Ce 5 décembre, Jean-Philippe Vetter dévoilait « un marqueur fort » de son programme : l’abonnement CTS à 1€/mois pour les 65 ans et plus dans l’Eurométropole. Petite particularité : le candidat LR a expliqué combien elle coûterait à la collectivité, et comment il allait financer la mesure par des économies. Explications en 4 questions.
Jean-Philippe Vetter a enfilé son costume de professeur ce vendredi 5 décembre. Dans une brasserie proche du centre administratif, le candidat LR aux municipales a dévoilé à la presse une mesure qui lui tient à coeur : l’abonnement CTS à 1€/mois pour les 65 ans et plus dans l’Eurométropole.
Dans une campagne électorale, bien souvent il y a des promesses mais elles ne sont que rarement financées.
Surtout, il s’est livré à un exercice de pédagogie peu commun dans une campagne, en expliquant le coût de cet abonnement séniors pour la collectivité, et surtout les moyens de la financer. Chaussant ses lunettes, Jean-Philippe Vetter a ainsi lu un long document à la presse, accompagné de François Bouchard, ancien directeur général des services de la ville et de la région. Un « exercice de transparence » qu’il attend désormais des autres candidat(e)s sur leurs futures promesses électorales.
Pourquoi cette mesure ?
Pour Jean-Philippe Vetter, les séniors ont été « les grands oubliés du mandat ». Ainsi, pour le candidat LR, cet abonnement à 1€/mois est « une mesure de justice, d’équilibre et de bon sens, aux bénéfices à la fois environnementaux, sociaux et liés au pouvoir d’achat. »
Cette mesure est un service d’équité et de justice.
Parcourant son document, Jean-Philippe Vetter explique que cet abonnement permettra de restaurer le pouvoir d’achat des 65 ans et plus, alors que le carnet de 10 tickets a augmenté de 9,60€ à 15,20 €, et que l’abonnement mensuel à taux plein est passé à 28 €. Il permettra également, selon le candidat LR, de lutter contre l’isolement des personnes âgées et aura « un impact direct sur la vie quotidienne » des 80 000 personnes concernées dans l’Eurométropole.
Enfin, il estime que cela permettra d’améliorer la mobilité des personnes âgées, tout en favorisant le passage de la voiture au tram, ce qui « contrairement à la gratuité pour les moins de 18 ans accompagnera une vraie évolution des usages. » Le tout, sans impact supplémentaire sur le fonctionnement de la CTS, puisqu’il estime que la majeure partie des séniors « voyageront principalement en heures creuses. »
Quel coût pour la collectivité ?
Attention, celles et ceux qui n’aiment pas les maths, accrochez vous il va y avoir du chiffre. D’abord, le manque à gagner au niveau des abonnements, alors que 13 000 abonné(e)s de la CTS ont 65 ans et plus, soit 7 % du total. Certain(e)s payent l’abonnement à l’année au tarif plein, d’autres payent la tarification sociale à 3,40 €, 7,30 € ou 13,60 €/mois.
Puisqu’il n’y a pas de chiffres publics sur la question du pourcentage de séniors bénéficiant de la tarification solidaire, Jean-Philippe Vetter est parti d’une estimation de 2/3 des séniors au tarif plein, 1/3 en tarif social en prenant 7,30€/mois comme base. Et on arrive donc à un coût de 2,806 millions d’€ pour les abonnements.
Pouvoir chiffrer une mesure comme celle-ci n’est pas un exercice simple.
Pour la vente de tickets, lui et son équipe partent du principe que les carnets de 10 tickets représentent 4 % des recettes. S’ils concèdent que les tickets sont largement utilisés par les touristes, et que les non-abonnés occasionnels ne sont pas concernés, ils partent sur une « hypothèse réaliste » de 1,725 millions d’€ de coûts supplémentaires à prévoir.
Enfin, côté recettes, si le 1€/mois peut sembler symbolique, ils estiment que 50 000 séniors sur l’EMS sur les 80 000 du territoire prendraient un abonnement. Une augmentation de 285% par rapport à ce qui est le cas aujourd’hui, mais qui rapporterait une recette de 600 000€. Pour celles et ceux qui sont encore là, on aboutirait à un manque à gagner final pour la collectivité de 3,9 millions d’€/an.
Comment on finance tout ça ?
Si ce montant représente 0.5% du budget de fonctionnement annuel de l’EMS, il faut néanmoins trouver des économies pour équilibrer le manque à gagner. Et pour les trouver, l’équipe du candidat LR a dû se plonger dans les chiffres. Conclusion : pour financer la mesure, elle va réduire la voilure de l’administration.
Plus précisément, les économies trouvées se divisent en trois parties : l’entourage des élus et les moyens consacrés à leurs cabinets et à la communication, la réduction d’une strate entre la direction générale et le DGS et la réduction des appels à des cabinets de conseils et d’audits et privilégier les compétences propres à la collectivité.
Le choix c’est celui d’enlever la muraille de Chine entre les élus et les services.
Faisant le constat que les dépenses de cabinet ont quasiment doublé de 2018 à 2023, étant désormais à 900 000€/an, il souhaite diminuer ce montant par deux en faisant en sorte qu’il n’y ait plus qu’un seul directeur de cabinet pour la Ville et l’Eurométropole. Il veut également économiser 1 millions d’€ sur les dépenses de communication, tout comme 800 000 € en revenant sur un « mandat qui a multiplié les échelons décisionnaires ».
Enfin, il attend une économie de 2 millions d’€ minimum en réduisant les recours aux cabinets de conseil et d’audits, afin de « gagner en termes d’efficacité de l’action publique » et éviter la sous-traitance pour utiliser les compétences de l’administration locale. On arrive donc à 4,25 millions d’€ d’économisés. Le compte est bon.
Pourquoi 1€ et pas la gratuité ?
La dernière question qui reste est finalement : pourquoi faire un abonnement à 1€/mois pour les 65 ans et plus, et non pas la gratuité totale ? Si le prix est symbolique, le candidat de droite tient justement à ce symbole, qui signifie que « rien n’est jamais gratuit. » Il annonce par ailleurs ne pas revenir sur la gratuité de la CTS pour les moins de 18 ans.
Ce symbole nous rappelle que derrière chaque service proposé par la collectivité, il y a des agents qui travaillent et il y a des Strasbourgeois qui paient.
Il déclare néanmoins que le/la futur(e) adjoint(e) aux finances sera chargé d’indiquer « le vrai coût des services publics ». Pour résumer, à côté du prix de l’abonnement du tram, du ticket de piscine ou du coût de la cantine figurera le vrai coût pour la collectivité la collectivité.
Selon Jean-Philippe Vetter, « sobriété et économie ne sont pas de gros mots » ; pour cette campagne des municipales, ils seront en revanche sans doute ses maîtres mots.




Il est fou, lui ! Comme si les retraités n’étaient pas déjà la classe la plus favorisée et la plus coûteuse à entretenir…
Tes parents, peut être… petit bourgeois !
Moyenne des retraites: 1200 €, ton argent de poche probablement!