à ces colères par le seul maintien de l’ordre » et qu’il faut « retrouver le chemin du dialogue, de la justice sociale et de la confiance dans l’action publique ». Elle finit son communiqué par un appel au calme.

Ce matin, elle invitait les Strasbourgeois(es) à un « rassemblement républicain » devant le centre administratif, qui s’est tenu ce lundi midi.

17 octobre manifestation gilets jaunes lycéens
© Adrien Labit / Pokaa

Durant ce rassemblement, elle a rappelé que le « droit de manifester est une liberté fondamentale de notre République », avant de condamner les violences et de remercier les forces de l’ordre. « Nous devons entendre les revendications, les difficultés sociales, les inquiétudes pour l’avenir, les sentiments d’injustice et les colères qui s’expriment. » Avant de conclure : « Je ne suis pas certaine du retour au calme, nous sommes sur le qui-vive. »

À notre micro, elle s’est également exprimée. Sur les violences : « Je pense qu’il y a plusieurs facteurs. Il y a un facteur qui concerne la politique de la Ville. Le fait que le centre-ville, c’est pas la première fois d’ailleurs, soit l’objet d’actes de dégradations, c’est certainement une forme de démonstration d’un sentiment d’être écarté de ce centre-ville. Mais c’est aussi malheureusement un peu moins social que ça. Vous avez des gens qui revendent ce qu’ils ont pillé sur Internet. Et donc c’est un business. »

Elle poursuit : « Et je trouve ça particulièrement répréhensible et inacceptable, c’est pour ça que je condamne, mais il faut aussi être là avec ceux qui expriment une colère, pour dialoguer, pour discuter et voir ce qu’on peut faire pour réparer. »

trautmann
© Martin Savail / Pokaa

La mise en place d’une cellule d’écoute et d'accompagnement juridique

Au-delà de ces réactions, Catherine Trautmann a également annoncé la mise en place d’une cellule d’écoute et d’accompagnement juridique pour soutenir les victimes des dégradations dès ce 19 octobre. Sont concerné(e)s :

  • Les commerçant(e)s et restaurateurs/rices dont les vitrines ont été détruites ou les établissements pillés.
  • Les habitant(e)s et citoyen(ne)s marqué(e)s par les événements.
  • Les salarié(e)s et agent(e)s pris pour cible au cours des violences, notamment du côté de la CTS.

Plus globalement, le but de cette cellule est d’orienter ces victimes, en lien avec des associations partenaires, dans la réalisation de leurs démarches administratives et de déclaration de sinistres. Elle est ouverte de 9h à 12h et de 13h à 17h, 6 cour Cambridge, ou au 06 52 46 29 27.

17 octobre manifestation gilets jaunes lycéens
© Adrien Labit / Pokaa

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