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Des fumigènes au stade de la Meinau lors de la victoire 1-0 du Racing face à Clermont le 14 mai 2022

La honte : le Racing Club de Strasbourg perd son âme et devient le vulgaire paillasson de Chelsea

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Le 6 janvier, Liam Rosenior a annoncé son départ pour Chelsea. La fin amère d’une histoire de 18 mois pour un entraîneur qui aura mené Strasbourg en Europe, mais qui laisse désormais le club orphelin à mi-saison. Au moins, cette séquence quelque peu humiliante pour le Racing permettra de ne plus se faire aucune illusion sur la place du club dans sa multipropriété avec Chelsea. Article certifié coup de gueule.

Le début d’année 2026 du Racing Club de Strasbourg sera sans doute à montrer dans toutes les écoles de scénario catastrophe. Après une première partie de saison mitigée dans le jeu et dans les résultats en Ligue 1, mais très efficace en Ligue Conférence, le club strasbourgeois va attaquer la nouvelle année et ses échéances sans Liam Rosenior… Qui est parti, on vous le donne en mille, à Chelsea.

On refait le match : le 1er janvier, Chelsea annonce le départ d’Enzo Maresca. À ce moment-là, l’auteur de cet article écrit immédiatement à un groupe d’amis : « Qu’est-ce que ça me ferait marrer qu’ils prennent Rosenior. » Très vite, l’humour tourne au prophétique, et au vinaigre : Chelsea se positionne effectivement sur le coach anglais du Racing.

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La suite a été plus longue qu’attendue, et on a eu le droit à cinq jours de lessiveuse médiatique, où chaque fait et geste méritait apparemment son article. Mais ils n’ont jamais levé le moindre doute sur l’issue finale : Rosenior allait rejoindre Chelsea, au détriment du Racing. Une vérité que le désormais ex-coach de Strasbourg a annoncée le 6 janvier, en conférence de presse.

Maintenant que les choses sont claires, et avant que Strasbourg n’annonce son nouvel entraîneur, retour sur toute cette séquence. Avec un sentiment principal : la honte et la colère de voir le Racing Club de Strasbourg être à ce point asservi à Chelsea.

meinau supporters racing
© Nicolas Kaspar / Pokaa

La froideur et le cynisme de la multipropriété : oui, le Racing est le nourricier de Chelsea

La dernière conférence de Rosenior restera comme un moment dont on parlera encore longtemps. Revenu de Londres dans un petit aller-retour qui n’améliorera pas son bilan carbone, l’ex-coach du club a voulu dire au revoir aux médias, au Racing et à ses supporters/rices. Un effort louable de son point de vue, mais qui a exposé de la manière la plus froide possible quelle était la place de Strasbourg dans la multipropriété avec Chelsea.

Quand on lui demande si c’est respectueux de quitter (lâcher) le club à la mi-saison, Liam Rosenior répond : « C’est le business du foot. » Puis, il ajoute : « La réalité du football, c’est que Strasbourg n’est pas au niveau de Chelsea. » Deux phrases dont aucun(e) supporter/rice objectif/ve du Racing ne trouvera quelque chose à redire ; et un départ de Rosenior cet été à Chelsea aurait évidemment froissé, mais peu de monde aurait soulevé un sourcil.

La réalité du football, c’est que Strasbourg n’est pas au niveau de Chelsea.
Liam Rosenior, ex-coach du Racing Club de Strasbourg

Une nouvelle fois, comme pour l’affaire Emegha de septembre, ce qui frappe, c’est le timing. On t’annonce qu’on te prend ton capitaine un mois après le début de la saison, puis on te prend ton entraîneur à la mi-saison alors que tu es encore engagé dans toutes les compétitions. Il faut simplement comprendre que BlueCo ne fait que peu de considérations sportives sur le Racing et « se moque même complètement » de perturber l’équilibre sportif du club strasbourgeois, comme révélé par L’Équipe.

Rosenior aura beau dire que « le Racing ne travaille pas pour un autre club », la gêne est plus que palpable, même au sein du club strasbourgeois. Pour s’en convaincre, il suffit de constater l’absence totale de communication sur la conférence de presse de leur ancien entraîneur sur leurs réseaux. Une séquence humiliante pour le club, comme conclusion de 5 jours de lessiveuse médiatique. Comme toujours, au-delà des belles paroles, lorsque l’on se penche sur la froide réalité des actes, la réponse est toujours la même : pour BlueCo, Strasbourg sera toujours au service de Chelsea.

racing Meinau
© Nicolas Kaspar / Pokaa

Marc Keller se retrouve dans une position impossible

La conférence de presse de Rosenior était également lunaire sur un autre aspect. Pendant que l’ex-coach disait au revoir et déclamait sa fierté de rejoindre un top club, et enjoignait les supporters/rices à être fier(e)s avec lui, Marc Keller le regardait à l’arrière, les mains dans les poches.

Passivement, sans aucun pouvoir, obligé de regarder son entraîneur partir nourrir le club du dessus, tel le « grand frère » qui s’accapare tous les jouets du petit. En totale contradiction avec toutes les déclarations du président du Racing jusqu’alors. La photo est éloquente, le symbole terrible.

On n’est pas un club nourricier ; on est le petit frère et le grand frère.
Marc Keller, le 18 septembre dernier

Alors que sa démission avait été évoquée, si départ de Rosenior il y avait, la suite de l’histoire du président historique au Racing sera intéressante à analyser. Car pour le moment, Marc Keller se retrouve dans une situation type « pile je perds, face tu gagnes ». Soit il reste et donc valide/cautionne les choix asservissant le Racing à Chelsea, soit il part et sera vu comme celui qui a toujours présenté, porté, défendu un projet autre que celui qui se déroule sous nos yeux.

Bien sûr, son talent de communicant pourra lui permettre de tourner une éventuelle démission en acte héroïque et « ce n’est pas le projet qu’on m’a vendu ». Bien sûr, il est possible qu’il ait été trompé, qu’il ait cru au projet de BlueCo et qu’il n’ait pas eu conscience de l’ampleur que prendrait la multipropriété à Strasbourg. Mais quoi qu’il arrive, il restera celui qui aura légitimé ce système au Racing, au détriment de son club. Et cela ne sera pas oublié de sitôt, surtout après toutes les mesures contre la liberté des associations contestataires.

racing meinau keller imbs
© Anthony Jilli / Pokaa

Pour les supporters/rices : la honte et la colère d’être pris pour un paillasson

Enfin, si cet article ne prétend pas parler à l’ensemble des supporters/rices du Racing, il relatera la position de son auteur : un ras-le-bol, une colère, une honte et un dégoût de voir le club qu’il aime tant devenir un vulgaire paillasson. Toute la France du foot parle désormais du Racing comme réserve de Chelsea, comme si l’identité du club n’existait plus. Pour un club comme Strasbourg, à l’identité si fortement ancrée dans sa région, il n’y a rien de pire. Cela fait sincèrement mal au coeur.

Je donnerai ma vie pour ce club. C’est pas le moment d’abandonner.
Liam Rosenior, ex-coach du Racing le 14 septembre dernier

On frise par ailleurs des niveaux d’indécence, lorsque Liam Rosenior, sans doute de bonne foi, déclare : « J’espère que les supporters seront fiers d’avoir un coach qui part dans un top club. » Mais quelle fierté au juste ? Celle de perdre notre coach, seul exemple de stabilité, en plein milieu de la saison pour aller secourir les mauvais choix de Chelsea ? Dans le rude hiver strasbourgeois qui s’annonce, pas sûr que cela tienne chaud aux supporters/rices.

Cette séquence paraît surréaliste alors qu’il y a à peine quelques mois, lors de la crise des banderoles, il donnait, coeur sur la main, de grandes leçons de supportérisme aux associations vent debout contre la multipropriété : « Je suis assez déçu de la réaction des supporters. Cette petite proportion de supporters qui ne donne pas le respect que mes joueurs méritent. » Tout ça pour ensuite filer à l’anglaise. Comme d’habitude, les paroles n’engagent que celles et ceux qui les croient.

cortege supporters racing
© Nicolas Kaspar / Pokaa

Quelle conclusion ?

Dans cette situation compliquée, la suite ne peut, et ne doit, venir que des supporters/rices du Racing. De leur côté, les associations contestataires ont déjà annoncé se réunir pour définir leurs futures actions. Mais plus globalement, il faudra essayer de se réunir entre supporters/rices du Racing, malgré les fractures des derniers mois. Et ce, même si d’anciens joueurs du Racing au passé plus ou moins glorieux, toujours prêts à jeter de l’huile sur le feu, imputent de manière indécente la faute de ce départ aux UB 90 sur leurs médias respectifs.

Car si les joueurs parlent, si les coachs donnent des leçons, à la fin de l’histoire, il n’y a que les supporters/rices qui restent. Et à ce moment-là, qu’importe celles et ceux qui disent « oui mais on jouait moins bien, le discours ne passait plus, sans doute qu’un nouvel entraîneur fera du bien » ; qu’importe les retournements de veste de ceux qui n’ont cessé de défendre le modèle de la multipropriété jusqu’à huer et insulter ceux qui essayaient de prévenir ; qu’importe finalement qui « avait raison », qui « avait tort ».

Maintenant, il est temps de tourner la page.
Liam Rosenior, ex-coach du Racing Club de Strasbourg

Car, ce qui est important à retenir, et qui doit unir les supporters/rices, c’est la conclusion de toute cette séquence. Une conclusion claire, froide et brutale : Chelsea a pu éponger sa mauvaise gestion de son entraîneur en décidant simplement de prendre celui du Racing, à qui on a imposé la décision. Rien de plus, rien de moins. Si un jour, Rosenior est licencié, peut-être que le futur coach du Racing débarquera alors, qu’importe la position qu’occupera alors le Racing dans le championnat français.

De cette conclusion en ressort une autre : tous les bons joueurs et coachs de Strasbourg n’iront certes pas à Chelsea ; mais il existe une possibilité non nulle qu’ils y aillent un jour. C’est cette incertitude, et cette servitude à un club au-dessus de lui dans la chaîne alimentaire, qui pèseront sur le Racing, aussi longtemps que BlueCo sera là. Apparemment, c’est ça, le business du foot. Personnellement, j’espère mieux pour le club que j’aime.

racing club de strasbourg meinau
© Nicolas Kaspar / Pokaa

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Commentaires (3)

  1. Votre article est uniquement à charge, c’est un peu décevant. Si Keller part le racing est mort. Avait-il le choix en vendant à Blueco ? Ou sont les riches entrepreneurs alsaciens qui n’ont jamais mis la main à la Poche ? Quant aux UB-racingstub ils n’ont aucune crédibilité à mes yeux. Une dizaine d’individus au grand maximum manipulent le reste. La très grande majorité des supporters dont je fais partie sont en désaccord avec eux. Quand Ginestet, le vrai fossoyeur du club à l’époque, a vendu à Hilali on ne les a pas entendus. Deux poids, deux mesures. Keller reste le seul garant de la stabilité et de la pérennité du club.

  2. Bonjour, ici comme ailleurs, les oeillères de certain.e.s commencent à m’agacer (je suis membre d’une asso qui soutient les UBs)

    Donc, point par point :

    Sur le « parti pris » du papier : Documenter le départ d’un entraîneur en pleine saison vers le club propriétaire n’est pas « à charge », c’est un angle. Que l’auteur assume dès le chapô. (« coup de gueule »).

    Sur « Keller garant de stabilité » : vous parlez biend u même Keller qui a vendu à BlueCo en défendant publiquement la multipropriété, déclarant en septembre « on n’est pas un club nourricier », avant d’assister impuissant au départ d’Emegha puis Rosenior ? Confondre otage et protecteur est un choix… discutable.

    Sur ses « choix » justement : Keller a fait des choix : vendre à BlueCo, défendre ce modèle, légitimer ce système. Que ces choix se révèlent catastrophiques ne le dédouane pas de sa responsabilité. Je n’appelle pas à sa démission, mais qu’il assume.

    Sur les « UB manipulateurs » : Cette rhétorique complotiste (« dizaine d’individus qui manipulent les autres ») ignore que ces associations représentent des milliers de membres actifs depuis des décennies. Prétendre représenter « la majorité silencieuse » sans aucun mandat est pour le moins culotté. Créer votre asso, venez aux réu inter-assos, et reparlons-en. Le débat est possible et a lieu en interne comme à l’externe.

    Sur le « deux poids deux mesures » Ginestet : Comparer une vente en 2011 (club en National, pas de multipropriété) avec la situation actuelle relève du whataboutisme paresseux. Le contexte a totalement changé en 15 ans. Et les UB aussi.

    Conclusion : Après Emegha en septembre, Rosenior en janvier, les faits sont au moins aussi têtus que vous: le Racing est devenu le club satellite de Chelsea. Appeler ça « stabilité » nécessite un sacré niveau de dissonance cognitive.

    Mais si la vassalisation vous convient, tant mieux ! De notre côté, on va continuer à représenter une certaine idée du Racing, « indépendant et populaire ».

    Bonne année néanmoins.

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