Parce que la chaleur étouffante fait que nos cerveaux sont déjà en surchauffe, tout au long de l’été, la rédaction va tenter de répondre à des questions existentielles. Des interrogations surprenantes voire absurdes, qui peuvent parfois sembler stupides, mais qu’on a voulu traiter sérieusement. Cet été, on veut des réponses ! Aujourd’hui, on s’est demandé s’il y avait des orangers à l’Orangerie.



Pour celles et ceux cherchant la réponse rapide : oui, il y a des orangers à l’Orangerie. 25 pour être exact, 20 devant le pavillon Joséphine et 5 dans les serres de l’Orangerie. Une réponse évidente tant le nom du parc semble être inspiré de l’arbre fruitier donnant des fruits que le marchand se fait voler. Pourtant, durant une cinquantaine d’années, ce ne fut pas le cas. Et c’est cette histoire que l’on va vous raconter.

© Bastien Pietronave/Pokaa


Des orangers datant du début du 19ème siècle

Les premières traces d’orangers dans ce qui allait s’appeler l’Orangerie remontent au début du 19ème siècle, comme l’explique la Ville de Strasbourg. Après la Convention de septembre 1792 qui suit la déchéance de Louis XVI, une grande collection de 138 orangers est confisquée à Bouxwiller, pas très loin de Strasbourg. Elle appartenait au comte Jean-Régnier III de Hanau-Lichtenberg et servait d’agrément aux jardins de son château. Quelques années plus tard, en 1801, cette collection est donnée gracieusement à la Ville de Strasbourg. Avec une demande : que les orangers servent à décorer un lieu public. Après avoir envisagé la place Broglie ou la promenade du Contades, la Ville jette finalement son dévolu sur l’allée Le Nôtre et son grand emplacement circulaire.

Ces orangers, il faut désormais les abriter. C’est pourquoi l’architecte Valentin Boudhors construisit entre 1804 et 1807 le bâtiment de l’Orangerie, également prévu pour accueillir les plus belles fêtes de la région. Un bâtiment qui se nomme aujourd’hui pavillon Joséphine, en hommage à l’impératrice Joséphine de Beauharnais et ses séjours à Strasbourg. Pendant plus de 150 ans, le pavillon et les orangers ont ainsi trôné dans le parc, qui s’est développé autour.

Mais, en 1968, le bâtiment en bois, est victime d’un incendie. Emportant presque tous les orangers avec lui : des 138 originels, il n’en reste plus que trois. Ceux-ci sont transférés dans les serres du parc. Ainsi, depuis plus de 50 ans, lorsque l’on se promène à l’Orangerie, on remarque des platanes, des tilleuls, des séquoia, des magnolias, des chênes pédonculés ou encore un cerisier du Japon. Mais plus d’orangers.

© Bastien Pietronave/Pokaa


Une nouvelle plantation d’orangers depuis quelques années

Dans l’historique de l’Orangerie raconté par la Ville en 2016, on lit même que les orangers ont aujourd’hui disparu. Pourtant, dans un article publié en juillet 2020, on vous apprenait que les paysagistes de la Ville de Strasbourg avaient replantés des orangers devant le pavillon Joséphine. Alors pour en avoir le coeur net, on est allé à l’Orangerie. Et surprise : 20 arbres en pot sont bien disposés des deux côtés du pavillon. 

Après vérification auprès de la Ville, ces orangers sont des bigaradiers, plus communément appelés Orangers de Séville ou Orangers amers. 20 sont plantés devant le pavillon, tandis que cinq ornent les serres de l’Orangerie. Hourrah ! Le parc de l’Orangerie fait à nouveau honneur à son nom.

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